Xue-feng Chen à l’Espace arts plastiques : retour à la culture maternelle

Xue-feng Chen au vernissage de son exposition

Quel lien y a-t-il entre ce personnage allongé dans un berceau ailé (en fait un cercueil, apprendra-t-on plus tard), le corps couvert d’aiguilles et le sexe brodé ? Cet autre, cornu et aux multiples bras multicolores ? Ou cette série d’excroissances roses au pantalon vert rappelant fortement une icone publicitaire ?Le lien s’appelle Xue-feng Chen. Cette artiste a quitté son Yunnan natal pour venir s’installer en France. Si peintures et vidéos ont bercé ses premières années sur le sol territorial, elle s’est rendu compte depuis 2006 qu’elle ressentait un manque : celui de sa culture maternelle.
“Pendant longtemps, j’ai rejeté le traditionnel. Pour cette exposition à l’Espace arts plastiques de Vénissieux, j’ai eu envie de me rapprocher de tout cela. À force de vivre ici, ma culture chinoise me manque. C’est un peu comme la nourriture quand, au bout d’un certain temps, on a envie de manger des plats de chez soi.”
Marquée par les broderies que faisait sa mère, Xue-feng les a d’abord écartées de son travail. “Je ne voulais pas faire des oiseaux ou des fleurs, tous ces motifs que brodaient ma mère. J’ai donc brodé comme j’en avais envie.”
C’est ainsi que Xue-feng s’est mise à mixer les deux cultures, chinoise et occidentale (comme la présence forte du sexe dans ses représentations). Elle revendique ses gestes : le mannequin percé de multiples aiguilles n’a rien à voir avec l’acupuncture (vision réductrice occidentale) mais avec le chamanisme, très présent en Chine. Et si le cœur est brodé à droite, n’allez pas y voir une quelconque bizarrerie anatomique des citoyens de la République populaire. “J’avais envie de le faire à l’envers”, répond tout simplement Xue-feng.
Ce 21 janvier, le vernissage de “Anaana”, l’exposition de Xue-feng Chen, fut l’occasion pour la première adjointe chargée de la Culture, Yolande Peytavin, de présenter des vœux de résistance, “avec les baisses drastiques de moyens et de subventions”. Sans lieu, a-t-elle souligné, “ne peuvent exister ni création ni artistes. On s’appauvrit et on meurt”.
Elle cite quelques chiffres pour les expositions de l’Espace arts plastiques, à la Maison du peuple : chaque expo attire 300 à 400 visiteurs. Et le travail avec les scolaires ramène 500 gamins, grâce aux visites commentées par les artistes et les ateliers de pratique artistique.
Jean-Charles Monot, le directeur de l’Espace arts plastiques, en a profité pour rappeler la prochaine manifestation : le 22 avril, le vernissage de l’exposition de Raphaël Boissy, “À table”. Sans oublier celui de Sylvie Dupin, une des artistes associées aux ateliers Henri-Matisse, qui aura lieu ce 28 janvier, à partir de 18 heures, à la galerie Le 116art (116, route de Frans à Villefranche-sur-Saône).

Le cercueil ailé et son occupant, au cœur brodé à droite

« Anaana » est visible à l’Espace arts plastiques jusqu’au 26 mars

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