Mobilité : la petite reine a passé le grand braquet

Sur tout le territoire de la Métropole, la pratique du vélo est en augmentation sensible. Une tendance qui se vérifie à Vénissieux, où l’association Janus croule sous les demandes.

Bon à savoir
L’État propose une aide de 50 euros pour la réparation et la reprise en main de votre vélo pour les particuliers. Plus d’informations sur coupdepoucevelo.fr Pour sa part, la Métropole de Lyon accorde à ses habitants une aide de 500 euros maximum pour l’achat d’un vélo à assistance électrique, d’un vélo pliant ou d’un vélo-cargo. Conditions sur grandlyon.com

« On vient de basculer vers autre chose, c’est certain ». Rodrigue Yao Ogoubi, le président de l’association Janus France — qui milite pour développer le vélo comme moyen de transport — est formel. La pratique du vélo a passé le grand braquet, nationalement, régionalement et même localement. « Les demandes de réparation ou de remise en état des vélos ont littéralement explosé au niveau de notre association, notamment grâce à la prime de 50 euros du gouvernement (lire ci-contre). Depuis la mi-mai, nous avons recensé plus de 150 appels, contre à peine une dizaine à la même période l’an dernier. Nous avons pris des rendez-vous jusqu’à début août ! ». Et de préciser qu’environ 70 % de ces demandes concernent des vélos destinés aux trajets domicile travail. Les raisons de cet engouement soudain ? « Clairement, le vélo est perçu comme un geste barrière contre le Covid-19. Mais les politiques publiques vont aussi dans le bon sens, notamment avec cette aide de 50 euros. »

À quelques kilomètres de Vénissieux, le magasin Décathlon de Bron constate le même phénomène. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les rayons cycle sont quasi-vides, littéralement pris d’assaut, alors que plusieurs pancartes indiquent dès l’entrée du magasin que les stocks sont inhabituellement bas et les délais de livraison (sur place ou par internet) rallongés. « Depuis le déconfinement, plusieurs rayons sont fortement sollicités, comme le rayon cycle, confirme un porte-parole du magasin. Tous les types de vélos sont concernés, avec une préférence pour les VTT adultes et juniors, puis les vélos tous chemins, polyvalents, les vélos à assistance électrique et les accessoires de sécurité (casques, antivols, etc.). » Les ateliers sont aussi fortement sollicités, nous indique-t-on, principalement pour des changements de chambres à air, de câble ou de patins de freins ou des révisions complètes. « Une telle affluence est liée à la prime de 50 euros, au beau temps, à la crainte de prendre les transports en communs et aux ponts du mois, poursuit notre interlocuteur. Les aménagements de pistes cyclables temporaires ont également donné envie à beaucoup de Français d’enfourcher leur vélo pour aller travailler, faire des courses ou simplement se promener. »

85 km de pistes cyclables supplémentaires ?
C’est que, côté Grand Lyon, on semble avoir pris la mesure des enjeux. Début mai, la Métropole avait présenté son « plan d’urbanisme tactique », une stratégie de déconfinement qui fait la part belle au vélo et à la marche, au détriment de la voiture. Doté d’un budget de 5 millions d’euros, il prévoyait alors d’ajouter pour la rentrée de septembre 77 km de pistes cyclables au réseau actuel qui en compte un petit millier. Et ce, malgré le « manque de personnel » et « le peu de temps disponible pour réfléchir et réaliser les aménagements ». De nouvelles pistes cyclables sont d’ailleurs prévues pour Vénissieux : rue Professeur-Roux (2,1 km, prévue initialement pour le 11 mai, toujours en attente), boulevard Yves-Farges (1,6 km, prévu pour début juillet) et boulevard Pinel (0,8 km, début juillet).

Le 5 juin, le président de la Métropole, David Kimelfeld, a présenté un premier point d’étape. On en retiendra que le nombre de km de pistes cyclables pourrait finalement être porté à 85 au lieu de 77, que la prime de 500 euros pour les vélos à assistance électrique sera maintenue, ainsi que l’objectif de 3 000 places pour les vélos. Ce jour-là, les déplacements, dans leur ensemble, avaient repris à 80 % de la normale (contre 95 % pour la voiture individuelle et 50 % pour les transports en commun). Mais le vélo affichait déjà une progression de 140 %, avec un comptage de 300 000 passages de vélos par jour.

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