Photos de classe : « Un, deux, trois… ouistiti »

 

Ce jour-là, Amélie Berrodier est à l’école primaire de Parilly. La jeune plasticienne a mis en place, depuis la rentrée, un projet autour de la photo de classe avec les écoles de Vénissieux (Ernest-Renan, Charles-Perrault, Parilly, Anatole-France).

Elle a rencontré les enfants, leur a montré une sélection d’images prises dans les classes, eux-mêmes en ont recherché auprès de leurs parents puis ils se sont mis d’accord pour des mises en scène. Que voulaient-ils montrer sur les photos qu’allait prendre d’eux Amélie ?

Ce 23 janvier, donc, à Parilly, Amélie doit d’abord travailler avec un groupe de cinq élèves de CM1, puis avec une classe de CP. Les deux séances, selon la volonté des enfants, auront lieu dans « la salle de danse ».

Le premier groupe, composé de quatre filles et un garçon, étale sur le sol deux matelas. « Nous, on se met toutes là, déclare une petite fille, et toi, dit-elle au garçon, tu te mets là. » Chacun son matelas, donc. Les enfants ont retenu deux thèmes : les doudous et les tropiques. Pour le premier, ils se chargent les bras de peluches. Pour le second, les filles ont choisi quelques accessoires : lunettes de soleil, pochettes colorées et grandes feuilles vertes en guise d’éventails. Le garçon, lui, muni d’un ballon, d’une coupe et d’une figurine, préfère se faire photographier dehors, vers les barres de foot.
En réalité, ce n’est pas seulement la photographie qui intéresse Amélie. Elle filme aussi les enfants pour voir leurs réactions.

« Dans mon travail, j’ai toujours été entre la photo et la vidéo, remarque-t-elle. Celle-ci permet de capter le comportement de chaque enfant face caméra, de savoir aussi quelle conscience il en a. Par exemple, ils vont se rapprocher de l’objectif jusqu’à disparaître du cadre, alors qu’ils ont l’impression qu’on ne voit qu’eux. »

D’ailleurs, au bout d’un moment, alors qu’ils comprennent qu’une photo se prend rapidement, ils demandent « Tu nous filmes ? » Après le symbolique « Un, deux, trois… ouistiti » et le temps qui dure, certains restent figés, d’autres se mettent à bouger, à parler entre eux, à ricaner, à demander à aller faire pipi. Le regard des enseignants change aussi, se montrant parfois surpris des réactions. « Les vidéos changent, reprend l’artiste, en fonction des groupes, du nombre d’enfants, de leur âge… Plusieurs paramètres entre en jeu. »

Elles seront montrées dans les écoles dans la semaine du 17 au 21 février. Avant une expo personnelle d’Amélie à l’espace Madeleine-Lambert en mai prochain.

Du 17 au 21 février, le travail d’Amélie Berrodier avec les enfants sera montré, chaque jour à partir de 16 heures, le lundi à Ernest-Renan, le mardi à Charles-Perrault, le jeudi à Parilly et le vendredi à Anatole-France.

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