Fêtes escales : toute la pluie tombe sur eux

Allez, après ça, ne pas être superstitieux. Il a suffi d’un vendredi 13 pour que la pluie pointe le bout de ses gouttes sur Fêtes escales. La soirée démarrait pourtant bien avec les rythmes latinos de Cumbia Ya, un groupe qui mêle des musiciens argentins, colombiens et français. Il s’est mis à pleuvoir un petit peu sur eux, un petit peu sur Ray Lema qui suivait et plutôt pas mal sur le feu d’artifice qui a quand même eu lieu, les fusées ayant été installées dans l’après-midi alors que le temps était au sec.Cumbia Ya, donc. Ces onze musicos ont appris au public (moins nombreux que la veille, pour Zebda) à esquisser quelques pas de cette danse colombienne, la cumbia, dont ils ont repris le nom. « C’est la danse des esclaves, explique Augusto Ramos, le chanteur-tromboniste. On fait de petits pas parce qu’ils étaient attachés par les pieds et ne pouvaient que bouger les fesses. »
Les spectateurs jouent le jeu, lèvent les mains quand il le faut, dansent et prennent plaisir à écouter ces cuivres et ces voix. Quand ce n’est pas Augusto qui chante, la clarinettiste Soledad Romero prend le relais et, parmi les commentaires qui fusent dans la foule, plusieurs concernent Tullia Morand. La jeune femme joue du saxophone baryton, un instrument presque aussi haut qu’elle, dont elle joue à la perfection.
En attendant que le groupe suivant s’empare de la scène, Nico Tico et Lee Harvey Asphalte retrouvent la tente en forme de quartz qu’ils ont laissée près des guinguettes de la solidarité. « Les caméras sont les yeux du monde et j’aime ça », lance Lee Harvey pendant que son copain Nico couvre d’images l’intégralité de la toile de la structure. « Je ne suis qu’un numéro dans un univers numérique », reprend le poète-slameur et, dans cette « atmosphère minimale » qu’il vante, sur les parois un guépard court après des antilopes, des volleyeurs disputent un match. « La survie vaut la peine d’être survécue », annonce encore la voix.
Mais il est temps déjà de regagner la pelouse centrale car Ray Lema et son groupe arrivent.
Accompagné de deux vieux choristes coiffés d’un béret et d’une casquette et d’une formation complète, le pianiste joue du clavier debout. Ce jazz africain berce le public pendant que la pluie commence à tomber. Lentement mais sûrement.

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