Coup de jeunes sur la journée du 8 mars

Commencée à l’hôtel de ville en compagnie de Marguerite Barankitse, la “Mère Teresa d’Afrique”, la journée internationale des droits des femmes s’est poursuivie à Vénissieux à la salle Irène-Joliot-Curie, où l’équipe municipale avait donné rendez-vous aux habitant(e)s. Les adhérents des Equipements polyvalents jeunes y étaient très présents et ont présenté différents projets qu’ils mènent. Outre la danse, la musique ou la calligraphie, ils sont nombreux à s’intéresser à la place des femmes dans le monde… ou dans les quartiers populaires.

 

 

Qu’elle était émouvante, Marguerite Barankitse, remerciant en ce 8 mars 2012 le maire de lui avoir décerné la médaille de la Ville de Vénissieux ! “Ma chère sœur, dit la Burundaise à Michèle Picard, vous venez de recharger les batteries de mon cœur. Un prix de 1 million de dollars reçu à Seattle n’est pas plus important à mes yeux que cette médaille.” Maggy n’est pas que souriante et drôle, elle est aussi modeste !

Pourtant, le parcours de la marraine d’honneur de la promotion 2009 des étudiants de Bioforce, que nous avons déjà retracé dans ce blog le 8 mars dernier, force l’admiration. Au Burundi, plongée dans la guerre civile épouvantable qui, entre 1993 et 2005, a fait quelque 250 000 morts, Mme Barankitse a échappé plusieurs fois à un tragique destin. Confrontée au massacre de 72 de ses proches, elle réagit en prenant en charge 25 enfants, qu’elle abrite et nourrit. Dès lors, des milliers d’enfants orphelins, malades, afflueront vers elle qui se consacre à leur éducation à la paix. Accueil, insertion, formation… plus de 20 000 enfants ont bénéficié de l’aide de l’ONG qu’elle a créée. Serait-elle la “Mère Teresa d’Afrique” ? ou la “Mandela au féminin”, comme on le dit ? “Non, répond-elle. Juste une petite Maggy, qui a choisi la vie. Et qui rêve d’un monde où il fait bon vivre. Un monde que l’on peut rêver à partir de Vénissieux. La présence de Bioforce ici le prouve.

La célébration de la journée des droits des femmes s’est poursuivie en fin de journée à la salle Irène-Joliot-Curie, où l’équipe municipale avait donné rendez-vous aux habitant(e)s. “Notre attachement au 8 mars ne relève pas du symbole, relevait le maire dans son discours prononcé devant plusieurs centaines de personnes. A Vénissieux, toutes nos actions s’inscrivent dans l’enracinement de valeurs fondamentales : l’égalité de droit entre les hommes et les femmes, la mobilisation de tous pour lutter contre les violences faites aux femmes, le respect et la tolérance dans les rapports filles-garçons.”

Et force est de constater qu’avec la pleine association des EPJ à cette journée, la soirée a sacrément pris du pep’s. Jeunes (et quelques moins jeunes) ont fait leurs shows : break-danse (garçons du Moulin-à-Vent), percussions (EPJ Pyramide avec Moussa Belkacemi) chansons (jolie voix de Mariam). Beau moment aussi que la lecture d’un poème de Nazim Hikmet à trois voix… Chaque année plus à l’aise, les jeunes sont venus présenter leurs projets sur scène : les lycéennes de Jacques-Brel qui ont travaillé avec Bioforce sur le thème “être né quelque part”, les filles initiées à la calligraphie par Saci Laidi (EPJ Pyramide), etc. Nous nous autoriserons un coup de cœur pour le travail mené par six jeunes de l’EPJ Léo-Lagrange sur l’image des filles dans les quartiers populaires. Débuté en 2011, il a conduit le groupe cette année à Vaulx et dans la région parisienne ; la suite sera internationale, en 2013.

Un autre coup de cœur, tous les spectateurs l’ont partagé pour la démonstration de zumba, ce programme de fitness rythmé sur des chorégraphies inspirées des danses latines. L’atelier de la Maison de quartier Darnaise a remporté le second prix de l’appel à projets “La Preuve form’Elle”.

Très accrocheuse aussi, l’expo des “Vénus” faites par des adhérentes des ateliers Henri-Matisse. A voir jusqu’à fin mars à l’hôtel de ville. Enfin, on n’oubliera pas de rappeler que, de leurs côtés, les centres sociaux (Moulin-à-Vent, Parilly et Minguettes) ainsi que la Maison de quartier Darnaise se sont unis pour décliner un programme “Femmes” qui se poursuit jusqu’au 16 mars.

 

 

 

 

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