Logement social : le PCF du Grand Lyon demande une aide d’urgence

Les bailleurs sociaux constatent une hausse des difficultés de paiement des loyers en mars et avril. Pour éviter une explosion des dettes locatives de résidents confrontés à une chute de leurs revenus à cause du confinement, Pierre-Alain Millet, élu PCF du Grand Lyon, demande à la Métropole de créer une nouvelle aide au logement dans le cadre du FSL.

Une séance extraordinaire du Conseil métropolitain se tiendra le jeudi 23 avril pour examiner « un plan d’urgence économique permettant au plus grand nombre d’être accompagné pendant cette période », explique le Grand Lyon. En amont de ce conseil, le conseiller métropolitain (PCF) Pierre-Alain Millet, également adjoint au maire de Vénissieux notamment en charge du logement, demande à la Métropole d’étudier une nouvelle aide au logement dans le cadre du « Fonds de solidarité logement » (FSL).

Hausse des impayés en mars et avril

« L’impact économique du confinement met beaucoup de locataires du parc social en difficulté pour le règlement de leur quittance », constate l’élu, qui s’appuie sur les premiers échos des bailleurs sociaux, qui indiqueraient une nette baisse des paiements dès le mois de mars, encore plus forte en avril. « Si les bénéficiaires des minima sociaux, tout comme les fonctionnaires et retraités, n’ont pas eu de pertes de revenus, c’est par contre le cas de beaucoup des salariés précaires, auto-entrepreneurs, ou en chômage technique, notamment dans les secteurs fermés réglementairement par la loi d’urgence sanitaire (restauration, commerces…) », selon lui.

Pierre-Alain Millet, conseiller métropolitain (PCF) et président de la Sacoviv, qui gère près de 2.000 logements sociaux à Vénissieux. Photo R. Bert Expressions

Éviter l’explosion des dettes de loyer

Pierre-Alain Millet préside également la Sacoviv, l’un des principaux bailleurs sociaux présents sur la commune de Vénissieux, 3ème ville du Rhône. Il est donc bien placé pour observer la situation dans le logement social. Selon lui, les mesures gouvernementales d’aides économiques concernent peu les locataires HLM. « Les mesures sociales ne concernent que les bénéficiaires de minima sociaux et sont destinées d’abord aux dépenses pour les enfants. Pourtant, les pertes de revenus vont fragiliser fortement de nombreux autres locataires ».
« Les bailleurs sociaux ont bien sûr renforcé leurs dispositifs d’accompagnement des locataires, les possibilités d’échelonnement de la dette. Mais la perte de revenus sur la période de confinement ne sera pas récupérée et va durablement affecter les capacités de remboursement d’une dette », alerte le conseiller métropolitain.

Une aide d’urgence du FSL

S’adressant à Michel Le Faou, actuel vice-président de la métropole en charge du logement, M. Millet lui demande de faire étudier « en urgence » la création d’une aide spéciale « Covid-19 », qui s’intègrerait au Fonds de solidarité logement (FSL), un dispositif national géré au niveau métropolitain et départemental. Pour le conseiller vénissian, « l’État doit être sollicité pour une augmentation du financement FSL que la métropole pourrait abonder. L’objectif serait de couvrir l’impact sur le loyer de la perte de revenus pendant la période de confinement ou de fermeture de certaines activités économiques, dans la limite bien sûr du reste à charge des locataires ».

Un tiers des locataires concernés

M. Millet précise que, « pour être efficace, cette aide versée comme les APL aux bailleurs sociaux, devrait être attribuée automatiquement par le bailleur sur des critères simples et facilement vérifiables, sur déclaration du locataire, avec une vérification ultérieure. Elle doit aussi pouvoir être accordée sur étude par un service social dans les situations plus compliquées qui ne rentrent pas dans les critères définis ».
« Une telle aide pourrait concerner sans doute un tiers des locataires pour un coût probable de plusieurs millions. Ce niveau de dépense exceptionnel s’inscrirait dans l’ensemble des mesures d’aides économiques et sociales d’un plan d’urgence du gouvernement qui atteint désormais 100 milliards. Dans un tel contexte, cette proposition d’une aide FSL « Covid-19″ devrait faire l’objet d’un large accord politique », estime Pierre-Alain Millet.

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