Ses enfants, sa bataille

Billal Jaouadi, un Vénissian de 39 ans, remue ciel et terre depuis l’été 2010 pour récupérer ses deux enfants, Wahil et Tesmine, emmenés par leur mère en Namibie. Sa dernière initiative : une marche jusqu’à Paris, où il a été reçu à l’Élysée.
“Oublie tes enfants, ils restent ici.” Quand Billal Jaouadi a lu ce SMS le 28 août 2010, le ciel lui est tombé sur la tête. Un mois plus tôt, Wahil et Tesmine, âgés de 8 ans et 6 ans à l’époque, étaient partis pour des vacances en Namibie, le pays d’origine de leur mère. Il était loin d’imaginer qu’il s’agissait d’un aller sans retour.
Quinze mois plus tard, ce Vénissian de 39 ans, résidant aux Minguettes, se bat toujours pour les récupérer. Il a tout essayé. À commencer par mettre l’affaire entre les mains d’un avocat. Avec un certain succès puisque la justice française lui a accordé la garde de ses enfants en novembre 2010. Sauf que cette décision est difficile, voire impossible à faire valider en Namibie, pays avec lequel il n’existe pas de convention d’entraide judiciaire en matière familiale. Billal Jaouadi sollicite alors la médiation des services consulaires de l’ambassade de France. Il casse sa tirelire, prend un avion en février 2011 pour Windhoek et parvient à passer 15 jours avec ses enfants dans le nord du pays, pas très loin du domicile de leur grand-mère maternelle où ils résident. Il engage un avocat sur place. L’espoir revient. L’homme de loi l’assure qu’il retrouvera très vite Wahil et Tesmine. Bilal croit entrevoir la fin du cauchemar. Mais il devra déchanter. “Progressivement, l’avocat est devenu moins affirmatif, raconte Billal. Cela a duré sept mois comme ça, jusqu’au jour où il m’a informé qu’il laissait tomber l’affaire.”

“Partout un accueil chaleureux”
À la fin de l’été, le père est “au bout du rouleau”. Pour prouver à ses enfants qu’il ne les oublie pas, et pour se prouver à lui-même qu’il ne renonce pas, il entreprend une marche vers Paris, avec la ferme intention d’être reçu à l’Élysée pour plaider sa cause. Il part de Lyon le 18 septembre, avec un sac à dos sur lequel il a placardé les portraits de ses enfants, accompagnés de cette simple mention : “Déplacés le 28 août 2010”. Il arrive dans la capitale le 4 octobre. “Partout j’ai reçu un accueil très chaleureux, très compréhensif, cela m’a redonné un peu le moral, je revois les choses de façon positive”, indique-t-il, en montrant fièrement les dizaines d’articles qui lui ont été consacrés par la presse locale au fil de ses étapes.
À l’Élysée, ce n’est évidemment pas le président de la République qui l’a reçu, mais un collaborateur du ministère des Français de l’étranger. “J’avais peur de me faire refouler, c’est déjà bien qu’on m’ait écouté. Je ne sais pas si cela débouchera sur du concret, mais j’ai fait ce que j’avais à faire. Le pire dans ma situation est de rester les bras croisés. Quand je suis inactif, j’ai l’impression d’abandonner mes enfants.”
Lucide, Billal Jaouadi sait que “Wahil et Tesmine risquent de rester encore un certain temps en Namibie”. Il n’exclut pas de boucler à nouveau ses valises. “J’ai de bonnes références dans la restauration et l’hôtellerie, s’il le faut j’essaierai de m’installer là-bas.”

 

Une pensée sur “Ses enfants, sa bataille

  • 27 octobre 2011 à 5 h 13 min
    Permalink

    Bonjour,
    Je fais partie des personnes qui ont fait la connaissance de Billal sur son courageux parcours. Un acte hautement symbolique qui, j’espère, aboutira à une action concrète pour cet homme plein d’espoir et de volonté. Mais comment peut-on aimer quelqu’un au point de faire des enfants avec et le détester suffisamment pour les lui enlever à jamais ?
    Sylvie

  • 27 octobre 2011 à 5 h 13 min
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    Bonjour,
    Je fais partie des personnes qui ont fait la connaissance de Billal sur son courageux parcours. Un acte hautement symbolique qui, j’espère, aboutira à une action concrète pour cet homme plein d’espoir et de volonté. Mais comment peut-on aimer quelqu’un au point de faire des enfants avec et le détester suffisamment pour les lui enlever à jamais ?
    Sylvie

  • 27 octobre 2011 à 5 h 13 min
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    Bonjour,
    Je fais partie des personnes qui ont fait la connaissance de Billal sur son courageux parcours. Un acte hautement symbolique qui, j’espère, aboutira à une action concrète pour cet homme plein d’espoir et de volonté. Mais comment peut-on aimer quelqu’un au point de faire des enfants avec et le détester suffisamment pour les lui enlever à jamais ?
    Sylvie

  • 27 octobre 2011 à 5 h 13 min
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    Bonjour,
    Je fais partie des personnes qui ont fait la connaissance de Billal sur son courageux parcours. Un acte hautement symbolique qui, j’espère, aboutira à une action concrète pour cet homme plein d’espoir et de volonté. Mais comment peut-on aimer quelqu’un au point de faire des enfants avec et le détester suffisamment pour les lui enlever à jamais ?
    Sylvie

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