Un plan pour moins d’écrans

Si les écrans offrent une véritable ouverture sur le monde, ils peuvent aussi être redoutablement addictifs. Afin de prendre les bonnes habitudes, 600 petits Vénissians participent à une action de prévention, mise en place par l’Atelier santé ville et les infirmières scolaires, en lien avec l’Éducation nationale.
Séance de prévention contre l’usage abusif des écrans, à l’école primaire de Parilly, dans une classe de CM1

Télévision, ordinateur, smartphone, tablette : les écrans sont partout, pour les grands comme les petits. Pourtant, il est impératif d’avoir un usage raisonné de ces outils, qui peuvent être addictifs.
C’est pourquoi un plan de prévention a été mis en place par l’Atelier santé ville (ASV), avec les infirmières scolaires et l’Éducation nationale. Il concerne les écoliers de 25 classes (CM1/CM2), réparties dans 9 groupes scolaires, soit environ 600 enfants. « Avec les confinements, le couvre-feu, les écrans ont pris de plus en plus de place dans le quotidien des enfants, explique Véronique Callut, adjointe en charge de la santé. Les infirmières et l’Atelier santé ville ont fait des propositions d’actions : les professeurs s’en sont saisis. »

« Ces ateliers permettent de rappeler certaines règles, ajoute Mathieu Audras (ASV), en charge de cette activité. Selon les réponses des enfants à un questionnaire, un sur deux déclare regarder un écran plus de trois heures lors d’une journée école, quatre sur cinq lors d’une journée de week-end, et un sur deux regarde un écran juste avant de se coucher. C’est pourquoi nous proposons quatre rencontres d’une heure en classe au cours desquels les écoliers débattent des avantages et des inconvénients des écrans, discutent autour de leurs pratiques, répondent à un quiz santé et se lancent un défi individuel, comme ne plus regarder pendant une semaine les écrans en mangeant ou avant de s’endormir. »

Difficile de viser le « zéro écran »

Illustration avec les écoliers de la classe de CM1 (B) du groupe scolaire Parilly, qui maîtrisent parfaitement tous les objets connectés. Quand on les interroge, tous reconnaissent leur attirance pour leurs écrans. Amaury, par exemple, regarde les informations avec ses parents tous les soirs. Le week-end, il joue sur sa console. « Mes parents trouvaient que je jouais beaucoup trop, j’ai été puni. Pas d’écran pendant une semaine ! »
À ses côtés, Oguzhan qui, après avoir regardé la télévision, joue sur sa tablette puis sur son ordinateur. Ahmet, lui, avoue avoir une préférence pour sa console. Shahyme, pour sa part, regarde des dessins animés et joue sur sa tablette. « Mais pendant les repas, aucun écran n’est autorisé, assure-t-elle. On déjeune tous ensemble en famille. Je n’ai jamais le droit de regarder un film lorsque j’ai école le lendemain. »

Il est difficile de viser le « zéro écran » dans l’éducation d’un enfant. L’important est que cet usage soit toujours encadré par un adulte. Des règles simples peuvent être appliquées. Pas d’écran le matin : c’est le moment de la journée où la concentration de l’enfant, nécessaire aux apprentissages, est la plus forte. Pas d’écran pendant les repas : ils doivent rester un moment où l’on échange en famille. Pas d’écran avant de s’endormir : les images animées et la lumière bleue des écrans retardent l’endormissement. Pas d’écran dans la chambre : les parents n’ont alors pas la possibilité de contrôler ce que l’enfant regarde ou le temps qu’il y passe.

« Avant l’âge de trois ans, l’écran est à bannir totalement, précise Mathieu Audras. Les parents installent leurs enfants devant par maladresse, par facilité ou encore par mésinformation. Seul face à un écran, le tout-petit est passif, il n’invente pas d’histoire, il ne développe pas son imagination. » Or, c’est par le jeu et l’interaction avec le monde qui l’entoure que l’enfant observe, manipule, expérimente, utilise ses cinq sens, et développe par là son langage et son intelligence. De nombreuses études alertent aujourd’hui sur les dangers de la surexposition aux écrans : retards dans l’acquisition du langage, troubles de l’attention et de la concentration, troubles du sommeil, risque d’échec scolaire, intégration sociale difficile, prise de poids, comportement agressif…

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