Conseil municipal : Sakineh Mohammadi-Ashtiani faite Citoyenne d’Honneur

Sakiheh Mohammadi-Ashtiani est une Iranienne de 43 ans, emprisonnée depuis 2006 dans la prison de Tabriz. Elle a été condamnée à mort par lapidation pour adultère puis pour complicité du meurtre de son mari. Des accusations qu’elle récuse. Son sort a suscité une vaste campagne de mobilisation et de solidarité internationale. La Ville de Vénissieux a voulu s’y associer. Les élus ont élevé Sakineh Mohammadi-Ashtiani au titre de Citoyenne d’Honneur et adopté une motion de soutien. Une décision quasi unanime. Seul le Front national a voté contre. “Vous devriez avoir pour porte-drapeau quelqu’un de plus respectable”, a osé lancer Yvan Benedetti au reste de l’assemblée.
Pour le maire, Michèle Picard, “Vénissieux manifeste à travers cette décision son attachement à l’abolition de la peine de mort, partout dans le monde, soutient les actions contre les lapidations, acte barbare d’un autre temps, et défend, haut et fort, le respect des droits des femmes.” Et d’ajouter : “Comment tolérer et accepter qu’une femme, aujourd’hui en 2010, ne puisse pas disposer de son corps et de ses sentiments librement ?”
Tous les groupes politiques du conseil sont intervenus. Chaïneze Kabouya (PS), Marie-Christine Seemann (LO), Thierry Vignaud (MRC), Maurice Iacovella (Rassemblement des Vénissians) et Christophe Girard (Divers droite) sont peu ou prou restés dans la même tonalité pour s’associer à la proposition du maire. Geneviève Soudan (Les Verts) et Éléazar Bafounta (PRG), tout en approuvant la délibération, ont tenu des discours sensiblement différents. La première a précisé que ce qui la choquait dans cette affaire, c’est d’abord l’acte lui-même, la peine de mort, plutôt que la méthode utilisée. “La lapidation est-elle une barbarie supérieure à la pendaison, la décapitation ou l’électrocution ?, a-t-elle interrogé. La semaine dernière les États-Unis ont exécuté (N.D.L.R. : par injection létale) une femme handicapée mentale, Teresa Lewis. Il est étrange qu’une indignation semblable à celle engendrée par le sort de Sakineh n’ait pas saturé les médias.” En conséquence, Geneviève Soudan a proposé un amendement à la motion, qui ajouterait à la lutte contre la lapidation celle contre la peine de mort. Michèle Picard y a souscrit.
Éléazar Bafounta a quant à lui fait part de son trouble d’avoir à “juger les décisions d’un tribunal étranger dans un pays où le gouvernement est régulier.” S’il ne s’est pas opposé à cette délibération, a-t-il ajouté, c’est parce qu’il est “viscéralement attaché à la lutte contre la peine de mort”.

Les autres décisions
• Réaménagement de l’espace central du quartier Léo-Lagrange
En janvier 2011, un gros chantier va s’ouvrir dans le quartier Léo-Lagrange. Avec ses partenaires du GPV (Grand projet de Ville), la municipalité va engager un réaménagement de l’espace central (chemins piétons, éclairage, jeux d’enfants…), entre les rues Ravel, Gorki et Debussy. Coût : 830 000 euros TTC. L’adjoint à l’urbanisme, Henri Thivillier (PCF), a saisi l’occasion de ce rapport pour faire part de “la profonde inquiétude des maires” qui ont sur leur territoire des quartiers relevant de la Politique de la ville, face à “l’absence d’engagement financier de l’État pour l’année 2 011 et au-delà”.
• Taxe d’habitation : un abattement de 10 % pour les personnes handicapées
Comme les y autorise la loi de finances 2010, les élus ont décidé l’institution d’un abattement de 10 % de la valeur locative moyenne des habitations pour les personnes handicapées. Cette mesure sera applicable dès 2 011.
• La Ville reprend le fonds du Musée de la Résistance et de la Déportation
À l’unanimité, les élus ont accepté de récupérer le fonds du Musée communal de la Résistance et de la Déportation.
Président du musée depuis sa création en 1979 par la FNDIRP et l’ANACR, Charles Jeannin sait que, grâce à cette décision, ce lieu de mémoire pourra perdurer. “Le musée d’histoire militaire de Lyon nous a proposé d’installer notre fonds dans une de ses salles, quartier Général-Frère. Je m’y suis opposé. Notre musée, nous l’avons créé pour Vénissieux, pour les enfants (100000 jeunes y ont été reçus), pour rappeler la Résistance et la Déportation et en aucun cas pour qu’il soit géré par d’autres, en dehors de la ville.”

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