Contournement ferroviaire : les élus de Parfer misent sur la présidentielle

S’il faut leur reconnaître une qualité, c’est la pugnacité. Après des années de combat – sans résultat jusqu’à présent – pour imposer un autre tracé du Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL), les 800 élus de Parfer, qui représentent une trentaine de communes et 300 000 habitants du grand sud-est lyonnais, ne lâchent pas l’affaire. Ils sont convaincus de la justesse de leur raisonnement et ont décidé de se saisir de la présidentielle pour se faire entendre. Un dossier a été envoyé à chacun des dix candidats du premier tour. Et les deux finalistes du 6 mai seront bientôt relancés.
Parfer espère ainsi obtenir une réouverture du dossier. “Si le nouveau gouvernement ne change pas de cap, nous allons reproduire les erreurs commises par le passé pour les infrastructures routières comme le tunnel de Fourvière ou la rocade est”, prévient Jean-Jacques Brun, maire (sans étiquette) de Ternay et président du collectif d’élus.
Le différend porte sur le tronçon sud du CFAL. Alors que l’État et Réseau ferré de France (RFF) ont jeté leur dévolu sur un tracé court, qui va de Grenay à Sibelin en passant par Saint-Pierre-de-Chandieu, Toussieu, Mions, Chaponnay, Marennes et Saint-Symphorien-d’Ozon ; Parfer propose un itinéraire plus long, plus au large, qui épouse la ligne grande vitesse existante pour venir se repiquer sur les voies de la vallée du Rhône, au niveau de Saint-Rambert-d’Albon. Cet itinéraire alternatif, souligne Parfer, présente de multiples avantages : en plus de désengorger le nœud lyonnais de la Part-Dieu (objectif de départ du CFAL), il concerne une population nettement moindre (2800 personnes contre 300 000), offre une réelle perspective de report du transport de marchandises de la route vers le fer, et surtout anticipe les évolutions de développement de l’agglomération en portant une vision à long terme.
“Dans dix ou vingt ans, nos communes seront quasiment au cœur de l’aire urbaine, fait valoir Paul Serres, maire (PS) de Mions. Mais on ne nous écoute pas Et cela ne concerne pas que le CFAL. Le préfet vient d’annoncer que le Contournement routier de l’ouest lyonnais (COL) pourrait ne pas se faire ; à la place il envisage un grand contournement dans l’est. Il y a un sentiment de ras-le-bol, d’overdose. Il y a des limites à ce que les citoyens sont capables de supporter.”
Si les arguments développés par Parfer semblent frappés au coin du bon sens, ils se heurtent à une logique comptable : le tracé voulu par l’État coûte deux fois moins cher (1,4 milliard contre 2,8). Mais sur ce point également les élus du sud-est lyonnais ont à redire : “Sur le tracé qui a sa préférence, l’État ne tient pas compte des nombreux aménagements qui seront nécessaires, notamment des protections des habitations le long des lignes existantes de la vallée du Rhône, à partir de Sibelin.”
À défaut d’obtenir une réouverture du dossier, Parfer souhaiterait au moins pouvoir être entendu au plus haut niveau. “Depuis 2008, aucun ministre n’a même daigné nous recevoir”, déplore Raymond Durand, maire (Nouveau Centre) de Chaponnay et député de la 11e circonscription du Rhône.
Un changement de majorité au soir du 6 mai pourrait-il changer la donne ? Même le socialiste Paul Serres se permet d’en douter : “Les gouvernements changent, les ministres passent, mais les dossiers restent.”

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