David Posth-Kohler à l’espace Madeleine-Lambert : du banal vers l’œuvre

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Les objets détournés n’attirent pas immédiatement le regard du visiteur de l’exposition « Noir miroir » et, pourtant, ils sont bien là. On ne remarque pas forcément, à première vue, que le support de cette sculpture est soutenu par quatre baskets, que là, ce sont des pneus qui ont été repeints et que, sous la photo d’un téléphone portable quelque peu souillé, c’est un autre téléphone portable tout aussi souillé que l’on trouve.  Et si l’on regarde d’encore plus près encore, la sculpture elle-même est composée en partie d’une chaussure ou d’une baguette de pain.

David Posth-Kohler, dont l’espace Madeleine-Lambert, à la Maison du peuple, présente jusqu’au 9 juillet la première exposition personnelle, aime autant les voyages que les objets qu’il en ramène. Parmi ceux-là, on ne peut pas louper cette collection de sacs de riz en provenance du monde entier. Et l’impression première qui en résulte, le premier qualificatif qui vienne aux lèvres, c’est assurément « exotique », sans doute à cause de ces grandes tuniques colorées et tendues  ou de ces roseaux de bord de mare. Sauf que le point d’eau est ici un miroir noir.

DSC08076En détaillant les objets présents — clefs, chaussures, baguette de pain, jouet en forme de hamburger, etc. —, Xavier Jullien, directeur de l’espace, insiste sur leur symbolique consumériste. Il y ajoute ce qu’il appelle l’aspect « do it yourself » : « On remarque bien les processus de fabrication. Le bois est tel quel, les vis apparaissent, ce qui donne beaucoup de personnalité aux sculptures de David Posth-Kohler, qui apparaissent comme autant de fétiches que d’offrandes. »

L’artiste a poussé la création jusqu’au faux plafond, qui change radicalement l’aspect de la pièce. Xavier Jullien souligne également « l’omniprésence du végétal », depuis les nombreux roseaux déjà évoqués jusqu’aux feuilles en plâtre, qui proviennent de prélèvements dans les serres de Vénissieux.

Ce « goût pour le décoratif », cette façon de « transformer toute chose en motifs » font que le cheminement est parfait, « du banal vers l’œuvre ».

Xavier Jullien donne une dernière précision sur la signification du titre de l’expo, « Noir miroir ». Le miroir noir était utilisé par les artistes du XVIIIe siècle pour reproduire un paysage. C’était un miroir légèrement convexe et teinté au noir de fumée. « De nos jours, les écrans de téléphone, d’ordinateurs ou de télévision sont des miroirs noirs quand ils sont éteints. »

Enfin, au cours du vernissage de l’exposition, le 13 mai dernier, Stéphanie Ferrand-Issard, directrice du service culturel de la Ville, a rappelé que les ateliers Henri-Matisse présenteraient leurs travaux de l’année le 22 juin à partir de 18 heures à la salle Irène-Joliot-Curie.

David Posth Kohler

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