Disparition de Madeleine Lambert : une artiste et une militante

Mado avec Jean-Charles Monot et Pierre Giouse

Mado : c’est sous ce diminutif que la connaissaient tous ses amis, ceux qui appréciaient son acharnement à faire entrer l’art dans le quotidien et ceux qui admiraient son travail de plasticienne. Madeleine Lambert a déposé son pinceau sur la palette de nos souvenirs. Comme l’Albertine de Proust à qui elle avait rendu hommage, elle vient de disparaître à l’âge de 76 ans et cette nouvelle nous attriste.

 

 

On la savait malade depuis de nombreuses années, courageuse aussi, toujours présente aux balades artistiques organisées à Vénissieux pour les Journées du Patrimoine et aux vernissages des expositions de l’Espace arts plastiques, qu’elle avait créé. La dernière fois qu’on l’avait vue ici, c’était à l’occasion de l’exposition montée par l’association des anciens élèves de l’école Pasteur, Cour des Art’s. Mado était notamment venue encourager son amie Marie-Jo Borne. Fatiguée, elle n’avait rien perdu de son regard artistique.
Madeleine Lambert est arrivée à Vénissieux en mai 1968 pour travailler au centre culturel communal, qui deviendra centre associatif puis Maison des associations Boris-Vian. Elle a créé le service municipal des arts plastiques, multipliant les manifestations. Sous son impulsion, la Ville a commencé d’acheter une œuvre à chaque artiste exposé et a mis en place le 1% artistique (1% du budget de la construction d’un bâtiment public est dédié à un travail artistique associé). C’est également à Mado que l’on doit les ateliers Henri-Matisse et les fondations de l’URDLA et de la MAPRA (Maison des arts plastiques en Rhône-Alpes). Qu’elle les expose à Vénissieux, travaille avec eux ou les fréquente, les artistes étaient ses amis : citons Janoir, Jaros, Lovato, Ciesla, Max Schoendorff, Martinand, Bohmer, Charles Juliet, Roger Dextre, etc. Chez elle, le militantisme allait toujours de pair avec la création plastique. “Une femme de combat, ne lâchant jamais l’affaire, aimant la vie, la bonne chère et l’humour”, témoigne Jean-Charles Monot, qui fut pendant 20 ans son plus proche collaborateur. Elle prit sa retraite en 2000 et, comme l’écrit le député André Gerin dans son hommage  : “Avec elle, l’art s’est glissé partout (à Vénissieux) afin de mieux se mettre à la portée de tous, c’était sa principale préoccupation.”
Madeleine Lambert exposa ses dernières peintures à la galerie Jean-Louis Mandon, à Lyon, en septembre 2011. En janvier de la même année, avait été inauguré à la Maison des associations Boris-Vian, à Vénissieux, “L’homme qui marche”. Dédiée à Proust et à sa “Recherche du temps perdu”, cette gigantesque peinture avait rendu Mado heureuse : “Il n’y avait aucune trace artistique personnelle de moi dans la ville, avait-elle déclaré. Je suis contente que ce soit ici, dans cette maison.”
Le sénateur Guy Fischer, qui l’a connue dès 1968, se souvient d’“une femme aussi courageuse que talentueuse, qui avait su se rendre maîtresse de son existence”. Michèle Picard, le maire, salue “son parcours humain et artistique”. Lors des émouvantes funérailles de Mado, le 15 mai dans son atelier des Éparres, village près de Bourgoin, un de ses proches a rendu hommage à sa générosité et son absence de prétention : “Son nombril ne lui a servi qu’à naître.”
À sa famille et à son compagnon, le poète Pierre Giouse, la rédaction d’“Expressions” présente ses sincères condoléances et toute son affection.

En 2008, l’Espace Pandora a publié aux éditions La passe du vent une rétrospective de la carrière artistique de Madeleine Lambert, “Le fil rouge. 1958-2008”, parallèlement à une grande exposition à la Maison Ravier à Morestel.

Une pensée sur “Disparition de Madeleine Lambert : une artiste et une militante

  • 23 mai 2012 à 12 h 52 min
    Permalink

    je viens d’apprendre le décès de Mado… j’en suis très triste. Bien sûr, je pense à Pierre Giouse… et… je ne peux m’empêcher de me souvenir de tous ces vernissages à ses côtés (avec quelques autres aussi, bien sûr)… et tout ce savoir qu’elle partageait sans compter, avec une telle générosité, avec froideur aussi (sa nature apparente) et beaucoup humour. Une colombe déguisée en corbeau. Merci Mado. Merci pour tout, vraiment.

  • 23 mai 2012 à 12 h 52 min
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  • 23 mai 2012 à 12 h 52 min
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  • 23 mai 2012 à 12 h 52 min
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    je viens d’apprendre le décès de Mado… j’en suis très triste. Bien sûr, je pense à Pierre Giouse… et… je ne peux m’empêcher de me souvenir de tous ces vernissages à ses côtés (avec quelques autres aussi, bien sûr)… et tout ce savoir qu’elle partageait sans compter, avec une telle générosité, avec froideur aussi (sa nature apparente) et beaucoup humour. Une colombe déguisée en corbeau. Merci Mado. Merci pour tout, vraiment.

  • 17 mai 2012 à 12 h 09 min
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    l’Art entre toute les mains du plus petit au plus grand avec l’Atelier Henri Matisse … MERCI Madeleine Lambert, tout cela grâce à toi. Repose en paix. Au revoir Camarade.

  • 17 mai 2012 à 12 h 09 min
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    l’Art entre toute les mains du plus petit au plus grand avec l’Atelier Henri Matisse … MERCI Madeleine Lambert, tout cela grâce à toi. Repose en paix. Au revoir Camarade.

  • 17 mai 2012 à 12 h 09 min
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    l’Art entre toute les mains du plus petit au plus grand avec l’Atelier Henri Matisse … MERCI Madeleine Lambert, tout cela grâce à toi. Repose en paix. Au revoir Camarade.

  • 17 mai 2012 à 12 h 09 min
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    l’Art entre toute les mains du plus petit au plus grand avec l’Atelier Henri Matisse … MERCI Madeleine Lambert, tout cela grâce à toi. Repose en paix. Au revoir Camarade.

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