La chasse aux fuites se poursuit à Max-Barel mais le chauffage revient

ACTUALISATION. Après quatre jours et trois nuits sans chauffage, les locataires de la résidence Max-Barel devraient être fournis en eau chaude ce vendredi soir grâce à des travaux d’urgence et l’installation de chaufferies mobiles. Mais la fuite reste introuvable…

Quatre jours et trois nuits sans chauffage. Des centaines de locataires de la résidence Max-Barel, à Vénissieux, ont passé la nuit du 19 au 20 janvier sans chauffage ni eau chaude. La troisième depuis mardi… En cause, une fuite sur les canalisations d’eau chaude sanitaire du réseau alimenté par Vénissieux Energies, filiale de Dalkia (voir « Panne sur le réseau de chaleur, que s’est-il passé ? »). Une première fuite sur le réseau primaire (entre la chaufferie et les sous-stations) de la responsabilité de Dalkia, a été réparée jeudi avec l’installation d’une nouvelle vanne. Vers 17 heures, l’eau chaude était rétablie du 4 au 22 de la rue Max-Barel, ce qui représente 25 % de la résidence.

Fuites en série. Mais une autre fuite a été détectée dans la résidence, sur le réseau secondaire qui dépend du bailleur, la Sacoviv. Lequel a demandé à Dalkia d’intervenir, mais les équipes de l’opérateur ont beaucoup de mal à localiser cette fuite avec précision. Depuis jeudi soir, une minipelle hydraulique creusait dans le terre-plain devant les allées 73 B et 73 C de la rue Allende, sans parvenir à trouver l’endroit où la canalisation est défectueuse. « C’est long et compliqué, parce que les réseaux de fluides (NDLR : électricité, eau potable, eau chaude, gaz…) datent pour la plupart de la construction de la résidence, il y a 50 ans, raconte un terrassier de la société Tremabat, qui intervient sur le chantier. A l’époque, il n’était pas obligatoire de les signaler par des filets de couleur, donc on y va prudemment… » A 19 heures jeudi, ils avaient atteint le couvercle en béton d’une canalisation enfouie à 2 mètres sous terre, bien plus profond que les 80 cm habituels. Finalement, après avoir déployé une caméra dans la canalisation vendredi matin, les techniciens pensent que la fuite serait située plus haut sur le réseau… « ça commence à ressembler à 14-18, ici, avec toutes ces tranchées », commente un riverain dépité.

Solutions de fortune. Les locataires de cette cité populaire de 449 logements font face à cette longue privation de chaleur alors même que les températures sont au plus bas. Ceux qui ne vont pas dormir chez des amis mieux lotis réchauffent leur logement avec de petits radiateurs d’appoint (et s’attendent à une facture d’électricité salée) ou laissent le gaz de la cuisinière ou le four allumés, procédés dangereux… Pour se laver, la Ville avait mis les douches du gymnase Max-Barel à disposition des riverains. Une solution qui ne semble pas avoir eu beaucoup de succès. « On préfère faire chauffer de l’eau dans des casseroles et se laver à l’ancienne », confie un habitant, fataliste.

Ruée sur les radiateurs soufflants. Pierre-Alain Millet, adjoint au maire et président de la Sacoviv, était présent sur le terrain quasiment en permanence, en compagnie d’agents de l’antenne locale. Il explique inlassablement la situation et les mesures prises par le bailleur et la Ville à des résidents excédés ou résignés. « C’est la troisième coupure depuis octobre, s’insurge une habitante. On est vraiment considérés comme des moins que rien ! »  Bertho Mayette, « technicien patrimoine » à la Sacoviv écoute patiemment les locataires en colère et fait de son mieux pour les rassurer. Il comprend leur exaspération. « Cela fait quatre jours maintenant, c’est dur, on comprend que les gens en aient marre ». Ce vendredi soir, la Sacoviv a distribué au total 174 radiateurs électriques d’appoint achetés dans toute la région (une denrée devenue rare…) en priorité aux personnes âgées et aux familles avec enfants en bas âge. Celui du gardien a été donné à une maman de 7 enfants. Tandis que des salariés de la Sacoviv font du porte à porte pour faire le point de la situation et expliquer les mesures prises, des employés de la mairie passent voir les personnes inscrites sur la liste du Plan… Canicule, pour voir si elles ont besoin de chauffage d’appoint ou d’être hébergées provisoirement dans l’une des maisons de retraite de la commune.

Le point ce vendredi soir. Le vendredi 20 janvier, la Ville a installé devant la résidence la chaudière mobile au fioul auparavant affectée au groupe scolaire Max-Barel (photo ci-dessous), ce qui va permettre d’alimenter en eau chaude et en chauffage les logements situés aux 46-48, chemin du charbonnier. Dans le même temps, Dalkia a posé une nouvelle vanne qui raccorde au réseau des logements situés du 63 au 69 de la rue Allende, où le chauffage est revenu vers 15 heures. Les derniers logements sans chauffage, ceux des allées 71-73 et 87-89, où se déroulaient les travaux, vont être raccordés à une autre chaufferie mobile au fioul, propriété de Dalkia, installée en milieu d’après-midi.

Week-end au chaud ? Dans un communiqué de presse diffusé vendredi en fin de journée, Pierre-Alain Millet remercie « les près de cinquante ouvriers, techniciens, ingénieurs, cadres, directeurs, de Vénissieux Energies, de Dalkia, de la ville, de la Sacoviv, et de leurs sous-traitants. Ils ont travaillé d’arrache-pied jour et nuit pour remettre en service un chauffage essentiel aux conditions de vie dans cette période de grand froid ». Il remercie également « les très nombreux locataires qui, malgré la tension légitime devant leur situation, ont montré leur solidarité à tous ceux qui interviennent sur le site ».

Restera à purger les radiateurs des appartements au fur et à mesure, pour permettre un retour progressif de la chaleur. « La crise n’est pas encore totalement surmontée, admet le président de la Sacoviv, mais les efforts de tous les intervenants pour y arriver sont remarquables, et j’espère que la totalité des habitants aura retrouvé une situation acceptable dans la nuit qui vient ». A Vénissieux, on espère, une fois n’est pas coutume, que le week-end sera chaud.

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