Débat d’orientation budgétaire : les investissements confortés

Le débat d’orientation budgétaire constituait le « gros morceau » du conseil municipal du 7 décembre. Si les recettes et les dépenses accusent une baisse en 2020, Vénissieux affiche la volonté d’accélérer sur les investissements durant les prochaines années du mandat en cours.

Faire plus pour les habitants, avec moins. C’est le défi auquel était confrontée l’équipe municipale, alors que le débat d’orientation budgétaire constituait le principal rapport à l’ordre du jour du conseil de ce 7 décembre.

Le tout, dans un contexte forcément difficile. Et il ne s’agit pas là uniquement du Covid-19 et de ses conséquences — bien réelles. « C’est une chape de plomb qui s’est abattue, ces dernières années, sur les collectivités locales, rappelait ainsi Michèle Picard, maire de Vénissieux, entre les baisses de dotation globale de fonctionnement, la contractualisation des dépenses de fonctionnement, la suppression de la taxe d’habitation, les transferts de compétences sans contreparties financières proportionnelles… »

Ainsi, s’agissant de l’année 2020, recettes et dépenses réelles de fonctionnement devraient baisser dans les mêmes proportions : -4 % pour les premières par rapport à 2019 (120,1 millions d’euros), et -3,9 % pour les secondes (86,5 millions d’euros). « Concernant la section d’investissement, les dépenses d’équipement devraient atteindre environ 11,8 millions d’euros sur 2020, soit un volume plus faible qu’en 2019 (12,5 millions d’euros), ce qui s’explique notamment par l’impact de la crise sanitaire, complétait Yolande Peytavin, première adjointe au maire de Vénissieux. […] L’endettement de la Ville continue de baisser en 2020 et devrait s’établir à 41,8 millions d’euros au 31 décembre. »

De 15 à 21 millions pour les investissements

Ce rapport a aussi constitué l’occasion pour l’équipe municipale de présenter ses orientations pour les prochaines années à Vénissieux. Et la Ville prévoit de consentir à « un effort considérable » en matière d’investissement. De 15 millions d’euros en moyenne par an lors du mandat précédent, cette ligne budgétaire devrait être portée, dès 2022, à 21 millions d’euros annuels. Et ce, grâce à l’amélioration du niveau d’autofinancement, aux subventions attendues par l’ANRU (notamment dans le cadre du NPNRU) et un « recours raisonné » à l’emprunt.

Il faut dire qu’à Vénissieux, les réalisations en cours, les études et les projets ne manquent pas. Citons, par exemple, la création de la garderie du matin, la requalification du square Ennemond-Romand, l’extension du groupe scolaire Jules-Guesde, la démolition-reconstruction du gymnase Jacques-Brel, les restructurations de la crèche Graine d’Eugénie et du centre social Roger-Vailland, la recomposition du groupe scolaire Léo-Lagrange, le nouveau groupe scolaire Charles-Perrault…

« Chaque euro dépensé doit servir tous les Vénissians, dans tous les quartiers, commentait Michèle Picard. […] Agir au plus près des attentes et du quotidien des habitants, améliorer toujours et encore le cadre de vie de notre ville, renforcer son attractivité et la diversité de ses équipements : ces trois lignes fortes suivent une seule et même direction, l’intérêt général. »


Réactions

Pierre-Alain Millet, groupe des élus communistes et apparentés (majorité)

N’en déplaise aux critiques répétées des oppositions qui ne connaissent que la polémique stérile, nous avons une situation financière saine et maîtrisée. La nouvelle équipe d’adjoints a travaillé avec le maire pour traduire nos 150 engagements en projets. Les premiers engagements se mettent en place, et notre débat d’orientation s’inscrit dans une planification des investissements qui nous permet de tenir l’ensemble de ces engagements. Cela représente 40 millions de plus dans une programmation qui dépassera 120 millions sur le mandat.

Idir Boumertit, La France insoumise (majorité)

Nous voulons retenir du débat que ce budget est celui de la poursuite du combat contre la paupérisation de nos administrés et pour la préparation de l’avenir par le renforcement de nos investissements. Ces points sont essentiels car l’action publique que nous portons doit corriger les inégalités sociales produites par le système et réduire les conséquences environnementales. C’est pourquoi nous apporterons notre soutien aux investissements écologiquement responsables et aux investissements qui anticipent les évolutions démographiques.

Estelle Jellad, Nous Vénissieux (opposition)

Nous avions prévu dans notre programme électoral de baisser significativement la taxe foncière. Baisser les impôts locaux, c’était inciter les classes moyennes à venir s’installer à Vénissieux, c’était changer l’image de la ville, c’était rompre avec ce cercle infernal de la misère qui appelle la misère… Vous ne prévoyez pas une telle baisse des impôts locaux. Nous le regrettons, pour l’ensemble des Vénissians et plus particulièrement pour les habitants des Minguettes qui vont continuer à porter l’image d’un quartier de misère.

Lotfi Ben Khelifa, Ensemble pour Vénissieux (opposition)

Vous préférez courir après le label « ville la mieux gérée de France » pendant que les bâtiments publics et surtout nos écoles et nos gymnases sont en décrépitude. […] Cette crise sanitaire était une opportunité pour les maires courageux et audacieux de faire sauter ce plafond qu’est la contractualisation avec l’État, c’est votre prétexte pour ne pas investir. Vous êtes le doigt sur la couture du pantalon devant l’État, alors que d’autres maires et présidents de collectivité ont fait sauter cette contractualisation.

Christophe Girard, La République partout pour tous (opposition)

La grande absente de ce débat d’orientation est la sécurité. Le dernier rapport de la Cour des comptes sur les quartiers qui ont bénéficié du programme national de rénovation urbaine évoque de façon très nette que l’image de notre ville est « ternie par les problèmes de sécurité ». Les Vénissians ont besoin d’une police municipale efficace, qui soit en nombre suffisant, qui soit formée et correctement équipée. Elle doit être armée. […] Nous vous demandons solennellement ce soir de remédier à ce manque crucial.

Maurice Iacovella, Vénissieux pluriel (opposition)

Nous constatons que ce rapport ne fait aucune mention d’actions spécifiques d’accompagnement de la crise dans laquelle nous sommes et qui pourrait se prolonger au-delà de 2021. Le cadre de vie des Vénissians se dégrade graduellement par manque d’investissement. […] C’est aujourd’hui qu’il faut investir pour augmenter la cohésion sociale de notre ville, amplifier les conditions d’accueil des futurs candidats à l’installation à Vénissieux tout en favorisant la relance de l’économie. Il faudrait être plus ambitieux.

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