Le coup de gueule du président de Renault Trucks

Stefano Chmielewski (à droite) recevant Luc Châtel, alors secrétaire d'État à l'Industrie, en mars 2009, sur le site de Vénissieux/Saint-Priest

Dans l’édition du 30 décembre du journal Les Échos, le président de Renault Trucks, Stefano Chmielewski, pousse un énorme coup de gueule, dans une contribution intitulée “Au nom des 10 000 Français de Renault Trucks”.  À l’origine de cette colère, les commentaires qui ont suivi le droit de recours exercé par l’entreprise, après la perte d’un appel d’offres pour la livraison de camions à l’armée française. Certains observateurs ont estimé que ce droit de recours était malvenu car Renault Trucks ne serait pas une entreprise française. Ce que conteste énergiquement Stefano Chmielewski, qui rappelle les gros investissements effectués en France ces dernières années, notamment à Vénissieux où un centre d’emboutissage ultramoderne va bientôt entrer en fonctionnement. Nous reprenons ci-dessous l’intégralité de son texte.

“Un marché de fourniture de camions à l’armée française vient d’être attribué à un consortium associant un carrossier français et un constructeur italien de véhicules industriels au détriment de Renault Trucks Défense, division de Renault Trucks.

Dans cette affaire, l’entreprise que je préside a exercé un droit de recours, ce qui avait entraîné une série de commentaires mettant en garde contre la tentation d’un protectionnisme contre-productif et malvenu.

Malvenu ? Oui, car Renault Trucks ne serait pas une entreprise française comme l’ont laissé entendre certains observateurs. Je peux accepter de perdre un marché face à un concurrent étranger mais je ne peux admettre que la réalité soit ainsi travestie.

Renault Trucks SAS est une société de droit français, héritière de Renault et de sa branche véhicules industriels Saviem d’une part, du lyonnais Berliet d’autre part. Deux noms ont fait et font toujours la renommée de l’industrie automobile française dans le monde, excusez du peu ! Renault Trucks a des racines plus que centenaires à Billancourt et à Vénissieux.

Oui, le propriétaire du français Renault Trucks est suédois. C’est AB Volvo qui a pour actionnaire Renault SA, lui-même contrôlé par l’Etat français ! C’est là une chose bien banale dans notre économie mondialisée et je ne suis pas sûr que Nissan, par exemple, se sente moins japonais depuis son entrée dans l’alliance aux côtés de Renault ! Enfin, la marque que Renault Trucks défend sur les marchés et qui orne ses véhicules depuis 1978 c’est « Renault ». Faut-il produire d’autres certificats d’identité nationale ?

Renault Trucks emploie 14.000 personnes dans le monde dont 10.000 en France. Un détail qui a visiblement échappé à certains commentateurs qui ont réduit l’entreprise à sa seule division Défense. La production de l’entreprise est assurée dans des sites industriels d’envergure en Normandie, en Rhône-Alpes, dans le Limousin. L’usine de Bourg-en-Bresse dans l’Ain accueille une activité de montage de véhicules de construction autrefois réalisée en Espagne. Renault Trucks est le premier employeur privé sur tous les territoires où il est implanté, une réalité que mesurent bien les élus locaux et qui nous vaut leur soutien sans faille. Renault Trucks est classé parmi les 30 premiers exportateurs français et a pu réaliser sur le territoire un chiffre d’affaires d’achats de 3 milliards d’euros avant la crise. Nous avions cru, semble-t-il à tort, nous reconnaître dans le « fabriqué en France » que défendait encore récemment le précédent ministre de l’Industrie.

Plus d’un millier d’ingénieurs de recherche et développement font de Lyon un centre d’excellence reconnu dans le domaine des véhicules de moyen tonnage et préparent les véhicules électriques et hybrides de demain. Renault Trucks est le pilier du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck & Bus qui fédère PME, laboratoires et grands groupes autour de projets de recherche structurants sur les systèmes de transport urbain de marchandises et de personnes. C’est bien en France que cela se passe et pas ailleurs.

