Droits des femmes: il reste tant à faire

Affiche réalisée par les Équipements polyvalents jeunes (EPJ) de Moulin-à-Vent et Parilly

Du 5 au 7 mars, le festival Essenti’[elles] se déploiera sur le thème de la lutte contre les violences faites aux femmes et les féminicides. Un festival placé sous le signe de la culture : cinéma, lecture, chant choral, rap, expositions. Sans oublier les tables rondes et ateliers en présence des professionnels qui aborderont les thèmes du festival.

Fin 2019, en France, le salaire horaire brut moyen des femmes est de 15,4 % inférieur à celui des hommes à compétences égales. En 2010, cet écart était de 15,6%. À ce rythme-là, l’égalité salariale parfaite semble encore bien lointaine.
Toujours en 2019, rien qu’en France, 150 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Depuis le 1er janvier 2020, le décompte a débuté : le 15 février, 12 femmes étaient déjà mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon. Malgré les actions présentées en novembre dernier lors du Grenelle des violences faites aux femmes, rien ne semble évoluer. Une femme meurt toujours tous les trois jours sous les coups, lors de violences conjugales. Récemment, le 14 février dernier au Mexique, de grandes manifestations ont réuni des centaines de femmes suite au meurtre particulièrement sauvage d’Ingrid, 25 ans, par son mari : la victime a été poignardée, dépecée et éventrée.
Du 5 au 7 mars, la 8e édition du festival Essenti’[elles] s’attachera à mettre en lumière tout ce qu’il reste à faire. Professionnels, artistes, et membres des réseaux associatifs viendront s’exprimer au cours de différentes tables rondes et ateliers à la Maison des associations ou au Théâtre de Vénissieux.
Ce festival a pour but de faire évoluer les mentalités, notamment auprès des plus jeunes. C’est pourquoi, en amont, comme lors des dernières éditions, un travail a été mené par les Équipements polyvalents jeunes. Ainsi, les EPJ du Moulin-à-Vent et de Parilly ont créé l’affiche que l’on voit un peu partout en ville ; d’autres EPJ ont planché très sérieusement sur les violences conjugales ou sur le harcèlement de rue. À ce sujet, des témoignages seront restitués le jeudi 5 mars à 18h30 au cinéma Gérard-Philipe par la compagnie La Parole de à l’occasion du lancement du festival.

Mobilisation autour des violences

Au cours de la table ronde autour des violences faites aux femmes et aux féminicides programmée le vendredi 6 mars à 20 heures, au Théâtre de Vénissieux, les professionnels de Viffil, du commissariat et une avocate tenteront de comprendre les schémas de violence, examineront leur prise en compte d’un point de vue juridique et sociétal, et s’interrogeront sur les actions existantes ou à construire pour accompagner les victimes.
À Vénissieux, il est important de rappeler que la prise en charge des femmes victimes est importante. Au commissariat, une psychologue clinicienne est affectée depuis six mois. Un poste qui vient compléter le travail exigeant accompli depuis plus de dix ans par la coordinatrice sociale qui accueille, écoute, informe et oriente les victimes — et parfois les auteurs — d’agressions, de troubles du voisinage, etc. La présence de ces deux spécialistes facilite la libération de la parole pour des femmes qui vivent au quotidien des violences physiques, psychologiques ou économiques. Quoi qu’il en soit, le dépôt de plainte reste toujours une étape particulièrement difficile à franchir.
Autre partenariat important, la convention tissée entre la Ville et l’association Viffil SOS femmes permet d’avoir 25 places réservées pour l’accueil de Vénissianes. La Ville dispose aussi d’un logement d’urgence, où les femmes sont accueillies provisoirement. Elles y restent une semaine, dix jours maximum et sont accompagnées par des professionnels dès qu’elles y entrent. Vénissieux a décidé d’élargir ce partenariat avec la Ville de Saint-Fons, afin de mettre à disposition respective les logements d’urgence.

Un message qui passe par la culture

Outre les deux tables rondes, c’est finalement grâce à la culture que le message passera aussi. Ainsi, Essenti’[elles] va se traduire également par des expositions d’œuvres de plasticiennes, par des concerts, des films, des lectures de poésie et, surtout, des rencontres. Avec des femmes qui ont décidé de prendre artistiquement la parole pour mieux dire à tous que le monde devra désormais compter avec elles.
On aura ainsi l’occasion de rencontrer la plasticienne Sandra Lecoq, les rappeuses Pumpkin et KT Gorique, la poétesse Émilie Turmel, la chorale Grain d’phonie. Et de découvrir deux films : le premier sur une petite fille kanake enquêtant dans le Paris de la Belle Époque (Dilili à Paris). Le second sur une Saoudienne qui décide de se présenter aux élections municipales de sa ville, dans un pays où une femme adulte doit encore demander à son père l’autorisation de voyager (The Perfect Candidate).


