Distribution de la presse : les ex-SAD engagés dans une course contre la montre

Grâce à leur persévérance, les ex-salariés de la SAD ont permis la reprise de la distribution des journaux début juillet. Mais s’ils ne trouvent pas un nouveau local avant le 15 septembre, l’activité sera à nouveau suspendue. Une réunion doit se tenir ce jeudi à la Région pour tenter de trouver une issue.

Le combat que mènent les ex-salariés de la Société d’agences et de diffusion (SAD) depuis le printemps pour sauver leur activité est doublement exemplaire. Car il ne s’agit pas seulement de préserver le maximum d’emplois. L’enjeu est aussi de garantir la distribution de la presse nationale, un des piliers de la démocratie.

Après la liquidation de la SAD en mai dernier, consécutive au placement en redressement judiciaire de sa maison-mère, Presstalis, les kiosques de la région sont restés vides durant six semaines. Relancés en régie provisoire, avec l’objectif de créer à terme une société coopérative qui reprendrait 42 salariés sur 110, les ex-SAD sont parvenus à débloquer la situation. Un redémarrage validé suite à une table ronde organisée en préfecture.

Mais le répit aura été de courte durée. L’activité venait à peine de reprendre que le propriétaire des locaux de la rue Sentuc, à Vénissieux, où les journaux sont réceptionnés avant d’être triés et expédiés, signifiait sa volonté de reprendre possession des lieux le 31 juillet. Encore une fois le ex-SAD ont su faire preuve de persuasion en arrachant un bail précaire qui court jusqu’au 15 septembre.

« Pour que les Messageries lyonnaises de presse (MLP) continuent à nous confier la distribution des journaux, il nous faut absolument trouver un autre local avant cette date, alerte Guillaume Dumoulin, délégué syndical CGT, très impliqué dans le projet de création d’une coopérative. Une réunion doit se tenir ce jeudi 20 août à la Région pour tenter de trouver une issue. Nous avons déjà un local en vue à Saint-Priest. Le problème, c’est ce que nous nous sentons un peu seuls pour l’instant. Les salariés ne peuvent pas tout porter. Nous avons notamment besoin de garanties financières. Mais la période estivale ne nous aide pas, c’est compliqué de toucher les bons interlocuteurs et de mobiliser. »

Guillaume Dumoulin reste toutefois confiant dans la capacité des ex-SAD à franchir ce nouvel écueil. « Nous avons depuis le début le soutien de la Ville de Vénissieux. L’État, au travers de la préfecture, a déjà organisé une table ronde. La Région a accepté de nous recevoir. En revanche, nous n’avons toujours aucun retour du côté de la Métropole de Lyon. Mais c’est surtout du côté des partenaires privés aujourd’hui qu’il manque un leadership. Nous attendons un engagement plus fort des MLP à nos côtés. »

Une pensée sur “Distribution de la presse : les ex-SAD engagés dans une course contre la montre

  • 18 août 2020 à 6 h 39 min
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    Les élus de la métropole vont-ils se manifester avant le 15 septembre pour permettre la continuité de diffusion de la presse localement? souhaitons que la région apporte un soutien aux salariés en lutte et que le secteur privé autour des MLP apportent des garanties financières pour ce nouveau local à Saint Priest.
    Les mauvais coups de l’été sont connus, mais la métropole et ses nouveaux élus pourraient se manifester!!!
    C’est à croire que les vacances priment sur l’engagement de nos élus alors qu’il y a urgence! c’est désolant.
    Soutien aux salariés qui luttent de puis des mois!

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