Bien vaccinés, bien protégés

Service de protection maternelle et infantile (PMI), Comité départemental d’hygiène sociale), service communal d’hygiène et de santé… toutes ces structures proposent à Vénissieux des vaccinations publiques et gratuites pour tous, des nourrissons aux adultes. Et toutes participent à la semaine européenne de la vaccination organisée par le ministère des Affaires sociales et de la Santé et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Une semaine qui, pour cause de vacances scolaires, se prolonge en Rhône-Alpes jusqu’à la mi-mai. Elle est l’occasion pour tous de faire le point sur ses vaccins, de vérifier son carnet de santé ou de vaccination et de poser toutes les questions aux professionnels de santé.
Se faire vacciner et être à jour de ses vaccinations est un acte de prévention majeur. En effet, pour se protéger contre les maladies infectieuses et protéger les autres, il faut avoir reçu les vaccins recommandés en fonction de son âge et de ses risques, avec le bon nombre de doses.
Selon l’OMS -après l’eau potable mais avant les antibiotiques- “la vaccination est l’innovation qui a le plus contribué à l’allongement de la durée de vie dans le monde, notamment par la réduction de la mortalité infantile.”
Même si 81 % des Français y sont favorables, il reste encore beaucoup à faire pour que chacun se sente concerné. D’après le Baromètre Santé 2010 de l’Inpes, 28 % des Français de 15 à 79 ans ne connaissent pas la nature de leur dernière vaccination. Ce taux est même de 48 % chez les 15-30 ans. Et près d’un Français sur cinq estime ne pas être à jour. L’InVS souligne pour sa part l’insuffisance de la vaccination chez l’adolescent et l’adulte, et rappelle la nécessité de poursuivre les efforts afin d’atteindre les objectifs fixés par la loi de santé publique, soit au moins 95 % pour toutes les vaccinations à l’exception de la grippe (75 %). Il note en revanche un point positif pour les nourrissons : “Leur couverture vaccinale est très élevée notamment contre les infections par le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque C et pour la deuxième dose du vaccin rougeole-rubéole-oreillons.”
Le professeur Daniel Floret, président du comité technique de vaccination, relève pour sa part un problème particulier avec le vaccin contre le papillomavirus, facteur de cancer du col de l’utérus : “Moins d’un tiers des adolescentes françaises sont vaccinées. C’est pourquoi dans le nouveau calendrier vaccinal, on recommande la vaccination entre 11 et 14 ans.”
Autre problème évoqué, lui, par un médecin généraliste de Vénissieux : la recrudescence de la rougeole. “Nous accueillons régulièrement dans nos cabinets des adolescents et des adultes présentant cette maladie. Il s’agit de patients qui n’étaient pas du tout vaccinés ou bien qui n’avaient reçu qu’une seule dose. Alors que la couverture vaccinale (avec deux doses) doit être de 95 % pour interrompre la transmission de la maladie.” Des faits confirmés par l’InVS : depuis trois ans, 23 000 cas de rougeoles lui ont été déclarés. La moitié de ces cas concernait des personnes de 15 ans et plus ; un tiers d’entre eux a même dû être hospitalisé. Le bilan de l’année 2011 a été particulièrement lourd avec près de 15 000 cas déclarés dont 714 pneumopathies graves, 16 cas avec complications neurologiques et 6 décès.
Pourquoi une telle situation ? Paradoxalement, la vaccination est en permanence l’objet de contestations et de critiques, relayées et amplifiées par internet. Ses opposants évoquent des raisons culturelles, philosophiques, idéologiques, et cristallisent leurs critiques sur certains vaccins, comme celui contre l’hépatite B ou la rougeole. Les vaccins sont régulièrement accusés d’effets secondaires gênants voire dramatiques. Au point que certains parents hésitent à immuniser leurs enfants, par crainte de les livrer à la maladie plutôt que de les en protéger. Pourtant, l’Institut de médecine américain, qui dépend de l’Académie des sciences, a publié voici trois ans un rapport très documenté sur les risques liés à huit vaccins fréquemment administrés. Cette synthèse de plus d’un millier d’études a montré que les effets secondaires graves causés à la suite d’injections restent très rares.
Alors que faire pour motiver le plus grand nombre ? “Notre rôle en tant que médecin de famille est d’inciter les parents à faire vacciner leurs enfants et à leur en expliquer les bénéfices, conclut le médecin généraliste que nous avons rencontré. Certes la vaccination est un acte médical qu’on ne doit pas banaliser. Mais c’est un acte tellement important !”

 

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