AU RPOGRAMME

Jeudi 5 mars

Cinéma Gérard-Philipe, 12, avenue Jean-Cagne.
• 16 heures : projection du film Dilili à Paris de Michel Ocelot
À partir de 6 ans.
• 18h30 : ouverture du festival. Le service jeunesse de la Ville présentera les productions réalisées au sein des Équipements polyvalents jeunes sur la thématique des violences faites aux femmes.
• 20 heures : avant-première du film The Perfect Candidate de Haifaa al-Mansour (voir page 14). Information et réservation : 04 78 70 40 47 – www.venissieux.fr/cinema

Vendredi 6 mars

Maison des associations Boris-Vian, 13, avenue Marcel-Paul
• 9h30 : « En quête de liberté, violences conjugales mieux comprendre pour agir ». Ateliers réalisés en partenariat avec la Maison des Associations Boris-Vian et la Direction solidarité action sociale de la Ville. Une matinée d’informations et d’échanges sur les stéréotypes des rapports femmes/hommes et la manière de les faire évoluer. Accessible sur inscription au 04 72 50 09 16 ou par mail contact@cabv.com

Espaces arts plastiques, Maison du Peuple, 12, rue Eugène-Peloux
• 18h30 : vernissage de l’exposition Female Wild Soul en présence de l’artiste Sandra Lecoq et de la commissaire d’exposition Julie Crenn. Exposition ouverte du 7 mars au 2 mai, du mercredi au samedi, de 14 à 18 heures.

Théâtre de Vénissieux, 8, boulevard Laurent-Gérin
• 20 heures : table ronde autour des violences faites aux femmes et du féminicide,
en présence de représentantes de l’association Viffil, d’une avocate et du commissaire de police. Information : 04 72 90 86 68.

Samedi 7 mars

Médiathèque Lucie-Aubrac : 2/4, avenue Marcel-Houël
• 15 heures : lecture performance d’Émilie Turmel, prix René-Leynaud 2019 (voir page 12).
Information et réservation : 04 72 21 45 54 – www.bm-venissieux.fr

Bizarre ! 9, rue Louis-Jouvet
• 20 heures : concert de rap au féminin : KT Gorique + Pumpkin et Vin’s Da Cuero. Scène ouverte avec les participants au stage d’écriture animé par Pumpkin. Tarifs : de 4 à 8 euros. Information et réservation : 04 72 50 73 19 – bizarre-venissieux.fr

Salle Érik-Satie, 4, rue Prosper-Alfaric
• 18 heures : spectacle O Femmes ! par la chorale Grain d’phonie de Chabeuil. Accueillie par la Chorale Populaire de Lyon, la chorale Grain’d’phonie propose un spectacle résolument engagé, féministe, émouvant et drôle, frondeur et réconciliateur.

Et aussi
Rap à Bizarre ! 9, rue Louis-Jouvet
Ateliers d’écriture avec Pumpkin, jeudi 5 mars de 18 heures à 21 heures et vendredi 6 mars de 14h30 à 17h30. Tarif : 5 euros. Information et réservation : 04 72 50 73 19 – bizarre-venissieux.fr
La rappeuse animera des ateliers d’écritures dédiés aux femmes ayant déjà une pratique du rap.

Pendant le festival, exposition d’œuvres d’artistes femmes de la collection municipale à la Maison des associations et à l’hôtel de ville.

 

Une pensée sur “Droits des femmes: il reste tant à faire

  • 7 mars 2020 à 21 h 21 min
    Permalink

    Merci pour cette information concernant le festival Essenti’[elles] . En écho, plasticienne, J’ai réalisé pour la Journée des Femmes 2018 et 2019 une installation dans un centre d’art sur le violences faites aux femmes. Intitulée « Loi n°2010-769 », elle rend tristement hommage aux 130 femmes décédées en 2018 et 141 en 2019 en France et à toutes les autres décédées dans le monde, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/loi-n2010-769_2.html
    Et aussi « This is not consent » sur la culture du viol : https://1011-art.blogspot.com/p/thisisnotconsent.html

    Ces séries ont été présentées à des lycéens. Quand l’art contemporain ouvre le débat ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *