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Lecture poétique : les sœurs d’armes d’Émilie Turmel

Pour le dernier jour d’Essenti'[elles] et le premier du Magnifique printemps, la poétesse Émilie Turmel est arrivée du Canada pour des lectures de son recueil Casse-gueules à la médiathèque Lucie-Aubrac

L’une des étapes du festival Essenti'[elles], qui coïncida également avec le lancement du Magnifique printemps orchestré dans la région par les Vénissians de l’Espace Pandora, fut la venue à la médiathèque Lucie-Aubrac, ce 7 mars, de la poétesse canadienne Émilie Turmel. Venue spécialement de Moncton — dans le Nouveau-Brunswick, une province située à l’est du Québec — à l’occasion des deux manifestations, Émilie a obtenu l’an dernier le prix René-Leynaud à Lyon pour son recueil Casse-gueules.

Elle expliqua qu’elle allait lire des extraits de son livre mais aussi faire entendre « les voix qui m’ont inspirée et dont je me nourrissais en écrivant. Ce que je vais lire est un métissage entre ma voix et leurs voix ».

Elle précise encore que le casse-gueule, aussi appelé jawbreaker, est un bonbon très dur fait de couches successives de sucre. Son recueil du même nom, quant à lui, est « comme un bonbon qui fond ».

Émilie ajoute : « La dernière partie de Casse-gueules est composée de poèmes que j’adresse à des femmes qui, pour la plupart, ont disparu tragiquement, certaines suicidées. »

Suivent alors des textes forts, ayant inspiré à Émilie d’autres textes tout aussi beaux et forts. Ils sont signés par ses « sœurs d’armes » : l’Américaine Anne Sexton, suicidée en 1974 par les gaz d’échappement de sa voiture ; Sylvia Plath, autre Américaine, suicidée en 1963 la tête dans le four ; Huguette Gaulin qui, en 1972, s’est immolée par le feu ; Nelly Arcan qui s’est suicidée par pendaison en 2009 ; Josée Yvon, morte du sida en 1994. Heureusement, quelques-unes sont toujours de ce monde : Carole David, Nicole Brossard et Martine Delvaux.

« J’ai commencé à écrire de la poésie pour l’oralité, commente encore Émilie Turmel. C’était quand j’étais en maîtrise, ici on dit le master. Avec des amis, on écrivait en vue de dire nos poèmes. Nous utilisions des thématiques communes mais je remarquais que, chaque fois que je me positionnais, c’était en tant que femme. J’ai regroupé des bribes de ces poèmes pour Casse-gueules et j’ai cherché un fil conducteur autour de mes colères et mes doutes. Il en est ressorti une famille littéraire, d’où je viens. »

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