Pénurie de remplaçants dans les écoles

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À la maternelle Max-Barel, les parents ont fait eux-mêmes la classe hier matin

 

Cherche enseignants désespérément. Le problème récurrent des professeurs des écoles non remplacés connaît une phase aiguë. À Vénissieux, au moins deux cas sont recensés : à la maternelle Max-Barel et à l’école primaire Ernest-Renan. Grâce à la mobilisation des parents d’élèves, qui ont organisé une classe sauvage mercredi matin, une solution temporaire a été trouvée à Max-Barel : un maître supplémentaire, qui exerce déjà dans l’établissement, a pris la classe de maternelle de petite et moyenne section dont l’enseignante titulaire est absente depuis plus d’une semaine. Mais ce n’est qu’un pis-aller. Les parents d’élèves continuent de réclamer un véritable remplacement.

À l’école primaire Ernest-Renan, une enseignante de CM2 est en arrêt maladie depuis le 20 mars ! Depuis hier matin, vêtus de leur gilet jaune, les parents d’élèves FCPE font signer une pétition. Ils ont également installé des panneaux d’information aux portes de l’établissement pour sensibiliser les autres parents. “Avant d’en arriver là, on a tout essayé, les appels, les lettres, les mails”, témoigne Vérité Bergeron, la présidente du collectif.

L’inspection académique est confrontée à une pénurie de remplaçants. Selon le syndicat d’enseignants Snuipp-FSU, l’Inspection reconnaît que chaque jour 160 classes en moyenne sont sans enseignant dans le Rhône. La FCPE avance même le chiffre de 250. “Cette situation catastrophique était malheureusement prévisible”, dénonce le Snuipp, qui exige depuis des mois un plan de rattrapage. Et s’alarme du fait que les écoles, comme Max-Barel, bénéficiant d’un dispositif PDMQDC (Plus De Maîtres que De Classes) ne soient plus prioritaires. Pour le Snuipp, “les postes de maîtres supplémentaires doivent servir aux projets de l’école dans la durée et la régularité, pas à pallier les carences de postes dont les Inspections académiques et les ministères successifs sont seuls responsables.”

Dans les communes populaires comme Vénissieux où, on le sait, la réussite des élèves passe plus qu’ailleurs par des moyens accrus, cette pénurie est encore plus préjudiciable. Pourtant dans le discours, l’État se veut volontariste. On se souvient qu’en 2011, Maurice Leroy, le ministre de la Ville de l’époque, était venu à Vénissieux signer un Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) qui prévoyait une mobilisation des crédits de “droit commun” dans les zones prioritaires. Ce contrat spécifiait notamment que “les absences des enseignants du 1er degré ne pourront pas excéder deux jours.” Depuis, les ministres successifs, tant de l’Éducation nationale que de la Ville, n’ont cessé de réaffirmer leur engagement pour une éducation prioritaire. Mais sur le terrain, les faits disent l’inverse.

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