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Orientations budgétaires 2011 : sur la corde raide

À l’occasion du débat d’orientations budgétaires 2011, lundi soir au conseil municipal, plusieurs élus, dans la majorité comme dans l’opposition, ont observé qu’ils auraient pu reprendre leur intervention de l’an dernier. Le contexte de crise n’a pas changé. Et l’État continue de serrer la vis aux collectivités locales. Moins de recettes, des dépenses qui augmentent, en tout cas qui ne baissent pas : dans ces conditions, élaborer un budget équilibré devient extrêmement compliqué. La situation s’est même aggravée depuis 2010. C’est ce que s’est employée à montrer l’adjointe aux finances, Évelyne Ébersviller, en soulignant que l’État vient de s’engager dans “un effort inédit de maîtrise de la dépense”, “un gel en valeur des dotations”, qui va lourdement peser sur les finances des administrations locales.
D’autant que 2011 sera le premier exercice effectif sans Taxe professionnelle (TP) ni compensation relais. “C’est la réforme clé qui bouleverse l’avenir des collectivités”, ajoutait l’adjointe. La communauté urbaine de Lyon, qui collectait jusqu’à présent la TP, sera ainsi elle-même confrontée à des difficultés financières. Qui ne manqueront pas de rejaillir sur les communes de l’agglomération et ses habitants, par une baisse des transferts et des investissements, voire – il en est de plus en plus question – par une hausse de la part du Grand Lyon dans la taxe d’habitation (TH).
Bref, le budget communal 2011 a tout d’un casse-tête. Évelyne Ébersviller ne l’a pas caché. “La Ville risque de voir son épargne chuter de 5,7 millions d’euros sur 5 ans.” Pour garder un bon niveau d’épargne, elle a listé trois orientations “possibles” : contraindre un peu plus les dépenses de fonctionnement, réduire le rythme des investissements, ou augmenter les impôts locaux. Rien de réjouissant en somme. “Nous devrons trancher en mars, au moment du vote du budget primitif.”
À l’exception du FN dans l’opposition et du MRC et du PG dans la majorité, tous les groupes politiques sont intervenus pour commenter ces délicates orientations. Sans surprise, dans la ligne de leurs précédentes prises de position, les élus d’opposition Christophe Girard (Divers droite) et Maurice Iacovella (Rassemblement des Vénissians) ont appelé à une meilleure utilisation des moyens dont la Ville dispose, sans augmentation fiscale. Le premier se disant convaincu que des “marges de progrès immenses existent”, le second estimant qu’un “réexamen des dépenses de fonctionnement et une pertinence des investissements pourraient permettre la reconstitution d’une marge de manœuvre”. Dans le même esprit, mais en y ajoutant une dimension écologiste dans le choix des priorités, Geneviève Soudan, au nom du groupe Vénissieux respect d’avenir (Les Verts-MoDem), a considéré qu’il fallait “redéployer les dépenses pour faire mieux avec autant et même avec moins, nous orienter vers une société responsable”. Plus surprenant, le PS, membre de la majorité municipale, s’est également démarqué des trois orientations techniques listées par l’adjointe aux finances. Jeff Ariagno déclarant sa préférence pour un quatrième axe qui consisterait à “recourir plus volontairement à l’emprunt (…), optimiser les moyens dont nous disposons (…), et mutualiser avec le Grand Lyon et nos voisins (…).” Éléazar Bafounta (PRG) n’était pas très éloigné de cette position : “Notre ville doit continuer à vivre avec le souci de ne pas essorer le contribuable. Pour payer le hold-up de l’État, nous ne pouvons pas racketter le citoyen.”

Langage de vérité
Au nom des élus communistes et apparentés, Henri Thivillier est revenu sur “la potion d’austérité et de rigueur que MM. Sarkozy, Fillon et Mercier veulent faire avaler aux Français et surtout aux familles les plus modestes.” “Oui, nous sommes entravés, garrottés, asphyxiés par la politique gouvernementale, s’est-il exclamé. (…) Oui, il faudra se battre pieds et poings pour poursuivre le combat de la satisfaction des besoins sociaux des Vénissians, des plus jeunes jusqu’aux plus âgés.” Avant d’observer qu’ “il faudra probablement envisager une augmentation la plus minime possible du taux de l’impôt local pour assurer un autofinancement a minima”. Marie Seemann (Lutte ouvrière) s’est dite “solidaire de ces orientations”, parce qu’il “va falloir essayer de jongler avec des ressources communales en baisse et des besoins sociaux en augmentation”.
Intervenant en conclusion des débats, le maire, Michèle Picard, a insisté sur la volonté de la majorité municipale de “défendre l’intérêt général”, c’est-à-dire “le maintien des services publics forts, des agents et des missions déployés sur tout le territoire (…)”, mais aussi “une fiscalité équilibrée à dimension humaine qui ne pénalise pas les familles populaires et les plus démunis”. Et de rappeler le choix (déjà appliqué en 2010) “d’augmenter les taux d’imposition d’environ 1 % par an, en fonction de l’inflation”, sans pour autant toucher aux tarifs sociaux. “Nous devons tenir ce langage de vérité aux Vénissians, a-t-elle conclu. Leur laisser croire qu’avec moins de moyens d’année en année nous allons colmater toutes les démissions de l’État serait mentir.”

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