
La CJS est soutenue par la Ville de Vénissieux et l’État dans le cadre de la Politique de la Ville, mais aussi par la Métropole de Lyon et le Fondssocial européen
Importé du Québec, le concept de CJS que porte la coopérative d’activité et d’emploi (CAE) Escale Création, a bien pris à Vénissieux. En 11 étés, 141 jeunes se sont investis pour créer leur petite entreprise éphémère et ont mis la main à la pâte sans rechigner.
En juillet-août, alors que la majorité des jeunes du secondaire préfère se relaxer au bord de la mer ou rester scotché derrière un écran à la fraîche, certains choisissent de se retrousser les manches. Jeudi 20 novembre, à la Maison des fêtes et des familles, de nombreux témoins ont fait l’éloge de ces courageux qui ont porté haut la valeur travail pendant la pause estivale.
Chaque année, le contexte est le même : les jeunes, recrutés par le Bureau information jeunesse (BIJ) au printemps, sont encadrés par deux animateurs. Ils apprennent alors à créer leur coopérative, se répartir les rôles (RH, compta, marketing, communication) et démarcher les entreprises pour leur vendre leurs prestations.
C’est ici que chaque scénario devient unique. Si Escale Création accompagne l’équipe lors du lancement, du développement à la pérennisation du projet, ce sont bien les coopérants qui gèrent leur affaire de manière démocratique. Peinture, tonte de pelouse, piquetage, gardiennage, lavage de voitures, entretien ménager, gardiennage, aide à la personne, mise sous pli ou archivage… le champ d’action est large.
« Ils sont à la fois salariés et patrons, résume Farouk Ababsa, animateur jeunesse à la Ville et parrain de la CJS. Et à la fin, ils retiennent l’expérience enrichissante plutôt que leur rémunération. » Les témoignages des coopérants des précédentes éditions vont dans ce sens : « On apprend à travailler en équipe » ; « On trouve des solutions aux problèmes des quartiers » ; « Par rapport aux cours, c’est plus concret » ; « C’est plus enrichissant que de passer du temps sur la Playstation ».
Jusqu’à 20 000 euros de chiffre d’affaires
Toutefois, l’aspect financier n’est pas négligeable. Un été avec la CJS est également l’occasion de découvrir les rouages de la fiscalité et la différence parfois surprenante entre salaire brut et net : la rémunération intègre les charges sociales. Et les prestations sont assujetties à la TVA. En 2019, la BSP (Biens et services pour particuliers et professionnels) avait affolé les compteurs en dépassant les 20 000 euros de chiffre d’affaires, alors que la moyenne tourne autour de 12 000 euros. « Tout le monde était extrêmement motivé, se souvient Foued Rahmouni, co-animateur de cette équipe. Les participants étaient solidaires, compétents et autonomes. Les coopérants sont toujours accueillis et considérés comme des travailleurs à part entière par les clients que peuvent être Carso, Leroy Merlin ou encore Alliade Habitat. »
Pauline Pinatel, gestionnaire prévention et vie sociale chez GrandLyon Habitat, a co-animé trois CJS. C’est l’envie des volontaires qui la marque le plus : « Il faut de la motivation pour se retrouver juste après l’année scolaire et passer son été à travailler. Surtout qu’ils n’ont aucune idée de leur rémunération. C’est très différent d’un chantier jeune ou d’un travail classique avec un contrat. Et l’ambiance est toujours extraordinaire. »






























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