Roger N’Zembele doit pouvoir vivre sereinement avec sa famille

L'inquiétude de Roger était palpable à son arrivée au tribunal en compagnie de sa compagne et de ses enfants

Une trentaine de militant de RESF (Réseau Éducation sans Frontière), ainsi que des enseignants, voisins et amis entouraient Roger N’Zembele, sa campagne et leurs trois enfants au tribunal administratif ce jeudi matin. Les enseignants de l’école maternelle Léo-Lagrange où sont scolarisés les enfants étaient en grève ainsi que la moitié des enseignants de primaire.

Roger qui, pour la circonstance, avait revêtu le maillot de l’équipe de France de football, était à l’évidence des plus inquiets. Le tribunal administratif devait en effet décider de la validité de l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) délivrée à son encontre par la préfecture. Au cours de l’audience, et pour la première fois dans le cas de Roger N’Zembele, le rapporteur public -après avoir résumé la situation- reconnaissait que le plus important est l’intérêt des enfants. Elle terminait en disant “qu’il fallait annuler la décision de refus de régularisation”.

De son côté Maître Debbache, avocate de Roger, est revenue sur trois points : “Ana Maria (sa compagne) a déclaré leur cohabitation en avril 2010, mais il ne faut pas confondre cohabitation et vie commune. La vie commune est beaucoup plus ancienne. Roger a des enfants nés en République démocratique du Congo mais il n’a jamais vécu avec eux. Une association humanitaire a fourni un courrier stipulant que les enfants ont quitté ce pays.

« Sa compagne, Ana-Maria, d’origine angolaise, est régularisée et travaille. En cas d’expulsion, sa cellule familiale ne pourrait pas se reconstruire au Congo. De nombreuses attestations (école, crèche, MDR…) prouvent que Roger a toujours été présent et impliqué dans la vie des enfants. Financièrement, il est évident que la situation est difficile puisque, sans papiers, il ne peut pas travailler. De plus, ses enfants sont de nationalité française.

« Il est impossible pour eux de vivre sans leur père, insistait l’avocate. Pour preuve : pendant sa détention au CRA du 28 mars au 21 avril, les petits scolarisés en maternelle pleuraient et réclamaient leur père. Les plus grands avaient du mal à se concentrer. Chaque fois qu’ils allaient lui rendre visite au CRA (centre de rétention administratif), tous  étaient bouleversés. »
À l’issue de l’audience, Me Debbache, estimait « plutôt positive » la conclusion du rapporteur public. «  La mobilisation a certainement joué en sa faveur. Mais, ajoutait-elle, nous devons rester prudents car ce n’est pas une décision. Celle-ci sera rendue dans un mois par le préfet. En attendant Roger doit rester vigilant.”
Du côté de RESF,  les militants sont eux aussi prudents. “Rien n’est encore gagné. Nous restons mobilisés. Cette famille doit vivre dans la sérénité et la dignité. »
Quant à M. N’Zembele, il ne manquait pas de « remercier tous ceux qui sont à (ses) côtés ». « Mes enfants ont retrouvé un certain équilibre depuis que je suis de retour à la maison. J’espère, vraiment, j’espère”, concluait le papa.

À l'issue de l'audience, Roger, sa fille Fendi dans les bras, s'entretient avec son avocate, Maître Debbache

 

 

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