« Avec le Grand Rendez-Vous, il s’agit aussi de montrer que Vénissieux reste ambitieuse »

Du 4 au 7 octobre, la Ville organise son Grand Rendez-Vous, traditionnel point d’étape de mi-mandat. Mais plus qu’un simple bilan, il s’agit aussi pour le maire, Michèle Picard, de dire que Vénissieux ne baisse pas les bras. Malgré un contexte budgétaire toujours plus tendu.

Avec les décisions en rafale annoncées cet été par Emmanuel Macron, l’avenir des communes n’a jamais semblé aussi fragile. Dans un tel climat d’incertitudes, quel est le sens d’une manifestation qui projette la ville à l’horizon 2030 ?

Michèle Picard : Le Grand Rendez-Vous, c’est d’abord l’occasion de faire le bilan de l’action menée depuis 2014. Et ce bilan est bon. Beaucoup de choses ont avancé. Je ne vais pas être exhaustive, mais on peut citer la construction de l’école Flora-Tristan, la cuisine centrale dont nous allons poser la première pierre, le forum contre les addictions, l’accueil de jour paramédical dans nos résidences de personnes âges, la charte de coopération avec les entreprises, bientôt la relocalisation de la Mission locale…
Ces quatre jours de rencontre à la salle Joliot-Curie, c’est aussi pour valoriser l’action de nos services publics, présenter tout ce qui est fait au quotidien en direction de la population.
Et pour faire tout cela, on se doute bien qu’il faut de l’argent, des dotations. Or comme vous l’avez rappelé, nous en avons de moins en moins. Mais nous n’avons pas prévu un débat spécifique sur les finances publiques. Il s’agit plutôt, dans un esprit pédagogique, de montrer combien les missions remplies par les fonctionnaires sont importantes, de souligner la qualité et le caractère indispensable de nos services publics de proximité.

On peut donc parler de volontarisme à travers ce Grand Rendez-Vous. Mais face aux réalités budgétaires, est-ce que la Ville ne risque pas d’être confrontée à des choix douloureux ?

Il y a déjà eu des choix douloureux. Quand on supprime 25 postes de fonctionnaires par an, quand on réduit l’enveloppe globale des subventions, ce n’est pas de gaieté de cœur. Des choix douloureux, nous sommes de plus en plus contraints d’en faire. Il faut se dire les choses franchement. Par exemple, dans l’organisation de la future cuisine centrale, nous avons renoncé à reprendre le portage des repas aux personnes âgées. Si on l’avait fait, la facture du projet d’architecture aurait grimpé de 500 000 euros. C’était impossible. Pourtant au départ nous voulions le faire. Mais entre-temps le nombre de repas scolaires a fortement augmenté. Il fallait choisir. Ce n’est pas facile, mais c’est une réalité.
Et de ce point de vue, le Grand Rendez-Vous est une belle vitrine pour rappeler l’importance de nos services publics, pour rappeler qu’on ne crée pas des postes de fonctionnaires pour le plaisir, mais pour remplir des missions essentielles à la population.
Pour l’instant, on est arrivé à s’en sortir. Sous Hollande, on a perdu 6,2 millions d’euros par an. Avec Macron, on va sans doute perdre encore davantage. L’État nous contraint progressivement à devenir de purs gestionnaires. Or ce n’est pas la conception que j’ai du rôle d’élu local.
Le Grand Rendez-Vous, c’est donc aussi une façon de dire qu’on ne baisse pas les bras, que Vénissieux reste ambitieuse dans son action politique et dans ses projets.

S’il fallait ressortir un thème de ce Grand Rendez-Vous, quel serait-il ?

Je ne sais pas répondre à cette question car je considère qu’il n’y a pas de petits sujets. Je vois la ville comme un puzzle où toutes les pièces ont leur importance. La question de la restauration scolaire par exemple est étroitement liée à celle de la santé publique.
L’éducation et le développement de la ville restent évidemment des fils rouges parce qu’ils dessinent la ville à l’horizon 2030. Mais se limiter à ces thèmes aurait été une erreur. C’est pourquoi lors de ce Grand Rendez-Vous il y aura des sujets qu’on n’avait pas forcément abordés lors des précédentes éditions. Une soirée spécifique sera ainsi consacrée aux conseils de quartier pour lancer les prochaines élections des délégués.
Il y aura également une soirée sécurité que nous avons voulu très concrète. Il nous tenait à cœur de permettre aux habitants de rencontrer les acteurs de la sécurité : la commissaire, le procureur de la République, le directeur départemental de la police. À Vénissieux, les chiffres de la délinquance s’améliorent, mais la population ne le ressent pas forcément. Le temps de l’urgence de l’habitant n’est pas celui de l’enquête policière, ni de la justice. Il faut dire les choses. Je suis convaincue que l’habitant peut tout entendre à partir du moment où on lui explique.

 

 

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