C’est bien en France que nous avons investi 800 millions d’euros dans nos produits et nos usines au cours des trois dernières années : nous avons fait de l’usine de Blainville-sur-Orne le deuxième centre européen de fabrication de cabines de camion ; nous venons de doter Vénissieux d’un centre d’emboutissage ultramoderne ; nous avons installé à Bourg-en-Bresse une ligne d’assemblage pour le montage de véhicules hybrides. Renault Trucks consacre 5,5 % de son chiffre d’affaires à la R&D. Malgré la crise qui est loin d’être finie pour notre secteur, cet effort a été soutenu. Croyez-moi : c’est bien en plaidant pour les atouts de la France et la qualité du travail que nous y faisons que l’on a pu convaincre ce fameux actionnaire suédois de nous autoriser à faire ces investissements.

Renault Trucks ne serait pas français et les camions pas assez stratégiques, ai-je pu lire encore. C’est sans doute par erreur que l’Etat nous a inclus dans son plan de relance de l’automobile et nous a aidés à instaurer des mesures de chômage partiel pour éviter des pertes d’emplois. Une erreur aussi que l’attribution de la prime d’aménagement du territoire pour ancrer des compétences et des emplois sur notre site normand. C’est sans doute par hasard que nous sommes engagés dans les états généraux de l’industrie, dans la Plate-forme pour l’automobile (PFA), que nous appliquons la loi sur la modernisation de l’économie (LME) et que nous sommes signataires de chartes pour de meilleurs rapports entre donneurs d’ordre et sous-traitants sous l’égide de l’Etat. Enfin, c’est vraisemblablement une étourderie qui nous fait payer l’impôt sur les sociétés en France !

Je voudrais qu’il n’y ait pas de malentendu sur ce « coup de gueule » : ce n’est pas un mauvais perdant qui s’exprime mais le dirigeant d’une entreprise qui entend que ses salariés, ses actionnaires, leur travail et leurs efforts soient respectés.”

Une pensée sur “Le coup de gueule du président de Renault Trucks

  • 24 janvier 2011 à 9 h 39 min
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    Ne fait pas a autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse !
    Monsieur CHMIELEWSKI n’aime la concurrence, c’est pourquoi elle n’est pas autorisée dans son entreprise.
    Installés à 3 km de RENAULTS TRUCKS, nous essayons, depuis des années, d’être reçus par le Service Achats ou les Services Techniques sans succès.
    La seule réponse connue est : “avez-vous un nom ?”
    Peut-être la prochaine fois, demanderais-je à être reçu par Monsieur CHMIELEWSKI ?

  • 24 janvier 2011 à 9 h 39 min
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    Ne fait pas a autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse !
    Monsieur CHMIELEWSKI n’aime la concurrence, c’est pourquoi elle n’est pas autorisée dans son entreprise.
    Installés à 3 km de RENAULTS TRUCKS, nous essayons, depuis des années, d’être reçus par le Service Achats ou les Services Techniques sans succès.
    La seule réponse connue est : “avez-vous un nom ?”
    Peut-être la prochaine fois, demanderais-je à être reçu par Monsieur CHMIELEWSKI ?

  • 24 janvier 2011 à 9 h 39 min
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    Ne fait pas a autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse !
    Monsieur CHMIELEWSKI n’aime la concurrence, c’est pourquoi elle n’est pas autorisée dans son entreprise.
    Installés à 3 km de RENAULTS TRUCKS, nous essayons, depuis des années, d’être reçus par le Service Achats ou les Services Techniques sans succès.
    La seule réponse connue est : “avez-vous un nom ?”
    Peut-être la prochaine fois, demanderais-je à être reçu par Monsieur CHMIELEWSKI ?

  • 24 janvier 2011 à 9 h 39 min
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    Ne fait pas a autrui ce que tu ne veux pas que l’on te fasse !
    Monsieur CHMIELEWSKI n’aime la concurrence, c’est pourquoi elle n’est pas autorisée dans son entreprise.
    Installés à 3 km de RENAULTS TRUCKS, nous essayons, depuis des années, d’être reçus par le Service Achats ou les Services Techniques sans succès.
    La seule réponse connue est : “avez-vous un nom ?”
    Peut-être la prochaine fois, demanderais-je à être reçu par Monsieur CHMIELEWSKI ?

