Après neuf jours de grève, les cheminots vénissians cessent le mouvement

Réunis en Assemblée générale ce vendredi, les cheminots vénissians des syndicats CGT et SUD-Rail ont décidé, comme nombre de leurs collègues grévistes des autres dépôts en France, de stopper le mouvement de grève lancé le 11 juin.

Cette longue grève, souvent caricaturée par une large partie de la classe politique et des médias, n’aura pas servi à rien. Même si les cheminots sont loin d’avoir obtenu ce qu’ils demandaient au départ. “On sait pertinemment qu’on ne pouvait pas avoir davantage avec ce gouvernement”, constate, amer, le secrétaire CGT du site de Vénissieux, Serge Moustier.

Le projet de loi de réforme ferroviaire débattu hier à l’Assemblée prévoit de créer une tripe structure : une société mère SNCF qui piloterait deux autres entités, l’une chargée de l’exploitation (les trains), l’autre de l’infrastructure (les rails). Un morcellement dénoncé par la CGT et SUD-Rail qui y voient la première étape d’une privatisation du service public. Les deux syndicats demandent la réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) dans un seul Établissement public et commercial (Epic).

Si le gouvernement est resté ferme sur l’architecture qu’il veut donner au service public ferroviaire, il a permis lors du débat parlementaire l’adoption d’un amendement des députés Front de gauche qui garantit que le groupe SNCF est “l’employeur unique des agents et salariés”. L’Assemblée a également voté un amendement écologiste soulignant “le caractère indissociable et solidaire” des trois entités.

Ces concessions ont conduit dès le jeudi 19 juin à la reprise du travail dans un certain nombre de dépôts, et pratiquement partout le lendemain. Mais sans enthousiasme. Gilbert Carrel, le secrétaire général de la CGT-Cheminots a même vu “beaucoup d’enfumage” derrière ces amendements. “Ce n’est pas ce que l’on demandait mais ce n’est pas négligeable, estime Serge Moustier. Nous tirons deux enseignements de ce mouvement : d’abord on a compris qu’on ne peut pas avoir confiance dans ce gouvernement de gauche avec lequel nous pensions au départ pouvoir négocier ; ensuite on a fait la démonstration de notre forte capacité de mobilisation.”

À Vénissieux, les grévistes ont reçu le soutien des élus communistes et républicains pour qui “la lutte des cheminots est une bonne nouvelle pour tous ceux qui résistent à la guerre de l’austérité que mènent les classes dirigeantes contre les salaires, les retraites, la sécurité sociale et les services publics”.

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