Pour Saliha Prudhomme-Latour, la Ville fait face à « cette crise qui est sanitaire, mais aussi sociale et économique »

Adjointe aux politiques sociales, à la lutte contre la grande pauvreté et aux personnes âgées, Saliha Prudhomme-Latour fait le point sur les actions menées à Vénissieux par le CCAS et les associations humanitaires.

– Les associations constatent que le nombre de leurs bénéficiaires ne cesse d’augmenter ces dernières semaines. Expressions s’en est fait l’écho dans un article récent. Faites-vous le même constat ?
– Jusqu’à récemment, le nombre de personnes aidées était constant, selon les associations humanitaires, notamment le Secours populaire et les Restos du cœur. Mais depuis les dernières annonces du gouvernement et le prolongement du confinement, les associations alertent sur une hausse des demandes d’aide. Le SPF, par exemple, a eu mardi dernier une forte demande, avec 50 familles quand il en a d’habitude 20 ou 25. La crise est là, et bien là.

– Cette crise se ressent-elle aussi au niveau des services sociaux de la commune ?
– Oui. Depuis la fin de la semaine dernière, nous constatons une augmentation des appels et des demandes auprès du centre communal d’action sociale (CCAS). Nous n’avons pas encore assez de recul pour savoir s’il s’agit ou non de nouveaux bénéficiaires. Quoi qu’il en soit, il est certain que les ressources des familles baissent. Beaucoup de personnes sont à présent en chômage partiel ou sans activité du tout. Il faut malgré tout continuer à payer des loyers, faire manger les enfants qui ne vont plus à la cantine, tout cela a forcément un impact sur les ménages.

– Que fait la Ville pour les personnes âgées confinées chez elles ?
– Pour elles et pour les personnes fragiles, nous avons réactivé la « cellule canicule », et avons repris la liste des personnes inscrites aux festivités de fin d’année. Nous leur avons proposé, si elles le désiraient, de les appeler une à deux fois par semaine pour voir si tout allait bien. Plus de 10.000 appels ont été passés en un mois. C’est indispensable pour maintenir du lien social et connaître leurs besoins. Nous avons apporté des réponses pour le portage de repas ou le dispositif Croix-Rouge pour les courses. Il s’agit aussi d’un soutien psychologique. Le dispositif « cagettes de légumes » que nous avons mis en place est aussi une façon de lutter contre l’isolement. Ces cagettes permettent d’avoir des repas équilibrés et les personnes âgées sont très satisfaites de ce service. C’est un dispositif qui répond aux besoins de la population.

– Et dans les résidences municipales pour personnes âgées ?
– Dès le 12 mars, les visites ont été limitées et, avec le soutien de l’ARS, nous avons mis en place les gestes barrières. La Ville a mis des tablettes numériques à disposition des résidents pour que les familles puissent garder le contact avec leurs aînés. Cela permet aussi aux animatrices de pouvoir conserver un lien avec les résidents. Nous avons dû remplacer la restauration collective par un portage de repas. Pour les personnes qui ont des difficultés à faire leurs courses, un autre dispositif permet de les approvisionner. Nous avons également procédé à une distribution de masques par le réseau solidaire.

– La continuité du service public est-elle assurée ?
– Nous avons réduit la voilure pour des raisons évidentes de sécurité, mais de nombreux services de la Ville sont restés actifs. Avec cette crise, beaucoup de gens se rendent mieux compte combien le service public est essentiel. Les services sociaux, je l’ai dit, sont très actifs et assurent le maintien de ce service public. La crise fait émerger de nouveaux besoins auxquels il faudra répondre. Pour les personnes âgées, le service à domicile continue. Nous avons aussi le SIAD (soins infirmiers à domicile), en lien avec l’ARS, et ce ne sont pas toutes les villes qui bénéficient d’un tel dispositif. Les aides-soignants et les aides à domicile interviennent auprès des personnes âgées et garantissent un lien avec les plus éloignées, les plus isolées. Ces services permettent de garder un œil sur nos aînés.

– Il y a beaucoup d’inconnues sur la question du déconfinement. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
– Au niveau de la population, notamment dans les immeubles collectifs, ça commence à être difficile. La question du déconfinement doit se préparer avec sérieux. Nous vivons une crise qui n’est pas seulement sanitaire, mais aussi sociale et économique. On se doute qu’il y aura des répercussions. C’est grâce au maillage de nombreux professionnels et des services sociaux que nous parvenons à soutenir les plus fragiles d’entre nous et à rester le recours des plus démunis. Toutes les communes ne le font pas à ce niveau. Mais nous ne pouvons pas laisser de Vénissians sur le bord du chemin, et nous essayons d’être le plus réactifs possible.


BON À SAVOIR
Le centre communal d’action sociale (CCAS) propose un accueil téléphonique tous les jours de 8h30 à 18h30. Les demandes d’aides alimentaires et financières sont instruites spécifiquement le mardi et le jeudi, de 10 heures à 16h30, pour un traitement plus rapide. Le CCAS assure également des aides d’urgence, comme les obsèques par exemple.

Pour contacter la mairie : 04 72 21 44 44

Une pensée sur “Pour Saliha Prudhomme-Latour, la Ville fait face à « cette crise qui est sanitaire, mais aussi sociale et économique »

  • 24 avril 2020 à 6 h 38 min
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    Oui cette crise sanitaire sans se double d’une crise sociale et économique sans précédent, Vénissieux se donne les moyens d’aider les familles et les plus fragiles. L’aide alimentaire sera précieuse pour les enfants qui étaient accueillis dans les restaurants scolaires. Merci aux élus de penser à tous ceux qui manquent de l’indispensable pour vivre dignement (repas, courses, démarches etc…) et bravo à toutes les associations qui se mobilisent : Vénissieux ville fraternelle et solidaire merci!

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