“Les juifs de France dans la Shoah”, une exposition pour ne jamais oublier

La médiathèque Lucie-Aubrac accueille, jusqu’au 26 avril, l’exposition “Les juifs de France dans la Shoah”. Celle-ci présente au public trente panneaux didactiques, conçus par le Mémorial de la Shoah. Il s’agit d’une refonte de l’exposition “Le temps des rafles”, réalisée vingt ans plus tôt sous la houlette de Serge Klarsfeld.
Le vernissage de l’exposition s’est déroulé vendredi 13 avril. “Elle vise notamment un public jeune, expliquait lors de la présentation Olivier Lalieu (responsable de l’aménagement des lieux de mémoire et des projets externes au Mémorial de la Shoah). Elle est proposée dans toute la France. Derrière les chiffres des victimes de la barbarie nazie, il y a des noms, des histoires, que l’on ne doit pas oublier.” Pour Vénissieux, c’est Jean Lévy, délégué régional de l’association “Fils et filles de déportés juifs de France”, qui a fait l’intermédiaire entre le Mémorial de la Shoah et la médiathèque. “Pendant quelques mois, l’Histoire de France sembla retourner en marche forcée au temps du Moyen-Âge, déclarait-il lors de son intervention. (…) Cette exposition est un hommage à tout ceux qui ont sacrifié leurs vies.”
Le vernissage s’est achevé sur une conférence donnée par Valérie Perthuis-Portheret. L’auteure de “Août 1942 : Lyon contre Vichy” est revenue sur le sauvetage, en 1942, de 108 enfants juifs, internés dans le camp de Vénissieux. Celui-ci, situé sur ce qui correspond aujourd’hui au 25/27 avenue de la République, était le camp de la région de Lyon, qui regroupait dix départements. Il accueille ses premiers prisonniers le 27 août 1942. Un comité de criblage, composé d’associations, est alors mis en place, sous l’autorité du préfet de Vichy. Au sein de ce comité, la résistance s’organise. Le médecin Adam transfère un nombre important de personnes dans des hôpitaux. 371 adultes bénéficieront ainsi d’une exemption. L’abbé Glasberg persuade, non sans mal, les parents de 108 enfants de remettre des délégations parentales au nom du mouvement Amitié Chrétienne. Le 29 août, les jeunes sont autorisés à sortir du camp de Vénissieux. Leur convoi croise celui des 545 personnes déportées à Drancy, qui partiront ensuite pour Auschwitz.
“Une goutte d’eau dans un océan de détresse, de haine et de barbarie, certes, mais une goutte d’eau en forme de lueur d’espoir sur la nature humaine, commentait Michèle Picard, maire de Vénissieux. Ce qui a permis à ces enfants de ne pas emprunter cette route sans retour, c’est la volonté d’hommes et de femmes de s’ériger contre la lâcheté du régime de Vichy. 70 ans après, la Ville de Vénissieux s’est mobilisée pour que toutes les générations se souviennent du sort réservé aux juifs, en Europe et en France.”

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