Législatives, premier tour : réactions de candidats

Réactions recueillies par Expressions ce lundi 12 juin 2017. Dossier complet dans l’édition « papier » du 14 juin.

Yves Blein (La République en marche)
« Nous sommes mobilisés pour le second tour avec, comme seul slogan, « la République, c’est nous ». Il est inimaginable que notre circonscription soit prise par le Front national. Elle ne le sera pas, les Français vont donner une majorité au président Macron. Mais il faut que le score du FN soit le plus faible possible, car avec eux c’est la catastrophe assurée, la division, le rejet. J’appelle donc les électeurs à montrer leur attachement aux valeurs républicaines, à cette République qui est la plus belle chose qui nous réunisse. Par ce vote, il s’agit de dire « on y tient », comme au lendemain des attentats. L’abstention est très forte dans les circonscriptions populaires comme la nôtre. Les citoyens se sentent exclus, pas assez pris en compte, et expriment un sentiment de délaissement qui doit tous nous interroger. »

Michèle Picard (Parti communiste français)
« Le niveau de l’abstention illustre le désaveu et la défiance à l’égard des politiques menées depuis plus de 30 ans. Tout semble fait pour éloigner le citoyen des urnes. Le passage au quinquennat et la présidentialisation de la vie politique, avec des législatives inscrites dans la foulée des présidentielles, accentuent le désintérêt des Français. Ces périls sont graves pour notre pays, nos institutions et nos libertés. L’éclatement des forces de gauche permet au candidat d’Emmanuel Macron de se hisser au second tour avec, en perspective, l’accélération des politiques libérales dévastatrices pour notre pays et nos concitoyens. Comme pour la présidentielle, la gauche est absente du 2e tour et le choix se limite entre un candidat du libéralisme et un candidat de l’extrême droite, sur lequel aucune voix ne doit se porter. »

Damien Monchau (Front National)
« D’un côté, les résultats nationaux et départementaux déçoivent l’espoir d’une véritable force d’opposition. Le matraquage médiatique qui n’a cessé de prophétiser une réussite inéluctable d’En marche a causé une démobilisation excessive de notre électorat. D’un autre côté, dans la circonscription, le camp patriote est au second tour. C’est dire si le désir de modernité et le bon sens sont ancrés. L’enjeu est clair, il s’agit de remobiliser pour contrer l’hégémonie macroniste. Je m’adresse aux 20 000 électeurs de notre circonscription qui se sont opposés à Macron lors des Présidentielles. Je n’imagine pas les Insoumis et les communistes donner leurs voix à M. Blein, vallsiste reconverti in extremis en macroniste. J’appelle les électeurs de Marine Le Pen à la Présidentielle, ainsi que ceux qui se sentent trahis par leurs élus qui rejoignent Macron, à se porter sur ma candidature. »

Benjamin Nivard (La France insoumise)
« Passé la petite déception de n’être pas allés plus loin que le premier tour, nous sommes fiers d’avoir porté le programme de l’Avenir en commun à ce niveau, pour notre première participation. On nous a pourtant rabâché que nous allions échouer car nous étions inconnus, sans ancrage, avec peu de temps et de moyens ! Les électeurs ont compris qu’il y avait un enjeu national, pas seulement local. Pas assez d’électeurs, hélas. Une fois la présidentielle passée, les gens se sont démobilisés, convaincus que tout était joué. Ce sera à nous de faire revenir aux urnes les gens qui ont perdu l’habitude d’y aller, car l’abstention et le vote FN arrangent les autres candidats, qui s’en servent pour être élus par défaut. Nous allons maintenant travailler à notre implantation locale sur le long terme, fédérer les luttes sociales. »

Maurice Iacovella (UDI – LR)
« Le renouveau tant annoncé depuis des mois n’a pas eu lieu sur notre circonscription. Pour le second tour, nous sommes plutôt sur une opération de recyclage puisque nous assistons à une réédition de 2012, Yves Blein contre le représentant du Front National, l’immobilisme opportuniste, aux promesses non tenues, contre le populisme xénophobe, au programme économique irresponsable. Démocrate indépendant, je me suis toujours battu pour une France ouverte et forte dans une Europe réorganisée et efficace. Aussi je ne pourrai me résoudre à voter Front National le 18 juin. »

Adrien Drioli (Parti socialiste)
« La gauche divisée recueille plus de 32,5 % sur la circonscription. Au total, La République en marche perd 13 % de voix par rapport au score d’Emmanuel Macron au 1er tour des présidentielles. Le candidat Yves Blein ne représente que 12,74 % des électeurs de la 14e circonscription. Mais j’appelle très clairement à battre le candidat de l’extrême droite en votant pour celui de La République en marche, pour réaliser le barrage républicain utile à la préservation de nos libertés fondamentales, nécessaire à la survie de notre République. »

Véronique Giromagny (Europe Écologie – Les Verts)
« La gauche sera absente du 2nd tour et chacune de ses composantes porte une part de la responsabilité de cet échec. Nous devons faire barrage au candidat du FN, mais nous ne donnons pas pour autant un blanc-seing au candidat de La République en marche. Au sein d’une assemblée sans diversité, « Blein bonnet et bonnet Blein » va continuer à mener des politiques libérales qui ne sont pas à la hauteur des défis sociaux, écologiques et climatiques auxquels nous sommes confrontés. »

Franck Muller (Debout la France)
« Notre mouvement réalise un score nettement inférieur à nos espérances, les électeurs ayant préféré voter M. Blein, héritier d’un quinquennat désastreux, décrié par les habitants mais qui veulent se rallier tout de même à un homme opportuniste qui va continuer de les trahir. Au vu de la volonté affichée par le gouvernement de mener une politique dans la continuité de celle du système PS – LR, nous appelons à faire barrage à M. Macron et à son candidat, Yves Blein, celui qui a tourné sa veste, qui ment aux citoyens. »

Marie-Christine Seemann (Lutte ouvrière)
« Le 2e tour verra face à face un candidat FN qui distille ses idées empoisonnées de division des travailleurs pour les affaiblir face aux attaques du patronat, et un ex-PS qui a soutenu la politique anti-ouvrière de Hollande et s’apprête à soutenir Macron, qui a déjà déclaré la guerre aux travailleurs avec ses mesures annoncées. Les travailleurs n’ont rien à attendre d’eux. Pour mettre fin aux attaques du patronat et du gouvernement qui lui est tout dévoué, le seul choix, c’est celui des luttes collectives. Les résultats de LO, bien que modestes, montrent que le courant que nous représentons pour faire entendre le camp des travailleurs représente un espoir pour les luttes futures, qui devront se situer sur le terrain de classe des travailleurs. »

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