La détresse des familles syriennes réfugiées

Demandeurs d'asile près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 24 août 2015
Demandeurs d’asile près de la frontière entre la Grèce et la Macédoine, le 24 août 2015 (source Wikipédia)

Depuis cinq ans, la Syrie est plongée dans une guerre effroyable. Ils sont près de cinq millions à avoir fui leur pays. Parmi eux, certains ont choisi de demander l’asile en France et de tenter de se construire un avenir loin de la guerre. C’est le cas de Tarek, Khaled, Hussein, Sami, Nejla et d’une vingtaine d’autres personnes. Venus de Damas et d’ailleurs, ils vivent aujourd’hui dans un hôtel de Vénissieux, après plusieurs années d’errance à travers l’Europe. Sans aucune aide financière, ces familles syriennes réfugiées survivent grâce à l’aide précieuse d’associations comme ASP (Aider son prochain), qui les soutient activement. Pendant la période du Ramadan ses bénévoles vénissians leur apportent des repas chaque dimanche soir. Le reste du temps, elles dépendent de la générosité publique…

Le voyage de Tarek

Tarek, 26 ans, est hanté en permanence par son périple en Méditerranée. Il assure que « jamais plus » il ne referait un tel voyage. « J’habitais au nord de la Syrie. Une fois passée la frontière turque nous avons rejoint une île grecque sur un bateau gonflable de trois mètres de long dans lequel nous nous entassions à 45 personnes. Nous avons navigué pendant plusieurs heures, la peur au ventre sans savoir si nous allions atteindre l’Europe. » Ensuite, les pays et les villes se succèdent : Hongrie, Autriche où leur train est accueilli à Vienne par une grande fête, puis Allemagne à Munich et Aix-la-Chapelle, Belgique, et enfin la France. À Paris, où il reste six mois, puis à Lyon et à Vénissieux. Plus d’un an et demi d’errance. « Je ne pouvais plus vivre dans mon pays en guerre. Ce qui m’a décidé à partir ? La faim. La faim, et une peur insupportables. Ou je mourrais là-bas, ou je décidais de continuer à vivre en quittant mon pays. » Tarek a déboursé 3 500 euros pour arriver jusqu’ici. « Seuls les gens qui ont les moyens peuvent partir de Syrie, les autres sont contraints de rester dans la guerre. » Depuis un an et un mois en France, Tarek veut travailler. « J’installais des antennes dans mon pays. Pourquoi pas ici ? » Le jeune homme espère toujours que la Syrie redevienne comme avant. Mais il n’y retournera pas. « Nous voulons commencer une nouvelle vie ici. Je veux rester, apprendre le français et reprendre des études. » Ce qu’il souhaite au plus profond de lui : recevoir des nouvelles de sa fille de 2 ans restée en Syrie avec sa maman dont il est divorcé.

Quel avenir dans un pays en guerre ?

Petite blondinette aux yeux très clairs, Zineb, 10 ans, souhaite intervenir. « Dans mon pays l’école est obligatoire à partir de six ans, il n’y a pas de Maternelle comme ici. Avec la guerre je n’ai jamais pu y aller. En France je ne vais pas à l’école. J’aimerais bien y aller, mais comment faire ? » Zineb occupe ses journées comme elle peut. « Je joue avec les plus jeunes au ballon. J’aime bien ! » Nejla, mère de quatre enfants (14, 15, 16, et 18 ans) et grand-mère d’un petit garçon de 7 mois témoigne à son tour. « On a tout vendu en Syrie pour fuir, raconte-t-elle en larmes. Je m’occupais de mes enfants, mon mari était dentiste, j’avais une maison. La peur, la souffrance, nous ont fait partir. Nous savons que ce sera difficile, mais quel avenir avons-nous dans un pays en guerre ? » Originaires de Lattaquié, toute la famille a pris l’avion jusqu’en Algérie. « Nous y avons vécu 6 mois. » Puis c’est l’énumération des pays d’exil : « un an et deux mois au Maroc. Deux mois et demi en Espagne, où ma fille de 18 ans a accouché de son fils. Quatre mois en Belgique. Et enfin Lyon depuis avril. Nous souhaitons tous un logement pour vivre dignement, tout simplement. »

 

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