Maïté Marra au musée d’art contemporain de Lyon : à corps perdus

Née à Vénissieux, Maïté Marra est accueillie en résidence au musée d’art contemporain de Lyon pour une exposition visible jusqu’au 27 mai. Où elle présente le film « Cartographie d’une violence avec corps et mots ». Impressionnant !

Dans un beau décor filmé à La Doua (l’herbier du prince Bonaparte), une jeune femme démonte la représentation en bois d’une cerise, en parlant des violences dont elle a été victime dans le cadre de son travail. Puis, la caméra la suit dans le dédale des couloirs vides du musée d’art contemporain de Lyon, accompagnée par la musique d’Elvire Falque et son piano préparé — sur les cordes duquel ont été placés divers objets qui en modifient le son. Réalisé par Maïté Marra, « Cartographie d’une violence avec corps et mots » est montré au musée d’art contemporain de Lyon jusqu’au 27 mai, dans le cadre de la résidence de l’artiste.

Née à Vénissieux, Maïté a vécu à Four, dans le Nord-Isère, et est installée à présent à Villeurbanne. « Après un bac L Art et Cinéma, je suis partie au Canada où j’ai pratiqué la photographie avec Jean-François Bérubé. J’ai fait pendant un an l’équivalent d’un BTS à Montréal puis une prépa aux Beaux-Arts à Beaune. Ensuite, j’ai suivi pendant cinq ans le cursus des Beaux-Arts de Lyon, avec une césure en 2015-2016 à Bruxelles, à l’école nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, en céramique. »

Maïté est accueillie ensuite en résidence à la Villa Médicis à Rome, dans le cadre d’une bourse. « J’avais présenté un projet de photographies de sculptures de la villa avec un scanner. Les images étaient prises par contact avec la vitre. Il y avait une relation très sensuelle à l’objet, transgressive aussi. »

Peut-on faire de l’art avec du réel ?

Les images en gros plans de la statue de Narcisse sont filmées en une série de fondus enchaînés, l’acheminant curieusement vers une abstraction suggestive. Maïté montre ce film à un ami qui l’encourage à continuer. En septembre 2017, elle reçoit le prix de la Fondation Renaud pour « Mouvement 600 dpi ».

Le film que Maïté présente au mac, « Cartographie d’une violence avec corps et mots », part d’un témoignage, celui d’une infirmière psychiatrique agressée sur son lieu de travail. « Que peut-on faire d’une réalité ?, se questionne Maïté. Elle me touche quand je l’entends et je décide de l’enregistrer. Quant à la frontalité d’une personne face caméra, qu’en garde-t-on ? L’image ? La voix ? Peut-on faire de l’art avec du réel ? Il faut aussi maintenir la dureté du propos quand il est impossible pour moi d’être dans la restitution. L’émotion est plus un point de départ que d’arrivée. »

Maïté choisit de faire dire le texte à une comédienne et de filmer dans l’herbier et le mac, des lieux qui n’ont rien à voir avec l’histoire racontée et qui la rendent d’autant plus forte, grâce aussi à la musique d’Elvira Falque. À découvrir de toute urgence !

Maïté Marra au macLYON jusqu’au 27 mai. Vernissage le 8 mars à 18h30.
Et à l’expo collective des Enfants du sabbat, à Thiers, jusqu’au 16 septembre.

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