L'Opera nell'opera : au pays des merveilles

Présenté à l’Opéra de Lyon du 20 au 22 septembre, ce « ballet déambulatoire » était mis en scène par Julie Desprairies avec des professionnels et des amateurs venant de Vénissieux et Lyon. Parmi les Vénissians, citons des collégiens de Paul-Éluard et d’Elsa-Triolet, des élèves de l’école de musique, des jeunes amenés par les centres sociaux des Minguettes, des habitants souvent croisés dans les manifestations culturelles, les enfants de la Maîtrise, les danseurs de la compagnie Second Souffle, etc.
Devant l’Opéra, pendant que les breakers tournent sur la tête, une foule nombreuse attend d’assister à une représentation de « L’Opera nell’opera », pour venir voir un ami, un enfant ou un voisin. Des couleurs ont été attribuées suivant le billet (jaune, orange, rose) et l’on explique à chaque spectateur qu’il devra suivre son groupe.
Dans le hall, on ne sait plus où donner des yeux et des oreilles : les uns dansent sur les marches, d’autres sont immobiles sur les escalators. Des gens, attablés, jouent aux cartes tandis que des enfants, assis, lisent des partitions. Des musiciens les accompagnent au marimba, des gens costumés semblent glisser sur le sol. D’autres, ailleurs, chantent « Miam miam glou glou ». Côté vestiaire, un homme prépare une salade, une femme joue avec des ficelles et une autre range du linge. À l’entresol, de jeunes filles lancent des cordes. Une autre, surmontée par une tête de lapin, fait des bulles dans un ascenseur vitré. Des écrans diffusent des vidéos montrant des élèves de Triolet disposer des livres rouges de partitions. Tels des dominos, ils chutent en s’entraînant les uns les autres.
Il y a tellement à voir et à entendre partout qu’une certaine confusion règne dans ce pays des merveilles digne d’Alice. Les gens glissent, subrepticement, un coup d’œil à la couleur de votre carton. L’air de rien, un homme entouré de programmes roses glisse le sien, jaune, dans la poche de son pantalon.
Puis les groupes se forment et les roses se retrouvent entre eux. Les roses, visiblement, sont des Vénissians. On nous conduit vers des escaliers et voilà que commence l’escalade. Onze étages. Onze étages à pied. Nous voici arrivés dans la plus haute salle de l’Opéra, qui sert aux répétitions. Elle est occupée par une pianiste, une danseuse et une chanteuse. Tandis que cette dernière entonne du Mallarmé (« La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres »), elles sont rejointes par deux danseurs de la compagnie Second Souffle. Les stores se baissent laissant voir une vue absolument splendide sur les toits lyonnais. Au loin, au sommet de l’hôtel de ville ou du musée Saint-Pierre, des danseurs agitent des foulards.
Vient le moment de la redescente. Onze étages, toujours à pied, plus, pour faire bonne mesure, deux autres en sous-sol, jusqu’à une salle vitrée de répétition qui sert à présent pour le maquillage. Le public s’installe autour et regarde les uns se faire coiffer, les autres poudrer, rapidement entourés des enfants de la Maîtrise qui chantent autour d’un piano.
Nous voici à présent dans le Grand Foyer aux dorures impressionnantes face à des pompiers aux voix qui le sont tout autant. Pour terminer la visite, tous les spectateurs se retrouvent sur la place qui fait face au bâtiment pour un finale grandiose joué par les musiciens de l’Opéra dirigés par Nicolas Bianco. De la belle ouvrage !

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