Solidarité et détermination contre la violence

À l’appel de la CGT, une assistance nombreuse – beaucoup d’employés municipaux, mais aussi des parents, des ados, des élus – a témoigné sa solidarité avec l’animateur de l’EPJ Pyramide violemment agressé le mercredi 20 février.
“L’interruption temporaire de travail (ITT) a été de six jours, mais le traumatisme, je vous l’assure, sera beaucoup plus long. Pour l’animateur blessé, pour l’ensemble du personnel des Équipements polyvalents jeunesse (EPJ) et pour les enfants aussi qui ont assisté à cette agression.” Maurad Challal, secrétaire de la section CGT animation, avait la voix chargée d’émotion et de solennité quand il a pris la parole mardi, devant plus de 200 personnes venues témoigner leur solidarité, à l’appel du syndicat CGT de la Ville de Vénissieux.
L’agression commise le mercredi 20 février à l’Équipement polyvalent jeunesse (EPJ) Pyramide a profondément choqué. Un commando de quatre individus encagoulés a fait intrusion dans les locaux, ouverts depuis peu, pour rouer de coup un animateur âgé d’une trentaine d’années sous les yeux d’une de ses collègues et de huit adolescents. Ce n’est pas la première fois que l’on déplore des faits de violence contre du personnel municipal. Mais jamais elle n’avait atteint un tel niveau. “Nous ne pouvons pas laisser ce genre d’actes se banaliser, soulignait Maurad Challal. Demain les agressions risquent d’avoir lieu à l’accueil de l’hôtel de ville, dans les écoles, dans les espaces verts…”.
Un message parfaitement reçu par l’assistance, essentiellement composée d’employés municipaux, de parents et d’ados usagers des EPJ, ainsi que de nombreux élus du conseil municipal. Par son ampleur, ce rassemblement a marqué la volonté d’une mobilisation et d’une détermination sans faille contre la violence. “Nous voulons que les auteurs de cette agression soient arrêtés et condamnés à la mesure du délit qu’ils ont commis”, poursuivait Maurad Challal. Avant de remercier les services municipaux et les élus pour la qualité de l’accompagnement mis en œuvre dans les jours qui ont suivi les faits.
La protection fonctionnelle due aux agents et une cellule de suivi psychologique ont en effet été rapidement activées. Le soutien psychologique a également été proposé aux enfants et à leurs parents. Une réunion entre l’administration municipale et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) s’est par ailleurs tenue. “Nous avons notamment demandé une amélioration des protocoles de sécurité afin de pouvoir assurer la continuité du service public”, précisait Alain Devers, élu CGT du comité.

Michèle Picard : “Nous devons tous nous mobiliser”

“Vous savez mieux que personne que les services publics sont en première ligne, déclarait le maire, Michèle Picard. On ne peut pas accepter que des individus viennent saborder votre travail. La sécurité est une priorité, je ne tolérerai aucune zone de non droit.”
Le maire a rappelé à cette occasion les espoirs qu’elle place dans la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) mise en place aux Minguettes. “Ce dispositif s’appuie sur une meilleure coordination et une plus forte mobilisation des services de police. C’est ce dont nous avions besoin. J’en veux pour preuve le récent démantèlement d’un important réseau de stupéfiants aux Minguettes. Il faut tout faire pour lutter contre le pourrissement des quartiers, car ce pourrissement nourrit les violences.”
Les quatre auteurs de l’agression du 20 février n’ont toujours pas été appréhendés. “Il y a eu plusieurs opérations de police mais elles n’ont pas débouché, indiquait Michèle Picard. Une enquête de voisinage a également été menée mais elle n’a pas été fructueuse faute de témoignages. Je voudrais d’ailleurs faire passer un message : dans ces circonstances, donner une information ne revient pas à faire de la délation ; c’est le vivre ensemble qui est en jeu. Et pour ceux qui auraient peur je rappelle qu’il existe la possibilité de rester anonyme. Nous devons tous nous mobiliser. Ensemble, nous pouvons faire reculer la violence.”

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