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Industrie : comment la crise a relancé Orapi Vénissieux

En difficulté avant la crise Covid, le fabricant de produits nettoyants surfe désormais sur une belle dynamique. Le vieil industriel vénissian est sur le point d’absorber une vague d’embauches pour soutenir sa production de pastilles détergentes.

Grâce à cette relance d’activité, les emplois ne sont plus menacés.

Fraîchement pressées, les tablettes détergentes défilent sur les convoyeurs motorisés à toute allure avant de finir leur course folle dans de grands seaux en plastique. Chaque année, 5 000 tonnes de petites pastilles nettoyantes pour le linge, la vaisselle ou les sanitaires sortent de l’usine Orapi. La cadence va nettement s’accélérer. Sous peu, la production de ce site industriel du quartier Jules-Guesde passera à 8 000 tonnes par an.

Les machines n’étant pas autonomes, l’entreprise a besoin de bras et de cerveaux pour passer à la vitesse supérieure. 33 embauches sont attendues dans les prochains mois. Un gros bond en avant pour une boîte d’une cinquantaine de collaborateurs.

Orapi Vénissieux a le vent en poupe. Pourtant, l’aventure aurait pu prendre une tournure moins heureuse. L’usine, connue sous le nom de Chimiotechnic depuis les années 1930, était clairement menacée en 2020. « Le site était déficitaire et presque condamné, rappelle Emile Mercier, directeur des opérations du groupe Orapi. Nos salariés ont senti la lame au-dessus du cou. C’était très compliqué, d’autant que nos collaborateurs sont très attachés à l’entreprise. Certains ont une trentaine d’années d’ancienneté. »

L’entreprise a investi dans des machines-outils flambant neuves.

Paradoxalement, c’est la crise Covid qui a donné un coup de fouet à Orapi Vénissieux. A Saint-Vulbas (Ain), où le groupe est implanté à deux pas de la centrale nucléaire du Bugey, la production a tourné à plein volume. « On a eu énormément d’activité pendant six mois avec le gel hydroalcoolique et les produits désinfectants, se souvient Emile Mercier. On a fait du chiffre et cela a permis de relancer Vénissieux pour la répartition et le conditionnement. » Un atelier de lingettes s’est même monté en juillet 2020.

33 CDI à pourvoir

Les dirigeants ont profité de cette impulsion pour convaincre les actionnaires de remettre au pot. Environ 7 millions d’euros sont réinjectés à Chimiotechnic : plus de 5 millions dans des machines-outils, le reste dans la réhabilitation de vieux bâtiments.

L’enjeu est de taille. Orapi a signé un contrat juteux avec un gros donneur d’ordres. Ce dernier ambitionne de commercialiser un produit nettoyant universel : un flacon contenant un principe actif que le consommateur remplira d’eau pour en faire un produit prêt à l’emploi.

Orapi Vénissieux se charge de la fabrication. Trois nouvelles lignes de production s’ajoutent aux douze existantes, rue de l’Industrie. Il faut pousser les murs. La surface couverte passe de 15 000 à 20 000 m².

Lucas Boceno, directeur de site, espère doubler le chiffre d’affaires d’ici 2024.

Sur le bureau de Lucas Boceno, directeur de site, les CV s’empilent. 33 CDI sont à pourvoir : 20 pour la production, 13 pour la fonction support (manageurs et ordonnanceurs). « Notre pic d’embauches est prévu en juin, planifie l’ancien de chez Alstom Vaulx-en-Velin entre deux entretiens. On accueillera dix travailleurs handicapés. On s’occupe du sourcing, de l’accompagnement de profil, de la formation et des subventions. Ce n’est pas simple : malgré la présence de nombreux partenaires locaux, aucune structure n’orchestre ce type d’embauches. »

En septembre 2022, Orapi Vénissieux devrait trouver son rythme de croisière. « On reste sur 10 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021, précise le jeune dirigeant (32 ans). On a pour objectif de le doubler en 2024. Mais on le fera avant ! »

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