Le déclic de la réussite est au bout du PRE

En trois ans, deux cents jeunes Vénissians âgés de 2 à 16 ans ont pu bénéficier des actions du PRE, le Programme de réussite éducative qui réunit de nombreux partenaires. Associant étroitement les familles, ces coups de pouce ne sont pas que scolaires. Santé, ouverture culturelle, accompagnement à domicile… chaque action est adaptée à l’enfant pour lever blocages et fragilités.

Repérer dans les villes et les quartiers en zone urbaine sensible les enfants de 2 à 16 ans qui présentent des difficultés, tel est l’objectif des Programmes de réussite éducative (PRE) créés par la loi de cohésion sociale de 2005.  Vénissieux a pris son temps pour mettre en place son PRE. Non pas qu’il y ait eu doute sur l’efficience de la mesure qui, affirme Christian Falconnet, adjoint au maire en charge des affaires scolaires, “va dans le sens de l’égalité des chances”, mais précise-t-il : “Nous voulions d’abord nous assurer que l’État le prenait bien en charge financièrement à 100 % et qu’il s’engageait pour plusieurs années. Nous avons aussi pris le temps de la réflexion afin de l’insérer intelligemment dans les dispositifs pré-existants dans la commune. C’était un de nos soucis majeurs.” C’est donc fin 2007 que le PRE a été lancé à Vénissieux.
Ce qui différencie le PRE des autres dispositifs ? Son aspect transversal. Il s’agit d’accompagner chaque enfant ou adolescent suivi dans sa globalité, qu’il rencontre des difficultés sociales, scolaires ou encore un problème de santé. Pour mettre en forme ce programme, une coordinatrice a été nommée : Sylvie Rechatin. De nombreux partenaires se sont réunis autour de la table : l’État et en particulier l’Éducation nationale, le Conseil général, la Caisse d’allocations familiales, l’inter-secteur de psychiatrie infantile, les centres sociaux, les services municipaux (jeunesse, sport, enfance, santé). Tous sont présents dans les trois instances du PRE : le groupe technique qui fixe ses orientations, le conseil consultatif ou comité de pilotage, et le groupe pluridisciplinaire de suivi qui examine les situations des enfants et propose des solutions adaptées à chacun.

Des projets personnalisés
Pas question pour les parents de saisir le PRE en direct”, précise Sylvie Rechatin. Ce rôle incombe aux professionnels qui, à un moment, peuvent s’interroger sur les difficultés rencontrées par un jeune qu’ils ont en charge ou rencontrent : enseignant, infirmier ou médecin scolaire, psychologue, éducateur sportif, animateur d’un centre social, de loisirs ou d’une maison de l’enfance…
La personne qui repère la difficulté propose aux parents un entretien puis, avec leur accord, une inscription au PRE. L’équipe de soutien va alors examiner la situation de l’enfant et proposer un projet adapté au problème rencontré. Différentes options sont possibles : une médiation école-famille avec un accompagnement éducatif à la scolarité, un accompagnement psychologique ou un accompagnement individuel à la maison. Des actions de prévention ou de soins ou encore une orientation vers des activités collectives existantes (culturelles ou périscolaires) peuvent également être envisagées. Une personne référente est chargée d’accompagner le jeune et sa famille. Les parents sont entièrement partie prenante de l’action puisque rien ne se met en place sans leur accord. Quant à la situation de l’enfant, elle est régulièrement évaluée par les professionnels qui, bien entendu, sont tenus au secret.
À travers les différentes situations adressées au PRE, on ne sera pas surpris de constater une forte représentation des catégories sociales les plus en difficultés : familles monoparentales et/ou nombreuses ; celles qui ne connaissent pas la langue française ou qui présentent des difficultés dans l’accès au droit. Autres points communs recensés : l’absence d’ouverture socio-culturelle, le manque d’activités périscolaires des enfants…

Un plan de 289 000 euros
Michel Patras, le directeur du groupe scolaire Pasteur, est mandaté par l’inspection académique pour représenter l’Éducation nationale au sein du PRE. Pour lui, la démonstration est faite que ce programme va dans le sens de la réussite de l’enfant. Michel Patras se souvient de ce petit garçon de deux ans et demi, scolarisé en maternelle. Sa maman ayant trouvé du travail, le petit a dû brutalement prendre ses repas à la cantine. Un vrai drame pour lui. “Il n’arrivait pas à quitter sa mère, il pleurait du matin au soir sans qu’on arrive à le consoler. Avec l’accord de la maman, on a saisi le PRE qui a financé sur le temps de la restauration une personne qui ne s’est occupé que de lui pendant deux mois. Et ce soutien a marché, l’enfant a retrouvé son calme.”
“Actuellement à Pasteur, cinq élèves sont suivis à domicile pour une aide aux devoirs et/ou une ouverture culturelle. Les vacataires recrutés par le PRE sont de très grande valeur. Ils accompagnent les enfants à la médiathèque, les dirigent vers les centres de loisirs…” Pour l’enseignant, ce PRE est forcément un plus car il permet d’intervenir directement à la maison. “Mais bien entendu, avant de le saisir, on s’assure que tout a été mis en place au sein de l’école pour aider l’enfant.”
Le PRE est financé en totalité par l’Etat : “Une subvention de 289 000 euros a été allouée à la Ville de Vénissieux en 2010. Le programme de réussite éducative est reconduit jusqu’à la fin de l’année 2011. Mais il faut bien se dire que si l’État se désengageait, nous ne pourrions pas prendre le relais”, prévient Christian Falconnet.

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