L’auto-école sociale : embrayer vers l’emploi

L’auto-école sociale

“Le permis, j’en ai vraiment besoin. J’ai trouvé un travail à Saint-Priest, mais il faut que mon mari m’emmène le matin, et, au retour, des collègues me déposent à un arrêt de bus. Bref, je galère et je ne suis pas autonome.” Comme Nadia, une centaine d’adultes bénéficient d’une prise en charge pour préparer le permis de conduire au sein de l’auto-école sociale. Portée par l’association d’insertion “Innovation et développement” située à Saint-Fons, cette structure est soutenue par l’État, la Région, le Plan intercommunal pour l’insertion et l’emploi “Uni-Est” et plusieurs communes, dont celle de Vénissieux. Le conseil municipal du 14 mars a voté une subvention de 10 000 euros à cette action pour 2016, un soutien qui permet à l’association de financer 30 places par an pour les Vénissians.

“Notre mission est de favoriser l’insertion grâce à l’obtention du permis, explique Pierre Laplace, coordonnateur de l’auto-école sociale. Mais nous nous adressons à des personnes qui ont besoin d’une pédagogie adaptée pour l’obtenir.” Une approche nécessaire pour surmonter des problèmes de compréhension en français, des difficultés à gérer le stress ou un éloignement prolongé de la vie active. “Nous avons par exemple beaucoup de femmes d’une quarantaine d’années, élevant seules leurs enfants, qui n’ont jamais travaillé et qui ont un besoin urgent du permis pour avoir un emploi, précise Pierre Laplace. Sans une pédagogie adaptée, ce serait très difficile.” Pas si simple, en effet, de comprendre la différence entre “chevaucher” et “franchir” la ligne blanche ou d’entrer dans la logique de “l’éco-conduite”.

Par exemple quand on est arrivé du Kosovo en 2008, comme Arben. “J’ai eu mon permis là-bas en 1992, mais il n’est pas valable en France. La conduite ne devrait pas me poser de difficultés, mais j’ai du mal avec les mots utilisés dans les épreuves du code de la route. Je m’applique, parce que sans permis B, pas de boulot !”

Les candidats sont obligatoirement présentés par des organismes ou des associations tels que Pôle emploi ou la Mission locale. Une commission étudie les dossiers présentés chaque trimestre, sur la base de critères tels qu’un projet professionnel solide, une difficulté objective à obtenir le permis dans le secteur traditionnel… Une évaluation permet enfin de poser un diagnostic sur les chances de réussite. Un dispositif qui fait ses preuves, puisqu’au bout de 50 heures de cours en moyenne, 80 % des candidats obtiennent le code et 50 % la conduite, contre respectivement 70 % et 40 % dans le secteur marchand.

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