Yaya Soumaré ou l’itinéraire d’un enfant de la balle

Habitant de La Rotonde, ancien de l’AS Minguettes, Yaya Soumaré se lance dans un nouveau challenge. L’OL l’a prêté pour 2021-2022 à Dijon, club de Ligue 2. Et ce, sans option d’achat : il pourrait donc revêtir à nouveau, la saison prochaine, le maillot marqué du lion.

Un jeune de banlieue qui passe son temps à taper le ballon en bas de sa tour, c’est du déjà-vu. Mais un tel passionné qui finit par se faire repérer par un grand club, et qui porte en lui bien des espoirs, ça ne court pas les rues. Même s’il n’est pas le premier. Vénissieux peut se targuer d’avoir « sorti » quelques jolies pépites, de Luis Fernandez à Amel Majri en passant par Alim Benmabrouk, Ahmed Madouni, Khaled Kharroubi, Salim Moizini, Lamine Lamjet, Enzo Reale…

Yaya Soumaré, puisque c’est de lui qu il s’agit, est né en 2000. Comme ses illustres aînés, il a fait ses gammes sur les espaces verts du plateau, plus précisément du côté du boulevard Lénine, attendant ses six ans pour apprendre la rigueur du foot à l’AS Minguettes. « Un enfant passionné de ballon qui avait déjà des qualités qui n’échappaient à personne, vitesse et maîtrise technique, se souvient Fayçal Tellis, son premier entraîneur chez les « tigres ». J’ai eu la chance de l’avoir de 6 à 12 ans. Yaya se servait de son petit gabarit pour être le meilleur. Au foot à 7, il a joué à tous les postes, et même dans les buts. Cerise sur le gâteau, il a toujours eu un comportement exemplaire. »

Cette assiduité au foot va le conduire à intégrer le pôle espoir de Dijon de 2014 à 2016. « Je revenais à Vénissieux en train, le week-end, pour jouer avec l’AS Minguettes, puis avec l’OL, rejoint en 2015 », se souvient l’intéressé.

« En U15 élite, il a endossé le rôle de capitaine, rappelle Samir Mertani, dernier entraîneur à l’avoir dirigé à l’AS Minguettes. Meneur de jeu, il était rigoureux et discipliné. Et ses qualités de détente pure et de vitesse ont sauté aux yeux de tous. Et il savait être décisif. »
Intégré en équipe de jeunes de l’OL, le jeune Vénissian ne vit que pour sa passion, délaissant ses études au collège Elsa-Triolet. « Je n’aimais que l’histoire-géo, mais je savais qu’il ne me restait que le football pour réussir, et j’ai tout donné pour être intégré à l’OL. » Même en atteignant ce niveau, l’apprenti footballeur n’est pourtant pas certain de faire carrière. Des dizaines de joueurs en qui de nombreux espoirs ont été portés, n’ont jamais pu confirmer leurs exploits de jeunesse. Il suffit de rappeler les chiffres annoncés par Adil El Ouadehe, directeur technique national adjoint à l’UFOLEP, pour en être totalement convaincu : « On sait que 3 % seulement des jeunes des centres de formation deviennent footballeurs professionnels dans toute la France. Statistiquement, malgré tous les obstacles, un jeune de banlieue a plus de chances de devenir médecin. »

Né un 23 décembre 2020

À l’OL, Yaya franchit les échelons un à un, sans précipitation. Il a eu sa chance plus tardivement que ses compagnons de route, Maxence Caqueret, Melvin Bard ou même Amine Gouiri. Ses belles prestations avec l’équipe réserve olympienne, comme son sérieux à l’entraînement, lui permettent de gagner la confiance de Rudi Garcia. Capable de jouer aussi bien dans le couloir gauche que sur le flanc droit, Yaya Soumaré a su convaincre l’ex-coach de l’OL, qui apprécie son profil de joueur rapide et percutant.

En avril 2020, il signe son premier contrat professionnel avec l’OL, d’une durée de trois ans. À la fin du mois de novembre 2020, lors d’un déplacement de l’OL à Angers (2-2), il fait sa première apparition au sein du groupe professionnel. Mais sur le banc. Un mois plus tard, le 23 décembre, il fait ses premiers pas en pro contre Nantes et il entre à la 89e minute de jeu. L’OL mène 3-0 et s’apprête à boucler l’année 2020 avec une victoire, un fauteuil de leader, ainsi qu’un titre honorifique de champion d’automne. Yaya Soumaré devient le 546e joueur de l’histoire de l’Olympique lyonnais. À cette date, il est le dernier jeune issu de la formation lyonnaise à découvrir le haut niveau.

Dijon, pour bondir

Mais l’aventure avec l’OL va, au moins pendant quelques mois, s’arrêter. Yaya Soumaré vient en effet d’être prêté au DFCO, le club professionnel de Dijon au blason frappé de la chouette, qui évolue en deuxième division. L’arrivée d’un nouvel entraîneur à l’OL en la personne de Peter Bosz a-t-elle influencé la décision de l’espoir vénissian ? Et ce, même si le technicien néerlandais a eu des mots très positifs sur le foot français en général et la formation lyonnaise en particulier ? « Je ne pars pas vraiment dans l’inconnu, répond le joueur de 21 ans. Dijon, je connais un peu, j’y ai passé deux saisons au centre, le coach (David Linares) est un ancien Lyonnais, tout comme Greg Coupet, entraîneur des gardiens. J’ai eu le coach au téléphone. Son discours m’a plu, j’ai donc pris rapidement la décision de signer. Je suis très heureux. J’aime jouer sur la vitesse, les appels dans le dos de la défense et les un-contre-un avec les défenseurs. J’arrive à répéter les efforts et je cours beaucoup. Mon premier souhait est d’aider le DFCO à obtenir de bons résultats, et pourquoi pas remonter en Ligue 1. Je considère que la place de ce club est dans l’élite. En Ligue 1, je n’ai pas eu l’opportunité de montrer ce que je vaux. En Ligue 2, j’ai envie de m’imposer. » Avant, qui sait, de briller en Ligue 1 avec l’OL ?

 

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