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MaPrimeRénov’ suspendue, les propriétaires à la peine

Lancée en 2020 pour encourager les travaux d’isolation, MaPrimeRénov’ a été suspendue le 1er janvier 2026.

Photo Emmanuel Foudrot

Faute de  budget voté, le pilier des aides à la rénovation immobilière en France s’est écroulé. « Pas de budget, pas de guichet », avait répété à plusieurs reprises Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, fin 2025. Cette même année, MaPrimeRénov’ avait connu deux périodes de suspension, motivées par des contraintes budgétaires, une surcharge de traitement de dossiers, une explosion des coûts et une lutte contre la fraude. Il était réapparu le 30 septembre dernier, dans une version réduite : seuls les ménages très modestes ou vivant dans des logements classés E, F ou G au Diagnostic de performance énergétique (DPE), les fameuses « passoires thermiques », étaient éligibles.

Pendant cinq ans, le dispositif créé pour financer les travaux d’isolation, de chauffage et de ventilation, a incité beaucoup de propriétaires et de bailleurs à améliorer le confort de leurs biens immobiliers. Selon les relevés de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), 2,5 millions de logements ont bénéficié d’un montant total de subventions de 14 milliards d’euros.

Ecoréno’v, toujours disponible

Dans ce nouveau contexte, des solutions demeurent : les Certificats d’économie d’énergie (CEE) offrent des primes variables pour l’isolation ou le chauffage. L’Eco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet d’emprunter jusqu’à 50 000 euros. Et la TVA réduite (5,5 %) s’applique toujours aux travaux énergétiques.

Pour les Grands Lyonnais, le service Ecoréno’v, lancé en 2015, existe toujours. Selon les derniers chiffres de l’Alec Lyon (Agence locale de l’énergie et du climat), porte d’entrée du dispositif, plus de 33 500 logements en ont bénéficié. « Le nombre de dossier est en progression depuis quelques années, nous explique la Métropole. Il y a une vraie dynamique de la rénovation énergétique sur le territoire. Avec la limitation du nombre de dossiers de MaPrimRénov’, il y a un risque certain de freiner les initiatives. Mais ce risque est difficilement quantifiable. »

Le privé entre dans la brêche

Une autre option peut s’étudier. Très récemment, un acteur privé, Vasco, s’est engouffré dans la brèche. Cette start-up bordelaise lancée en 2023 finance 100 % des travaux de rénovation énergétique en échange d’une part du logement. « Vasco est complémentaire des banques, précise Hervé Degreve, cofondateur de cette structure titulaire du label Esus (Entreprise solidaire d’utilité sociale). On ne prête pas, on investit. Depuis juillet, nous avons dix fois plus de demandes qu’avant. Nous aidons principalement des gens qui ne disposent pas de liquidités suffisantes ou qui ont un taux d’endettement trop élevé. »

Prenons un cas d’école : le propriétaire d’une maison expertisée à 300 000 euros veut entreprendre des travaux d’isolation et remplacer ses systèmes de chauffage et de ventilation. La facture s’élève à 60 000 euros. Il dispose de 30 000 euros d’aides diverses. Restent 30 000 euros à financer, soit 10 % de la valeur du bien. Vasco va en détenir 15 %. « Ainsi, nous payons les frais de notaire, nos investissements et nos équipes, explique Hervé Degreve. Nous signons une convention d’indivision avec notre foncière et cédons au propriétaire notre droit d’usage pour 10 ans. »

Trois scénarios se présentent alors. Si le propriétaire revend son bien dans les 10 ans, il touche 85 % du prix de vente. Le propriétaire est également libre de racheter sa part à tout moment, à valeur actualisée. S’il décide de conserver son logement au terme des 10 ans, une nouvelle convention est signée, assortie d’une majoration d’un facteur de 1,4. « Même si les conventions se succèdent et que nous possédons 99 % du bien, le propriétaire du bien en conserve la jouissance », rassure le dirigeant.

Pour Bruno Compagnon, notaire à Vénissieux, il est nécessaire de bien évaluer sa situation personnelle avant de s’engager : « Je comprends le mode de financement, qui peut aider des propriétaires en difficulté. Juridiquement, ça tient la route. L’Etat valide cela pour compenser les baisses de subventions. Cependant, le montage me paraît bien complexe et onéreux. »

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