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Projets artistiques et scolaires : quels talents !

Alors que la France entière, voire au-delà, a les yeux braqués sur ceux qu’on ne désigne plus que par le vocable de “jeunes des banlieues”, il est utile de prouver que tous ne se réduisent pas à ce seul qualificatif teinté d’ironie. Issus de la banlieue, les enfants et les jeunes ont beaucoup à prouver, beaucoup à montrer.

En cette fin d’année scolaire, nombreux ont été les projets artistiques à associer des élèves à des professionnels : comédiens, plasticiens, cinéastes, etc. Depuis la maternelle jusqu’au lycée, ils ont peint, dansé, chanté, écrit des scénarios ou des spectacles, appris à articuler des textes, à se positionner sur une scène de théâtre ou dans un cadre vidéo, à manipuler une caméra, faire une prise de son… Et montré combien ils avaient du talent.

Il existe bien sûr des dispositifs, tel celui de la Cité éducative, mais aussi quantité de projets scolaires montés avec un équipement municipal (théâtre, école de musique, centre d’art) ou par la seule volonté d’une équipe enseignante. Alors que la France entière, voire au-delà, a les yeux braqués sur ceux qu’on ne désigne plus que par le vocable de “jeunes des banlieues“, il est utile de prouver que tous ne se réduisent pas à ce seul qualificatif teinté d’ironie. Issus de la banlieue, les enfants et les jeunes ont beaucoup à prouver, beaucoup à montrer.

Commençons par les plus grands pour aller jusqu’aux tout-petits. En l’espace de quelques semaines, nous avons vu ainsi quelques lycéens de Jacques-Brel participer à la web-série de Traction Avant, La Ballade des gens qui sont nés quelque part. L’occasion pour eux de découvrir le répertoire de Georges Brassens et d’en savoir un peu plus sur la Marche pour l’égalité de 1983.

Les collégiens de Michelet se sont essayés au théâtre, à la vidéo et à la musique avec la classe CHAM voix. Ceux de Balzac se sont également initiés à l’art théâtral. Les écoles primaires n’étaient pas en reste : les CM2 de Paul Langevin ont monté un orchestre avec l’école de musique Jean-Wiener et ont joué au cours de la Semaine de la musique. À Louis-Pergaud, les écoliers sont plutôt branché théâtre : aidés, entre autres, par Jean-Jacques Goldman, ils viennent de se produire sur la scène du Théâtre de Vénissieux pour un spectacle autour de la mythologie grecque. Normal, ils ont pu financer un voyage au pays de l’Olympe. Les élèves de Nadia Bachmar seront encore au parc de la Tête-d’Or le 8 juillet à 19 heures, pour le spectacle Envole-moi.

À Anatole-France A et B, des élèves du dispositif UPE2A, de CM1 et de CM2 ont mené un projet avec la compagnie Lunée l’Ôtre dans le cadre des Cités éducatives. Quant aux maternelles, elles n’ont pas été en reste : c’est ainsi que les enfants des écoles Flora-Tristan, Charréard et Moulin-à-Vent ont créé des œuvres avec l’artiste Azzouz Seffari.


Louis-Pergaud : faire tomber “les barrières limitantes”

Ce 30 juin, l’ensemble des classes de primaire de l’école Louis-Pergaud présentait au Théâtre de Vénissieux un spectacle autour de la mythologie grecque.

Qui aurait pu imaginer que 58 élèves de primaire de l’école Louis-Pergaud, classée en REP+, puissent faire le tour de la Grèce, aidés par Jean-Jacques Goldman ? Projet impensable a priori… mais qui s’est pourtant bien réalisé.

Encadrés par plusieurs enseignants, dont Maxime Monnot, les élèves ont relevé le défi. De ce voyage, accompli “après une longue année de travail“, est né un spectacle proposé ce 30 juin au Théâtre de Vénissieux. Au programme, lectures de contes mythologiques grecs par les classes de CM1, CM2 et d’ULIS, et projection de la vidéo du voyage en Grèce, dans les villes de Delphes, Corinthe et Athènes. Le Minotaure, les douze travaux d’Hercule, les aventures de Poséïdon ont fait naître autant de contes que d’interprétations que les enfants ont restitués.

En REP+, les jeunes ont tendance à vivre en vase clos, explique Maxime Monnot. Ce voyage, c’était vraiment pour les aider à s’ouvrir vers le monde extérieur, nourrir leur curiosité et donner du sens à leur apprentissage.

L’enseignant entend faire tomber les “barrières limitantes” des élèves avec ce voyage parrainé par le chanteur Jean-Jacques Goldman et l’industriel Stéphane Treppoz. Le but étant de montrer qu’en procédant étape par étape, il devient possible d’effectuer de grandes choses, “que l’impossible devient possible“.

L’engagement de ces 58 élèves a été total : des ateliers de lecture, d’écriture et de théâtre au financement du voyage à travers la confection et la vente de calendriers pendant l’hiver ou d’épreuves sportives autour du stade Auguste-Delaune. L’adhésion des parents au projet a également permis de les rapprocher de l’équipe scolaire, dans la création d’un travail coopératif.

