CFAL : Fracture et Parfer s’en remettent à Ségolène Royal

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“Le préfet est autiste sur ce dossier, notre seul espoir désormais est d’obtenir un rendez-vous avec la ministre de l’Écologie et du développement durable, Ségolène Royal. » Les responsables d’associations de riverains réunis au sein du collectif Fracture et les élus de Parfer (gauche et droite confondues) ont parlé d’une même voix le 5 janvier. Côte à côte, au club de la presse de Lyon, ils ont réaffirmé avec force leur opposition au tracé retenu par l’État pour la réalisation de la partie sud du Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL). Dans la foulée, les militants de Fracture sont même allés sous les fenêtres du préfet Carenco, brûler les dossiers de la consultation préalable ouverte le 6 octobre dernier.

Fracture et Parfer reprochent au tracé choisi en 2009 de traverser le Val d’Ozon, une zone peuplée — de Saint-Pierre-de-Chandieu à la gare de triage de Sibelin en passant par Toussieu, Mions, Corbas et Feyzin — appelée à se densifier dans l’avenir. Ils préconisent un itinéraire plus large, plus à l’est, moins impactant, qui longerait la ligne de trains à grande vitesse existante.
Ce bras de fer avec l’État et Réseau ferré de France (RFF) dure depuis près de quinze ans. Mais les autorités ne semblent pas vouloir bouger d’un iota. “C’est d’autant plus stupide, estime Gilles Renevier, président de Fracture, que la commission Duron (N.D.L.R : chargée de fixer les priorités du schéma national des infrastructures de transport) a repoussé à l’après-2030 la réalisation de la partie sud du CFAL. Les arguments avancés par l’État pour traverser le Val d’Ozon sont déjà complètement dépassés. Alors qu’en sera-t-il dans quinze ou vingt ans ? On va répéter le même type d’erreurs qui ont conduit à la construction du tunnel de Fourvière et de la Rocade est. »

“L’autre danger, ce serait que le projet reste finalement dans les cartons”, s’est inquiété l’élu écologiste Jean-Charles Kohlhaas, président de la commission transports de la Région Rhône-Alpes. Seule la partie nord du CFAL — déclarée d’utilité publique depuis la fin 2012 — serait, dans cette hypothèse, réalisée entre Leyment et Saint-Pierre-de-Chandieu. Ensuite, les trains de fret, dont certains transportant des produits dangereux, emprunteraient les lignes historiques qui traversent Saint-Priest, Vénissieux et Saint-Fons, puis la vallée du Rhône. Des zones bien plus densément peuplées que le Val d’Ozon.

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