  • 6 janvier 2011 à 14 h 31 min
    Permalink

    Bonjour,

    J’ai passé près de 17 ans chez Renault Trucks. J’y ai assisté à beaucoup de changements lesquels ont quelques fois laissé en route des collaborateurs. Mais ce représentant du savoir faire industriel français est toujours présent malgré un paysage (industriel) qui se réduit comme une peau de chagrin.
    Que faut-il à nos décideurs gouvernementaux pour prendre conscience que notre industrie est encore en vie et qu’il ne faut pas la négliger ?
    Les français tout comme les industriels responsables sont conscients que les contraintes économiques et environnementales amènent à faire des choix stratégiques difficiles pour l’emploi mais quand on arrive à cette équilibre pourquoi ne pas “récompenser” ceux qui y participent ?

    En conclusion, même je n’ai pas toujours été en accord avec M. Chmielewski, j’apporte un modeste mais sincère soutien à son “coup de gueule”.

  • 6 janvier 2011 à 14 h 31 min
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    Bonjour,

    J’ai passé près de 17 ans chez Renault Trucks. J’y ai assisté à beaucoup de changements lesquels ont quelques fois laissé en route des collaborateurs. Mais ce représentant du savoir faire industriel français est toujours présent malgré un paysage (industriel) qui se réduit comme une peau de chagrin.
    Que faut-il à nos décideurs gouvernementaux pour prendre conscience que notre industrie est encore en vie et qu’il ne faut pas la négliger ?
    Les français tout comme les industriels responsables sont conscients que les contraintes économiques et environnementales amènent à faire des choix stratégiques difficiles pour l’emploi mais quand on arrive à cette équilibre pourquoi ne pas “récompenser” ceux qui y participent ?

    En conclusion, même je n’ai pas toujours été en accord avec M. Chmielewski, j’apporte un modeste mais sincère soutien à son “coup de gueule”.

  • 6 janvier 2011 à 14 h 31 min
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    Bonjour,

    J’ai passé près de 17 ans chez Renault Trucks. J’y ai assisté à beaucoup de changements lesquels ont quelques fois laissé en route des collaborateurs. Mais ce représentant du savoir faire industriel français est toujours présent malgré un paysage (industriel) qui se réduit comme une peau de chagrin.
    Que faut-il à nos décideurs gouvernementaux pour prendre conscience que notre industrie est encore en vie et qu’il ne faut pas la négliger ?
    Les français tout comme les industriels responsables sont conscients que les contraintes économiques et environnementales amènent à faire des choix stratégiques difficiles pour l’emploi mais quand on arrive à cette équilibre pourquoi ne pas “récompenser” ceux qui y participent ?

    En conclusion, même je n’ai pas toujours été en accord avec M. Chmielewski, j’apporte un modeste mais sincère soutien à son “coup de gueule”.

  • 6 janvier 2011 à 14 h 31 min
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    Bonjour,

    J’ai passé près de 17 ans chez Renault Trucks. J’y ai assisté à beaucoup de changements lesquels ont quelques fois laissé en route des collaborateurs. Mais ce représentant du savoir faire industriel français est toujours présent malgré un paysage (industriel) qui se réduit comme une peau de chagrin.
    Que faut-il à nos décideurs gouvernementaux pour prendre conscience que notre industrie est encore en vie et qu’il ne faut pas la négliger ?
    Les français tout comme les industriels responsables sont conscients que les contraintes économiques et environnementales amènent à faire des choix stratégiques difficiles pour l’emploi mais quand on arrive à cette équilibre pourquoi ne pas “récompenser” ceux qui y participent ?

    En conclusion, même je n’ai pas toujours été en accord avec M. Chmielewski, j’apporte un modeste mais sincère soutien à son “coup de gueule”.

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