Maternelle Léo-Lagrange : non à l’expulsion du papa de Doudou et de Bryan

Plusieurs dizaines de personnes ont participé aujourd’hui en fin de matinée au rassemblement organisé devant l’école maternelle Léo-Lagrange en soutien à Roger N’zenbele, ressortissant congolais habitant Vénissieux, sans papier, retenu au CRA (centre de rétention administratif) depuis lundi matin. Sa compagne d’origine angolaise (en situation régulière) raconte : “Il était dix heures lundi. Mon mari avait dans les bras Fendi, notre petite dernière âgée de deux ans. On a sonné à la porte. Je suis allée ouvrir.  Il y avait trois policiers en civil : deux hommes et une femme : ils nous ont dit qu’il venait voir mon mari au sujet de ses papiers. J’ai tout de suite compris ce qu’il allait lui arriver…
“Roger était venu vivre en France en 2001, espérant obtenir l’asile politique suite aux risques encourus dans son pays, le Congo, du fait de ses opinions politiques. Mais ses demandes ont été rejetées ainsi que sa demande pour vie privée et familiale. Juste avant d’être placé au CRA, il avait dit au revoir à nos deux grands, Doudou et Bryan. Agés de 6 et 4 ans, ils sont en maternelle à Léo-Lagrange à l’école. Je suis complètement abattue”, ajoute-t-elle.

Mercredi, Roger N’zenbele est passé devant le juge des libertés et de la détention (JLD) au tribunal administratif, où ses demandes de régularisation ont été rejetées. Il est depuis retenu au CRA. Sa compagne a  pu lui téléphoner hier : “Il avait l’air d’aller au mieux . Il s’inquiétait pour moi et les enfants. L’avocat m’a dit qu’il devrait y avoir un autre jugement le 14 avril. On ne sait pas s’il peut être expulsé avant. »
Les membres du comité local de RESF (Réseau Éducation sans frontières ), ainsi que les enseignants de l’école se sont rapidement mobilisés. “Nous faisons signer une pétition. Nous lui avons téléphoné. Nous avons également demandé à sa femme d’aller lui rendre visite. Si besoin, nous l’accompagnerons, évidemment. Nous connaissons très bien cette famille. Avant de s’installer dans l’immeuble à côté de l’école, elle vivait au foyer Aralis, route de Corbas. »
Du côté des élus, on se mobilise aussi. Jeff Ariagno, conseiller municipal, était présent à ce rassemblement. L’adjoint au maire, Lotfi ben Khelifa, en charge de l’état-civil et des formalités administratives, a été alerté sur cette situation.

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