Du périscolaire, de ses difficultés et de ses enjeux

maison enfance du centre, lecture-01

– Les pré-inscriptions aux temps périscolaires se sont terminées fin juin. Quel est l’état des lieux ?
– Michèle Picard : Nous avons enregistré 2.794 pré-inscriptions : très proche des 2 800 qu’on avait estimés. Jusqu’à cette année, 900 enfants suivaient les activités du soir et 900 étaient en études. Soit, au total, 1 800. On avait travaillé sur une augmentation un peu supérieure à 30% . A six enfants près, nous sommes dans les prévisions. Dans la majorité des écoles, les chiffres sont en deçà des 30%. Ils sont plus élevés sur huit sites seulement.

Comment va s’organiser concrètement cet accueil ?
– Véronique Callut : Les activités démarreront le 8 septembre. Mais dès la rentrée, le 2 septembre, les cours se termineront à 16 heures. Le périscolaire n’étant pas obligatoire, les parents pourront récupérer leurs enfants à la fin de l’école, ou à l’heure qu’ils voudront entre 16 heures et 16h45. Au-delà, les écoliers inscrits devront rester jusqu’à 18 heures, sauf pour les petits de maternelles.

Les parents devaient inscrire leurs enfants sans connaître les activités qui vont être proposées. Pourquoi ce choix, qui a suscité des mécontentements ?
– M.P. : Parce que nous ne sommes pas que des consommateurs ! La ville est forte de centaines d’associations, sportives et culturelles, qui ont elles-mêmes des milliers d’adhérents. Ces associations, qui perçoivent des subventions, proposent des activités : le périscolaire ne doit ni venir en concurrence ni se substituer à elles. Le but de la réforme, je tiens à le rappeler, n’est pas de proposer un catalogue d’activités.

Pouvez-vous, malgré tout, lever le voile sur ce qui sera proposé ? Les activités seront-elles identiques dans toutes les Maisons de l’enfance ?
– M.P. : Certaines activités seront identiques à celles d’aujourd’hui mais pas forcément puisque les équipes des Maisons de l’enfance peuvent les faire évoluer.
« Si vous voulez quelques exemples de ce qui viendra étayer l’existant, je peux vous indiquer qu’il y aura des interventions des ateliers d’arts plastiques, de l’école de musique, des éducateurs sportifs municipaux. Ou encore que la médiathèque proposera un atelier autour du livre, pour les élèves des écoles à proximité. Nous voulons faire de la qualité, dans un cadre budgétaire contraint, en nous appuyant sur le savoir faire des professionnels.

Quand il n’existe pas de Maison de l’enfance à proximité du groupe scolaire, où seront accueillis les enfants ?
– M.P. : Dans tous les locaux communs des groupes scolaires (BCD, salle d’informatique…) y compris les préaux, les petits gymnases et même, en cas de besoin, les restaurants scolaires. Mais à la demande des enseignants, les classes ne seront pas utilisées. Nous allons pour cela créer des antennes des Maisons de l’enfance ; elles fonctionneront de la même manière, avec une déclaration Jeunesse et Sports et un agrément CAF.

Vous avez lancé le recrutement de dix personnes référentes et d’une soixantaine d’animateurs. Est-il bouclé ?
– M.P. : Il est en cours. Vénissieux compte 21 groupes scolaires (maternelle et primaire) et 11 Maisons de l’enfance. Il y a donc dix sites qui ne sont pas « couverts » par une Maison de l’enfance. C’est pourquoi nous embauchons à temps plein dix référents, qui seront les responsables de ces antennes dont je viens de vous parler, pour le temps méridien et le péri-scolaire. Les animateurs, eux, auront un statut de vacataires. Nous nous conformons à la loi, qui impose un animateur pour 18 enfants en élémentaire et un pour 14 en maternelle.

Ne craignez-vous pas que les activités du périscolaire empiètent sur celles du mercredi, notamment pour le sport ?
– V.C. : Non, parce que dans le cadre du périscolaire, l’atelier sportif a pour objectif d’amener l’enfant vers un club. Alors que le mercredi, c’est une découverte de l’activité que l’on propose.

Un enfant qui ne trouverait pas de place dans une structure pourra-t-il aller dans un autre quartier ?
-M.P. : A condition que les parents se chargent du déplacement… Car nous n’avons pas mis en place de transport pour limiter les coûts, les risques et la fatigue. Mais soyons logiques : si les parents peuvent emmener leur enfant ailleurs, a priori, c’est qu’ils n’ont pas besoin du péri-scolaire.

Y aura-t-il du changement sur le temps méridien ?
– V.C. : Aucun. Les horaires restent identiques : la classe se termine à 11h30 et reprend à 13h45. Mais il faut savoir qu’avec l’augmentation de la population, nous accueillons chaque année quelque 150 enfants de plus sur le temps de midi.

Les études sont fortement demandées par des parents et des enseignants. Que deviennent-elles ?
– M.P. : On se dirige plutôt vers de l’aide à l’apprentissage faite par des enseignants volontaires, mais on peut également envisager que cette aide soit apportée par des animateurs. Certains enseignants sont partants et les parents effectivement très demandeurs .

Vous avez dit que cette réforme coûtera 1 million d’euros par an à la Ville. Vous confirmez ?
– M.P.: Je confirme cette somme, comme le contexte budgétaire très difficile dans lequel nous nous trouvons. Concernant la réforme des rythmes scolaires, l’Etat alloue 90 euros par enfant la première année. Mais après ? Nous ne savons pas. Cela fait partie des charges transférées sur les communes, sans contrepartie financière ou si peu.
« Nous sommes confrontés à une baisse des dotations de l’Etat depuis plusieurs années. La dotation globale forfaitaire a été réduite. La dotation de solidarité urbaine a masqué jusqu’en 2013 cette perte mais ce n’est plus le cas. Et ce sera encore pire avec le plan d’économies de 50 milliards, qui se traduit par 11 milliards de baisse de dotations aux collectivités. Pour Vénissieux, la perte est de l’ordre de 1,5 million par an. D’ici à 2017, puisqu’on parle d’école, cela représente la construction de deux restaurants scolaires, ou bien la moitié d’un groupe scolaire… Faites le compte. »

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