Nicolas Houël : Vénissian 100%

Responsable technique de la chaîne OL TV depuis 2005, Nicolas Houël n’oublie jamais de rappeler son attachement et tout ce qu’il doit à Vénissieux.

Difficile pour lui d’y échapper. Porter un nom de famille aussi chargé d’histoire à Vénissieux interpelle forcément. “Marcel Houël était mon grand-oncle, précise d’emblée Nicolas. C’était le frère de mon grand-père. Quand il s’est éteint en 1985, après avoir été maire de Vénissieux pendant 23 ans, je n’étais qu’un adolescent. Je ne l’ai pas trop côtoyé, si ce n’est lors des réunions familiales. Mais il y avait toujours énormément de monde autour de lui. Difficile de l’approcher. Je me souviens juste que c’était un homme chaleureux, très humain, qui pouvait prendre parfois de très grosses colères. Je me souviens aussi, pour en avoir beaucoup entendu parler à l’époque dans le cercle familial, qu’il avait très mal vécu les émeutes de 1981 et 1983 aux Minguettes.” Fin de la parenthèse.

Responsable technique de la chaîne OL TV depuis 2005, Nicolas Houël vit depuis 2016 et le déménagement de l’Olympique lyonnais de Gerland à Décines, l’une des périodes les plus riches de sa vie professionnelle. “Il y a eu de nombreux changements technologiques. Le Parc OL, c’est une infrastructure audiovisuelle avec trois régies, deux plateaux, des écrans géants, un auditorium, une salle de presse. On est vraiment passé dans un autre monde, on est dans la cour des grands. On a fait l’antenne de beIN Sports et de Canal + pour des finales de rugby, pour la finale de coupe de la Ligue en foot… C’est fantastique. Mais je me souviendrai de mes débuts : le jour de l’inauguration du stade, une demi-heure avant le coup d’envoi du match OL-Troyes, on a eu une panne. Un problème de configuration. Vous imaginez dans quel état je pouvais être ! Finalement, tout a fonctionné. Ce soir-là, l’erreur était interdite.”

S’il est né à Montpellier, Nicolas est vénissian depuis sa plus tendre enfance. Ses parents (Christian, dessinateur, et Maguy, employée administrative) arrivent dans la commune dans les années soixante-dix, en plein boom démographique.

“Nous nous étions installés à la Démo, puis à Max-Barel et enfin vers l’ancienne polyclinique, précise-t-il. J’ai eu une enfance classique, sans éclats, presque routinière. Une scolarité en primaire à Max-Barel, de la gym très tôt. Il n’y avait pas grand-chose d’autre, si ce n’est le foot, mais je n’étais pas amateur. Mon premier coup de cœur sportif, je l’ai eu au collège Aragon. Mes copains étaient fans de hand, inscrits dans la section sportive que dirigeait Serge Seyssac depuis 1979. Je n’étais pas vraiment un as du ballon, mais mes années de gym me permettaient de faire apprécier ma détente. Je passais d’un sport individuel à un vrai sport d’équipe et un état d’esprit incroyable. Il y avait notamment Amalou qui allait briller un peu plus tard avec le HBV 85 et en équipe de France. Mon prof d’allemand n’était autre que Lucien Lewandowski, un ancien handballeur qui avait joué avec son frère Zef et mon père. Il y avait une ambiance saine, des moments de convivialité que j’ai rarement retrouvés. J’ai eu la chance de côtoyer les Nadal et Vermez au Moulin-à-Vent, Lewandowsky, Seyssac et Gérald De Haro à Max-Barel. De vrais éducateurs, dans le sens le plus noble.”

“J’essaie de rendre à Vénissieux
ce qu’elle m’a apporté, notamment
par mon engagement social.”

Et Nicolas d’enchaîner avec enthousiasme : “Pour moi, la politique c’est ça, un mélange de relations humaines, des gens passionnés qui veulent créer du lien social, de l’entraide. Si je suis éloigné du champ politique au sens strict du terme, je me retrouve dans cette politique du vivre-ensemble. Rien que pour cela, je dois tout à Vénissieux. J’essaie de lui rendre ce qu’elle m’a apporté, notamment par mon engagement social.”

Du groupe scolaire Max-Barel au collège Aragon, le petit Nicolas promène sa tranquillité et sa discrétion sans encombre. “Je n’étais pas brillant, pas cancre non plus, je voguais entre deux eaux, juste pour être dans la bonne moyenne. Les maths, j’aimais assez, et j’étais relativement technique.”

Le lycée Marcel-Sembat lui ouvre ses portes. Le bac électrotechnique, il l’obtient du premier coup… mais avec juste ce qu’il faut de points. “Je commençais à savoir ce que je voulais faire : tout ce qui tourne autour de l’audiovisuel. Une seule école dispensait un BTS, à Villefontaine, mais mon dossier n’avait pas été retenu. Je me suis rabattu sur un BTS électronique obtenu sans trop de difficultés. Plutôt que de faire l’armée, j’avais tenté de faire un service civil au cinéma Gérard-Philipe. Malgré mon nom, je n’ai pas été pris. Comme quoi… Je me suis donc retrouvé en Allemagne, affecté dans un régiment de transmissions. Mais j’avais encore en tête le BTS audiovisuel. Sachant que ma candidature avait été retenue cette fois, j’ai tout fait pour être opérationnel dès la fin de mon service militaire : je ne prenais pas de perm’ pour sortir plus tôt. J’ai démarré malgré tout mon BTS avec quinze jours de retard. J’ai beaucoup appris, les techniques pour concevoir, mettre en œuvre et réaliser les prises de vues, l’éclairage, la photo… Pour une fois, j’obtenais d’excellentes notes. Et mon stage en alternance se passait très bien. Je travaillais pour Concept TV qui diffusait “Jour de foot” et assurait des retransmissions pour Canal +. Elle était dirigée par Jean-Yves Meilland, l’actuel boss d’OL TV.”

Diplôme en poche, Nicolas poursuit l’aventure Concept TV. “J’avais un statut d’intermittent du spectacle, j’étais aide-cadreur mais grâce à mon permis poids lourd obtenu à l’armée, je conduisais les cars régie. Je bougeais beaucoup, parfois à Paris pour des défilés de mode ou pour Disneyland, en Savoie pour les 24 heures de Chamonix ou du saut à ski à Courchevel.”

Nicolas passe ensuite de Concept TV à Visual TV, vendue à France Télécom en 1997, puis intègre TLM en qualité de technicien vidéo. Il y reste sept ans avec notamment la responsabilité du bloc OL Télé. Quand l’OL crée sa propre chaîne en 2005, il n’hésite pas une seconde. C’est le début d’une aventure qui dure maintenant depuis douze ans.

Quand il regarde en arrière, Nicolas peut être fier de son parcours. Un parcours qui doit beaucoup — il ne cesse de le répéter — au fait d’avoir grandi à Vénissieux, “une ville qui regorge de richesses sur le plan humain”. Il y habite toujours, accompagne ses enfants Romain et Charlotte au CMO-V gym (“Je ne les ai pas forcés”), un club de 600 licenciés dont il est vice-président et chargé de communication. “Je suis redevable à Vénissieux de tout ce qu’elle a pu m’apporter en temps forts émotionnels et conviviaux, insiste-t-il. S’il y avait un projet professionnel dans l’audiovisuel dans cette ville, je serais prêt à franchir le pas.”

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