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Tokai Cobex : quand l’industrie chauffe les Vénissians

Cette usine est sur le point de revendre l’énergie thermique qu’elle produit lors du processus de fabrication.

Qu’il semble loin, le temps où les quatre vieilles cheminées en briques de Carbone Savoie (ex-Péchniney) recrachaient leurs épaisses fumées dans le ciel de Vénissieux ! Aujourd’hui, ce site industriel, qui aura marqué l’histoire de la ville, s’inscrit dans une démarche parfaitement dans l’air du temps. L’entreprise, désormais appelée Tokai Cobex Savoie, ne se contente plus de limiter sa pollution.

Cet acteur spécialisé dans le domaine du graphite synthétique et du carbone souhaite valoriser son énergie fatale (non-utilisée ou non-utilisable). Concrètement, Tokai Cobex injectera une partie de cette énergie dans le réseau de chaleur de Vénissieux/Saint-Fons l’hiver et de celui de Centre Métropole l’été. L’énergie résiduelle qui ne sera pas absorbée par le réseau sera revendue sous forme d’électricité.

« C’est un projet exceptionnel, se réjouit Pierre-Alain Millet, adjoint municipal et conseiller métropolitain. Ce site était l’un des plus polluants de France jusque dans les années 2000. Aujourd’hui, il est devenu l’un des plus propres d’Europe. Sa nouvelle cheminée blanche dispose d’un système de traitement qui récupère les fumées des fours. Le fait que Tokai Cobex vende sa chaleur au lieu de la disperser dans l’air est une vraie réussite. »

24 000 tonnes de CO2 en moins

Lors du conseil métropolitain du 11 décembre, au cours duquel cet avenant au contrat de délégation de service public (DSP) a été validé à l’unanimité, Philippe Guelpa-Bonaro a salué cette innovation : « La récupération de cette énergie fatale représentera 4 % du mix énergétique dès 2025, puis encore 4,9 % en 2028. Elle se substituera au gaz. Pour l’usager d’un logement moyen, au cours actuel des énergies, le gain sera de 25 euros sur la facture annuelle. »

En passant de 63 % à 72 %, le taux d’EnR&R permettrait au réseau local de diminuer ses émissions de dioxyde de carbone de l’ordre de 24 000 tonnes par an.

Éric Perez, conseiller métropolitain (EELV) et président du Syndicat de gestion des énergies de la région lyonnaise (SIGERLy), a souligné l’importance de cette ressource : « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des solutions d’énergies renouvelables et de récupération. Dans la Métropole, on propose des solutions pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles. »

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