Ce projet inaugural, qui a tant marqué les esprits des élèves, pourrait se pérenniser tous les deux ans.

Jenna Boudaoud

Collège Michelet : le jugement du jugement

Une douzaine d’élèves volontaires du collège Michelet (toutes classes confondues) ont suivi toute l’année un atelier de théâtre avec une enseignante, Mme Gagnol, et une comédienne, Muriel Coadou. “Ils ont écrit des saynètes et proposé des improvisations sur le jugement, explique cette dernière. À la fin, ils jugent le jugement.
Le résultat a été montré aux parents ce 19 juin et la fierté se lisait dans tous les regards : ceux des élèves, des parents, des enseignants présents (“Je t’ai découvert“, entendit-on après le spectacle) et de la comédienne.
Il y a eu beaucoup de travail sur une vingtaine de séances, confirmait Mme Gagnol, de l’investissement, de la persévérance et de la volonté.” Pour elle et Muriel, “assidus et motivés” étaient les qualificatifs les plus justes.
Pendant près d’une demi-heure, ont été abordées diverses questions d’exclusion (une extra-terrestre rejetée parce qu’elle ne parle pas la langue, des influenceuses malpolies, une remplaçante moquée à cause de son nom…) jusqu’au fameux jugement du jugement : “Chacun est singulier, le jugement est coupable et condamné !
Nous semons des graines pour plus tard”, s’enthousiasmait encore l’enseignante, ravie que, l’an prochain, son atelier théâtre travaille avec celui du collège Balzac et crée ainsi une passerelle entre les deux établissements.
J-C.L.

Hommage à Molière : les collégiens magnifiques

Pour rendre célébrer les 350 ans de la mort de Molière, les élèves de l’atelier théâtre du collège Honoré-de-Balzac ont créé une pièce autour de la vie du célèbre dramaturge.

Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, disparaissait le 16 février 1673, il y a 350 ans. Pour rendre hommage au célèbre dramaturge français, les élèves de l’atelier théâtre du collège Honoré-de-Balzac ont consacré leur année scolaire à l’étude de son œuvre.

« Nous avons étudié la période du XVIIe siècle afin de recontextualiser l’époque pour les élèves », détaille Mélanie Maisonnat, professeure à Balzac, en charge de l’atelier théâtre. Ils ont ainsi pu en savoir plus sur sa vie, ses ennemis, les différents liens entre l’Église et la royauté à cette époque…” Avec la dramaturge Pauline Noblecourt et la comédienne Judith Rutkowski, les élèves ont créé Molière : mort ou assassiné !?,  qui oscille entre les vérités historiques, les fantasmes et les rumeurs colportées. Une pièce qu’ils ont joué au collège, le 20 juin dernier. « Des jeunes se rendent dans un musée consacré à Molière. Ils touchent des objets qui les renvoient dans le passé », explique Mélanie Maisonnat.

Les comédiens naviguent entre les époques, assistent à des disputes. On y croise Racine, Louis XIV, des religieux, le médecin personnel de Molière… « À la fin de la représentation, le public est appelé à voter. C’est lui qui décide si Molière a succombé à une mort naturelle ou s’il a été assassiné, et dans ce cas qui est l’auteur du crime.” Les élèves de l’atelier théâtre ont ainsi dû scénariser six fins différentes pour continuer le spectacle en fonction du choix du public. Un exercice difficile. « Ils ont beaucoup travaillé l’improvisation avec Judith Rutkowski, au cas où ils oublient leur texte », précise la professeure.

En plus de cette création théâtrale, les élèves ont réalisé un court-métrage pour participer au concours « Les jeunes rendent hommage à Molière », organisé par la Comédie Française. Sous forme de journal télévisé sur la mort du dramaturge, les apprentis comédiens ont joué les proches de Molière qui lui rendent hommage, avec des répliques issues de ses différentes pièces de théâtre.

P.G.

La mécanique du regard, l’éducation par l’image

Le 28 juin, au cinéma Gérard-Philipe, les collégiens de Michelet (classes de 6e C, 5e B et C et 3e B et H à projet cinéma) présentaient une série de courts-métrages réalisés dans le cadre du projet La Mécanique du regard, mené par Yza Mouhib, enseignante d’arts plastiques certifiée cinéma. Les élèves ont ainsi travaillé avec des professionnels, tels que Tuba Gültekin-Roche, Barbara Arsenault, Nicolas Richard (tous deux de l’association Archipel) et l’école de cinéma CinéFabrique. Avec, pour thèmes retenus, les questions de genres, l’importance de l’eau ou le harcèlement.
Les intervenants, explique Yza Mouhib, ont accompagné les élèves sur plusieurs séances, avec des classes entières ou par petits groupes. Il y a eu pas mal d’heures d’écriture, à partir des idées des élèves, et de tournage. Le but est, à travers l’éducation à l’image, de faire découvrir le cinéma.
Pour elle, les résultats sont évidents : “Les élèves se montrent timides au départ, puis se prennent au jeu et se livrent. Ils n’ont pas l’habitude d’aller au cinéma, ils regardent énormément de séries, peu de longs-métrages et n’ont pas du tout la notion de ce que peut être un court. Ils sont sur d’autres formats de consommation. À la suite de cette expérience, ils sont différents et gagnent en aisance.
Les films avaient déjà été diffusés au Pathé Vaise et à l’Institut Lumière mais les familles n’avaient malheureusement pas accès à ces projections. Yza Mouhib est conscience que l’ouverture aux parents est primordiale, ce qui a pu être concrétisé à Gérard-Philipe.
J-C.L.

