Après deux ans et demi de séparation, Billal et ses enfants enfin réunis

Les retrouvailles ont eu lieu le 16 décembre, à l’aéroport de Francfort. Wahil et Tesmine, aujourd’hui âgés de 10 et 8 ans, ont enfin pu embrasser leur papa, Billal Jaouadi. Retour à Vénissieux, dans le quartier Monmousseau, où ils vont reprendre leur scolarité. Ils ne retourneront en Namibie que pour les vacances. Ce sont les termes de l’accord passé entre Billal et son ex-femme, après une guerre ouverte qui aura duré deux ans par avocats interposés.
“Son revirement est intervenu à la fin de l’été 2012, raconte Billal Jaouadi. J’ai reçu un mail où elle me proposait cet accord. Nous l’avons ensuite formalisé, mais jusqu’au dernier moment, j’ai douté. J’y ai vraiment cru le 16 décembre, quand j’ai vu sur Facebook une photo de mes enfants embarquant à l’aéroport de Windhoek, la capitale namibienne. Quelques heures plus tard, nous étions réunis.”
Si c’est par un mail que l’heureux dénouement est arrivé, c’est par un simple SMS que le cauchemar avait débuté, le 28 août 2010 : “Oublie tes enfants, ils restent ici”, disait laconiquement le message. Un mois plus tôt, Wahil et Tesmine, âgés de 8 ans et 6 ans à l’époque, étaient partis pour des vacances dans le pays d’origine de leur mère.
Le choc est violent pour Billal. Il met immédiatement l’affaire dans les mains d’un avocat. La justice française lui accorde la garde des enfants en novembre 2010 ; mais cette décision est difficilement applicable en Namibie, pays avec lequel il n’existe pas de convention d’entraide judiciaire en matière familiale. Il se rend sur place, embauche un homme de loi local qui le fait espérer (et payer) pendant sept mois, avant de le lâcher brutalement. Même avec la médiation des services consulaires de l’ambassade de France, Billal fait du surplace.
Revenu en France, en désespoir de cause, il entreprend à la fin de l’été 2011 une marche sur Paris pour populariser son combat. Objectif l’Élysée, dont le pensionnaire s’appelle encore Nicolas Sarkozy. Il n’obtiendra au final qu’une entrevue avec un collaborateur du ministère des Français de l’étranger. Mais entre Vénissieux et Paris, il raconte son histoire à de nombreux journaux, à commencer par Expressions. “J’ai reçu des centaines de messages de soutien et de sympathie, se souvient Billal. Cette expérience m’a redonné le moral et le courage de continuer à me battre.”
Si son ex-femme avait continué à camper sur ses positions, il était prêt à marcher sur Strasbourg et porter l’affaire au niveau de la cour européenne de justice. “C’est ce que j’envisageais avant de recevoir ce mail de délivrance. Je n’aurai pas à le faire et c’est heureux. Mon ex-femme a fini par se rendre compte que l’on ne pouvait séparer des enfants de leur père. Je pense que les enfants eux-mêmes ont joué un rôle dans ce sens-là. Ils ont parlé de leur désir de revenir en France. Nos relations, qui étaient extrêmement tendues, se sont normalisées dans l’intérêt des enfants. Au mois d’avril, elle viendra leur rendre visite à Vénissieux. Et l’été prochain, ce sont eux qui iront en Namibie.”
Juste pour les vacances cette fois.

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