Renouvellement urbain des Minguettes : au tour de Vénissy

En matière de renouvellement urbain aux Minguettes, on pourrait presque dire que vous n’avez encore rien vu. Malgré les quelque 160 millions d’euros engagés entre 2005 et 2010 par les partenaires* du Grand projet de ville (GPV), malgré l’arrivée du tram, l’agrandissement du cinéma, la construction de l’îlot du Cerisier, de l’école de musique, de Bioforce, le l’hôpital mutualiste des Portes du sud, du parc d’activités Bourdarias, des immeubles de l’avenue d’Oschatz, des réhabilitations de logements, des aménagements des espaces extérieurs… Non, vous n’avez encore rien vu.

La restructuration complète de Vénissy, l’opération phare du GPV, celle qui va donner un cœur aux Minguettes, est en effet lancée ces premiers jours de mars. Des arbres ont déjà été coupés le long de l’avenue Jean-Cagne pour préparer l’aire de chantier. Les travaux vont durer au moins six ans ! La convention tripartite sur l’accession sociale concernant l’aménagement de l’îlot A, la première phase de l’opération, sera signée le 5 mars par la Ville, l’État et les responsables de l’OPAC du Rhône.
L’ouverture de ce chantier constitue un véritable événement car il est l’aboutissement de très longues années de préparation. Quand il est apparu évident, à la fin des années quatre-vingt-dix, et après plusieurs et vaines tentatives d’amélioration, que la galerie marchande de Vénissy construite en 1970 ne retrouverait jamais un fonctionnement satisfaisant, les acteurs publics se sont lancés dans une patiente politique de rachat des garages et des locaux commerciaux, en vue d’engager une opération lourde de démolition-reconstruction.
Nous y voilà ! Il s’agit d’aménager à terme un véritable quartier commerçant, mixant 300 logements, 8 500 m2 de surface commerciale, dont de nombreuses boutiques donnant directement sur la rue, et 2 500 m2 de locaux tertiaires, repartis autour d’une vaste place centrale.
“L’objectif est de retrouver un rapport fort avec la rue, de rompre avec le concept obsolète des galeries marchandes, et avec ce système de zonage en vogue dans les années soixante-dix qui séparait les lieux de vie, d’activités économiques, de consommation…”, souligne Henri Thivillier, adjoint au maire en charge du dossier.
La construction de l’îlot A, également appelé l’îlot “Casino”, est pilotée par l’OPAC du Rhône. D’un coût de 18 millions d’euros (HT), elle porte sur 11 000 m2 de surface hors œuvre net (SHON). Le chantier est localisé sur le parking de l’actuel supermarché. Casino pourra ainsi continuer à fonctionner et emménager dans ses nouveaux locaux au second semestre 2014, une fois les travaux terminés. La grande surface occupera 2 500 m2 en rez-de-chaussée, en bordure de l’avenue Jean-Cagne. Dessous, deux niveaux de stationnement. Dessus, comme posés sur le toit, des immeubles de bureaux et de logements. 91 logements sont prévus au total, dont 16 en accession sociale à la propriété qui forment un programme baptisé “Véniciel”. La journée de vente organisée par l’OPAC, au printemps dernier, a connu un énorme succès : 130 acheteurs potentiels se sont présentés ! Même si les conditions offertes étaient exceptionnelles grâce à l’octroi de subventions publiques de la Ville et de l’État (un tarif de 1 800 euros le m2, une garantie de rachat en cas de problème financier et une assurance qui prend en charge la perte financière en cas de revente forcée), cette affluence en dit long sur l’attractivité retrouvée des Minguettes.
“Il y a une forte demande de parcours résidentiel, observe Sophie Pauwels, directrice du Territoire Est de l’OPAC du Rhône. Les locataires aspirent à devenir propriétaires. Le fait que le programme soit situé aux Minguettes n’est pas un problème. Le quartier a évolué positivement ces dernières années. L’arrivée du tram T4 a naturellement été un facteur décisif.” 67 % des acquéreurs de “Véniciel” sont des Vénissians, pour la plupart originaires des Minguettes. Les autres viennent de Lyon, Rillieux-la-Pape, Sainte-Foy-les-Lyon, Décines, Bron et Oullins. Leur moyenne d’âge est de 36 ans.
Après la livraison de l’îlot A, l’opération se poursuivra par les aménagements de la place centrale, puis la réalisation de l’îlot B (“Lyvet”) et C (“ED”). Les engins de chantiers ne quitteront pas les lieux avant 2 018 ! Les sommes engagées pour faire de Vénissy le futur cœur du quartier dépasseront les 100 millions d’euros.

* Les partenaires du GPV : Ville de Vénissieux, Grand Lyon, État, Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), Conseil général du Rhône, Conseil régional Rhône-Alpes, Caisse des dépôts et consignations (CDC), bailleurs sociaux.

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