CPTS : « La gestion de l’épidémie a créé des liens entre professionnels »

Tournée Covid, téléconsultation, tests PCR, organisation de formations, la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) est sur tous les fronts. Rencontre avec l’ensemble de l’équipe dans ses nouveaux locaux.
Pour vous, la rentrée a donc été synonyme de nouveaux locaux…

Myriam Nauche, directrice : Exactement. Le 17 septembre, la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) a intégré de nouveaux locaux, avenue Albert-Einstein. Depuis notre création, en septembre 2019, nous étions installés au-dessus du laboratoire d’analyse médicale du centre, rue Gambetta. Nous y avons été très bien accueillis. Mais ce lieu est plus adapté à nos besoins. D’une surface de 70 m2, il nous permet d’avoir deux bureaux, une grande salle et une petite cuisine.

De vrais liens, grâce à la CPTS, se sont créés entre les soignants de Vénissieux ?

M.N. : Oui, nous travaillons en équipe depuis sa création. L’épidémie a tissé des liens. Nous étions tous dans le même bateau avec un seul objectif, aider les personnes malades et le personnel soignant. Il a fallu tout inventer. En mars, nous manquions de tout : surblouses, sur-chaussures, visières, charlottes, gants, lunettes… Nous avons lancé un appel aux dons, et avons été entendus par certaines grande entreprises.

L’objectif de la CPTS a également été de mettre en place, au plus vite, une tournée Covid. Pouvez-vous nous en parler ?

Laetitia Bouillod, présidente : Des infirmiers libéraux se sont portés volontaires. Pendant leur jours de repos, ils ont prodigué des soins à des personnes touchées par la maladie, mais dont l’état ne nécessitait pas (ou plus) d’hospitalisation Ils étaient traités en dehors des tournées classiques. Cette tournée avait été complétée par une autre tournée Covid dans les Ehpad (notamment à La Solidage ou aux Tulipiers). Ce qui a évité de surcharger les hôpitaux du secteur. La CPTS a également organisé une formation à la téléconsultation.

Autre étape importante, la formation aux tests PCR ?

L.B. : Depuis le début du mois de mai, des infirmiers libéraux vénissians sont formés aux tests PCR. Cette formation a eu lieu au laboratoire des Portes du sud et au laboratoire Dyomedea, via la CPTS. Le test PCR nécessite un geste particulier, qui doit être effectué avec une précision maximum. Il faut également respecter certaines consignes pour la gestion des sachets. Autant d’éléments qui ne s’improvisent pas. Les infirmiers ont donc été pris en charge deux par deux par les biologistes, à raison d’une heure et demie de formation à chaque fois. Aujourd’hui, ce sont les infirmiers qui forment à leur tour des pharmaciens aux tests antigéniques.

Quel est le rôle du référent social ?

M.N. : C’est un soutien logistique qui n’a pas de prix. Nous avons par exemple été alerté par des pharmaciens, dont certaines patientes s’interrogeaient sur l’IVG. Nicole, notre référente, a fait tout un travail d’information sur cette question, destiné aux professionnels. Elle a aussi expliqué les aides réservées à ceux qui ne pouvaient plus travailler durant la première vague.

La CPTS organise t-elle des formations ?

M.N. : Oui. La prochaine est programmée le 17 décembre (à 19 h 30 en vision conférence), et est ouverte aux kinésithérapeutes. Pour avoir des informations il suffit de nous contacter au 06 17 37 99 47.

Comment gérez-vous cette seconde vague de Covid-19 ?

 L.B. : Nous étions plus prêts que nous ne l’étions pour affronter la première vague. Concernant le vaccin, il faudra informer les Vénissians. Tout sera fait pour que cette campagne se déroule dans de bonnes conditions. Son succès viendra des professionnels de terrain. La mairie est à notre écoute, et c’est important.

Mais en attendant, on compte sur la responsabilité collective et personnelle. Tout repose sur l’application des gestes barrières et sur l’utilisation des masques. On a tous envie de sortir de cette crise. Pour les fêtes, faisons attention, ne nous réunissons pas en grand nombre… Sinon, nous aurons une troisième vague qui débutera entre fin janvier et début février.


Plus d’infos

La Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Vénissieux – la première du genre en France – a vu le jour le 24 septembre 2019. Elle rassemble actuellement plus de 120 professionnels de santé libéraux : 25 médecins généralistes, 59 infirmiers, 17 pharmaciens, 9 masseurs-kinésithérapeutes, 1 podologue, 7 médecins spécialistes, 2 orthophonistes, 1 laboratoire d’analyses, 1 sage-femme, regroupés au sein de l’association Interpro Santé Vénissieux.

Les CPTS ont pour rôle de coordonner les professionnels de santé d’un même territoire qui souhaitent s’organiser autour d’un projet de santé adapté aux problématiques de ce territoire : organisation des soins non programmés, coordination ville-hôpital, attractivité médicale du territoire, coopération entre médecins et infirmiers pour le maintien à domicile… Elles collaborent notamment avec les structures médico-sociales, le service de soins infirmiers d’aide à domicile, les résidences de personnes âgées, les services d’aides à domicile ou encore les établissements hospitaliers de proximité.

 L’équipe de la CPTS de Vénissieux

Myriam Nauche : directrice. Sylvie Muscedere et Salima Dardouri, infirmières coordinatrices, Camille Dionizio: secrétaire. Nicole Dugast, référente sociale, Julien Thevenet : chef de projet.

Le bureau : Laetitia Bouillaud, présidente, Pascal Dureau secrétaire général, Patrick Cabrol, trésorier. Chaque profession médicale y dispose d’un représentant.

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