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La défense de la retraite à 60 ans mobilise

20 000, 25 000, peut-être davantage, en tout cas beaucoup plus que le 27 mai dernier, date de la dernière journée d’action nationale. Comme le soleil, la mobilisation contre le projet gouvernemental de réforme des retraites a été longue à venir. Mais ce jeudi matin, entre la Manufacture des tabacs et la place Bellecour, sous un ciel complètement bleu, les drapeaux rouges de la CGT flottaient par milliers.

La CFDT, Sud, Solidaires, la CFTC et l’Unsa étaient également bien représentés. Disséminés dans les rangs syndicaux, quelques élus de gauche, notamment ceux de Vénissieux emmenés par le maire, Michèle Picard. Un seul mot d’ordre dans le cortège : la défense de la retraite à 60 ans. Pas question d’accepter un recul de l’âge légal de départ à 62 ans. Pour Gilles, un monteur ascensoriste d’une quarantaine d’années, travailler plus longtemps est tout bonnement impensable : “On nous appelle les dos cassés, ce n’est pas pour rien. Je sais que mon corps ne va pas suivre si je dois faire deux ou trois années de plus. On n’en veut pas de cette réforme, mais on ne nous écoute pas. C’est de l’escroquerie, d’autant que les seuls à qui on demande de faire des efforts, c’est nous, les salariés.”
Pas très loin, Audrey, retraitée de l’Éducation nationale, se console d’être “partie à temps”. Mais elle est solidaire des générations qui sont en emploi ou vont l’être. En particulier des femmes qui ont souvent des carrières fractionnées. “Fillon veut reculer l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans. Ce qui veut dire que les nombreuses femmes qui travaillent à temps partiel ou se sont arrêtées pour élever leurs enfants devront aller jusqu’à cet âge avancé, sauf à accepter une pension de misère. C’est scandaleux !”
Cyril et Martin, deux métallurgistes d’une trentaine d’années, parlent de leurs collègues de 55 ans “déjà tout cassés”. “On nous rabâche qu’on vit plus vieux et qu’il est donc normal de travailler plus longtemps, mais ce qu’on ne dit jamais c’est que l’espérance de vie en bonne santé est de 63 ans pour les hommes, et encore moins dans les professions dures comme la nôtre. Nous, on ne veut pas crever au boulot, on veut profiter un peu quand même”.
Et puis il y a la jeune Coralie, 25 ans, employée à la Sécu, mais pas fonctionnaire (elle travaille sous contrat de droit privé), qui dit être là par prévention. “Je suis en bonne santé, j’ai du boulot, je suis jeune, je pourrais m’en foutre, comme beaucoup de ma génération qui pensent d’abord à profiter du moment présent. Mais je me dis que si demain on doit bosser jusqu’à 70 piges, j’aurais peut-être des regrets de ne pas avoir bougé, de ne pas avoir au moins essayé de défendre ce que les anciens ont gagné.”

httpv://www.youtube.com/watch?v=6LewDZDfPCo

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