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Certes, il n’y a pas encore la queue devant les deux bornes de recharge de la station du chemin de Tâche-Velin. Le développement des véhicules à pile à combustible en est encore à ses balbutiements. Mais en Auvergne-Rhône-Alpes, premier territoire hydrogène de France, la tendance est à la hausse. Et HYmpulsion, structure commerciale que financent la Région, Engie, Michelin, le Crédit agricole et la Banque des territoires, fait tout pour enclencher une dynamique. Après Saint-Priest et Vénissieux, la société issue de ce partenariat public-privé s’apprête à ouvrir une troisième station, à l’aéroport Saint-Exupéry.
« À Vénissieux, nous avons distribué 500 kg en octobre, confie Paula Baroni Santi, directrice commerciale. Nous visons une tonne par mois au deuxième trimestre 2026, puis 1,6 tonne par mois au troisième trimestre. La capacité de la station a été portée de 400 à 600 kg/j. Et peut potentiellement accueillir une cinquantaine de véhicules. »


La station HYmpulsion de Vénissieux distribue environ 500 kg d’hydrogène par mois. De quoi parcourir 50 000 km
En pratique, 1 kg d’hydrogène permet à un véhicule de parcourir 100 km. Le temps de recharge n’excède pas cinq minutes pour une voiture. L’autonomie, pour les véhicules légers comme pour les poids lourds, est comprise entre 400 et 700 km. Selon les bases tarifaires, il faut compter une quinzaine d’euros le kg pour un véhicule léger, et une douzaine d’euros pour un car ou un camion. À 0,15 euro le coût au km reste plus élevé que celui d’une voiture thermique (0,10 euro) et celui d’une voiture électrique en charge rapide (0,13 euro), si l’on se réfère aux données de l’Ademe.
Une technologie encore chère
Les prix des véhicules à pile combustible étant également plus élevés que les thermiques et électriques, de jeunes acteurs de la mobilité décarbonée font leur possible pour démocratiser cette technologie naissante. C’est le cas d’Hysetco. Le leader de la location de véhicules hydrogène, partenaire d’HYmpulsion, séduit les gestionnaires de flotte avec des offres à courte et longue durée. « Nous possédons 800 véhicules, présente Aurélie Lavigne, directrice du développement commercial. Nos formules vont de un jour à cinq ans. Nos offres incluent l’entretien, l’assurance, l’assistance, la maintenance, la fourniture d’hydrogène et la gestion des subventions étatiques et européennes. » Un autre partenaire entre en jeu pour conquérir les conducteurs d’utilitaires : le Lab utilitaire. « Le véhicule utilitaire est le parent pauvre de la transition énergétique, déplore Florent Touraton, animateur de cette plateforme collaborative. 93 % des 6,5 millions d’utilitaires roulent encore au diesel. »
Pour l’heure, HYmpulsion s’appuie principalement sur des clients « poids lourds », comme les autocars de la Région ou les camions Iveco. Mais aussi Hyliko, fabricant spécialisé dans la conversion de moteurs diesel en véhicules hydrogène. « On peut dire que nous suivons la tendance qu’avait connue l’électrique à l’époque, conclut Paula Baroni Santi. Pour l’instant, les retours d’expérience manquent. Il n’est pas toujours facile d’adhérer à une technologie peu connue. Le zéro émission représente encore un coût d’utilisation élevé : le delta par rapport au diesel est de 25 % en défaveur de l’hydrogène. Mais la technologie va gagner en maturité. Lorsqu’elle sera répandue, elle s’alignera sur les coûts des technologies thermiques. »

































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