Les journées de l’industrie ont fait le plein de visiteurs

 Y étaient en effet organisées les Journées vénissianes de l’industrie et de l’emploi. Programmées par la Ville dans le cadre de la semaine nationale de l’industrie, ces journées ont réuni en un même lieu des partenaires institutionnels (Région Rhône-Alpes, Pôle emploi, CCI, Mission locale, UIMM) et des entreprises (Aldes, Dalkia, Centralp, Renault Trucks, SNCF…). 
Le 20 mars, une exposition des métiers et des savoir-faire, des démonstrations ainsi qu’un forum de recrutement ont été proposés aux jeunes. Environ 200 offres d’emploi étaient disponibles. “J’ai proposé mon CV à plusieurs entreprises, indique Wahid, diplômé en électrotechnique. Certaines m’ont assuré qu’elles allaient me recontacter. Je suis à la recherche de mon premier job depuis la fin de mes études. Jusqu’à présent, on ne m’a proposé que des stages…”
En soirée, un débat était organisé, auquel ont participé de nombreux intervenants. “Le problème de fond, remarquait par exemple Michèle Picard, le maire de Vénissieux, c’est l’abandon de la politique industrielle française. De vraies politiques gouvernementales doivent être mises en place pour apporter des réponses concrètes et proposer un avenir aux jeunes. Mais pour cela, de nombreux a priori doivent sauter. Le premier, et il est de taille, c’est dire que l’industrie et le savoir-faire, le “made in France”, n’ont pas d’avenir : c’est faux ! Je ne crois pas à une France des seuls services, je crois à une France qui produit des richesses, des savoir-faire, qui crée du lien social, et favorise les transmissions intergénérationnelles. L’usine polluante, inutile, ce sont des clichés qu’il nous faut contrer et dépasser. Défendre l’industrie, comme nous le faisons tous ici, c’est vital et essentiel dans une ville comme Vénissieux.”
Un avis largement partagé dans la discussion, beaucoup s’inquiétant de voir que la part du secteur industriel dans l’économie française est en chute libre depuis quelques années. “Nous sommes tombés de 23 % du PIB à 15 % en dix ans, détaillait ainsi Bruno Lacroix, président du CESER de la Région Rhône-Alpes (Conseil économique, social, environnemental) et ancien directeur d’Aldes. Nous avons perdu un million d’emplois sur cette même période, ainsi que des parts de marchés, beaucoup plus que nos voisins européens. L’industrie est probablement notre bien le plus précieux, il faut tout faire pour le sauvegarder.”
Les intervenants au débat se sont tous montrés convaincus de la viabilité de l’industrie à Vénissieux. En témoignait par exemple Marc Beaumlin, directeur technique de l’usine Bosch, où une nouvelle production de panneaux photovoltaïques a débuté en janvier : “Nous avons traversé une période très difficile, frôlé la fermeture même. Mais nous avons su nous mettre autour d’une table et travailler ensemble. Cela démontre que sauvegarder l’emploi dans ce secteur, c’est possible.”
Mercredi, ce sont les collégiens de 3e de Vénissieux qui étaient accueillis à ces Journées vénissianes de l’industrie et de l’emploi. Des organismes de formation et des entreprises leur ont présenté leurs métiers dans des secteurs comme la santé, l’agroalimentaire, le commerce, l’électrotechnique, le bâtiment, la chimie, ou encore l’aménagement du territoire.

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