Lunée l’Ôtre : tant qu’il y aura des mômes

Installée à L’Entresol, dans la tour 6 de la Division-Leclerc, la compagnie a conclu fin juin le projet des Cités Éducatives 2022-2023.

Les 22, 23 et 26 juin à la salle Érik-Satie, la compagnie Lunée l’Ôtre a présenté trois spectacles avec les élèves de l’école Anatole-France. Le 22 juin, ceux du dispositif UPE2A d’Anatole-France A et B présentaient La Tempête. Le lendemain, les CM2 d’Anatole-France B arpentaient l’univers étrange mis en place par la compagnie dans son spectacle La Déferle, avec De la Mai-Zone à l’Hori-Zone. Et, le 26 juin, les CM1 d’Anatole-France A jouaient le même scénario.

Camille, Malvina et Sarah, trois des comédiennes de Lunée l’Ôtre, donnaient des explications aux parents, enfants et enseignants qui assistaient à ces représentations. “Nous sommes depuis 2020 à Vénissieux et nous animons des ateliers inspirés de La Déferle. Ce projet s’inscrit dans le cadre des Cités éducatives, à l’échelle de plusieurs villes. Ici, dans la commune, nous avons travaillé avec des enfants de primaire et des élèves allophones arrivants d’Anatole-France A et B et avec deux classes du collège Elsa-Triolet. Les collégiens ont déjà présenté leur spectacle en mars.”

Le but étant de créer avec les enfants, les classes ont inventé des saynètes à partir d’une base, La Déferle, du décor (une maison) et des personnages (les Mômes, un groupe d’enfants qui se retrouvent seuls dans cette maison, dans un futur plus ou moins lointain et qui semble apocalyptique). Ces Mômes s’occupent comme ils peuvent, par le jardinage ou la lecture, par la réparation de fuites d’eau et, surtout, par des batailles de polochons.

Dans le travail des enfants, c’est avant tout la poésie que cherche à mettre en avant la compagnie. On verra ainsi les Mômes, en quête de la mer et de la lune, se disputer, se réconcilier, s’organiser et créer un collectif.

Après les nombreux applaudissements de la part du public, les trois comédiennes lancent un jeu de questions-réponses entre la salle et les jeunes interprètes. “Il fallait tout donner, remarquent-elles à propos du travail des enfants, et ils l’ont fait !

J-C.L.

Créations avec les maternelles : l’éveil aux sensibilités artistiques

Pendant plus de deux mois, l’artiste Azzouz Seffari a travaillé à un projet de land art avec l’ensemble des maternelles du groupe scolaire Flora-Tristan, dans le cadre du programme “École dehors“, porté par plusieurs groupes scolaires de Vénissieux jusqu’en 2025. Ce projet vise à reconnecter les enfants avec la nature et leur faire découvrir l’environnement.
À la manière de Christo, qui a emballé l’arc de Triomphe, Azzouz a voulu faire de même avec le square situé en face de l’école. Une belle occasion d’initier les enfants de 2 à 4 ans à la peinture. Balais, écorces, branches d’arbres, empreintes furent autant d’outils que de manières de peindre, sans fixer de limites à la créativité.
L’objectif était ici de toucher le ciel, affirme-t-il en montrant les tissus peints en bleu à même le sol. Il fallait aller au-delà du dessin, donner goût à l’art aux enfants, avec une réalisation accessible.”
Ce projet pharaonique“, comme l’appelle avec humour Azzouz, fut une source de joie et de découverte pour les écoliers accompagnés par Aude et Élise, enseignantes en petite section dans cette école.
Et ce n’est pas tout : l’artiste a travaillé pendant trois mois sur le thème de la fragilité avec sept classes (petites et grandes sections) de l’école maternelle du Moulin-à-Vent. Un concept né d’une visite aux usines Fagor, lors de la dernière Biennale de l’art contemporain.
Enfin, avec six classes de petites et grandes sections de l’école maternelle du Charréard, Azzouz a fait réfléchir les enfants sur “la silhouette dans l’art contemporain“. De belles manières d’éveiller les sensibilités artistiques dès le plus jeune âge.

Jenna Boudaoud

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