Quand le foot fait salle comble

Même si c’est en période hivernale que les tournois fleurissent, le futsal et plus encore le football en salle connaissent un engouement sans pareil toute l’année. « Il n’y a pas une semaine sans que la direction municipale des sports et de la jeunesse ne soit sollicitée par des associations vénissianes et d’autres communes qui veulent bénéficier de créneaux dans un gymnase, confirme-t-on à la direction de la Maison des sportifs. Mais la volonté politique est de tout concentrer sur le futsal, discipline officielle aux règles strictes imposées par la fédération française de football. Et à Vénissieux, il y a un seul club représentant, l’AS Vénissieux Minguettes, ex-AS Charréard, qui évolue au gymnase Micheline-Ostermeyer. Le cas échéant, à l’occasion de rencontres importantes, il peut déménager à Anquetil. »

Pour ce qui est du football en salle, essentiellement pratiqué en loisir, la municipalité propose seulement quelques créneaux à des associations sportives de Vénissieux : l’AS Caisses à savons ou l’AS des Agents municipaux. Pour les tournois, ce sont les clubs qui organisent, exclusivement pour les jeunes. « On ouvre des créneaux au compte-gouttes, il est évident que les gymnases n’ont pas vocation à ne proposer que du futsal, du foot en salle ou autres dérivés du sport le plus populaire. »

Reste que l’engouement est réel. Lors des vacances scolaires, de nombreuses structures — les Équipements polyvalents jeunes par exemple — auraient tendance à vouloir faire plaisir à leurs adhérents qui dans une large majorité font une fixation sur le football. Mais la direction des sports et de la jeunesse préfère jouer la carte de la diversité : « On essaie de faire découvrir de nouvelles activités, et en général les enfants et ados ne tardent pas à se prendre au jeu, acceptant de découvrir badminton ou tir à l’arc… »

Le foot en extérieur stagne

Entre le futsal réglementé jusqu’au plus haut niveau (il existe une coupe du monde) et le football en salle version loisir, les similitudes sont réelles. Mais il y a la pratique officielle d’un côté, le pur loisir de l’autre. « Le futsal connaît une progression de plus de 3 % annuelle, alors que le foot en extérieur stagne, affirme Roland Brouat, président de la commission futsal au District du Rhône. La seule limite ? Les créneaux proposés par les municipalités ne sont pas extensibles. Et jouer en salle dans les structures privées a un coût. »

Dernière illustration en date de l’engouement pour le football indoor : les deux tournois de l’US Vénissieux organisés les 28 et 29 janvier au gymnase Jacques-Anquetil, en direction des 7-9 ans. Le samedi, quelque 110 joueurs issus de la région s’en sont donnés à cœur joie, avec de jeunes éducateurs de l’USV qui ont arbitré. « On a pu compter sur une trentaine de bénévoles, se sont réjouis Maurice Persch et Arezki Chibani, deux des responsables. Il faut savoir qu’il n’y a pas de vainqueur, le District a imposé cette règle, mais on attribue un trophée du fair-play, le challenge Ali-Chebalah, du nom d’un éducateur décédé il y a trois ans, et c’est l’équipe de Salaise-sur-Sanne qui l’a emporté. » Le dimanche, rebelote avec 14 équipes d’enfants de moins de 9 ans qui ont évolué sur le même parquet, lors de rencontres de 8 minutes. Pour le trophée du fair-play baptisé challenge Youssef-Dahmani, autre éducateur de l’USV mort tragiquement en 2016, Saint-Pierre-de-Chandieu a décroché le gros lot. Au total, près de 200 enfants se sont défoulés. Un succès prévisible.

 

Ne pas confondre futsal et football en salle

Le terme futsal est issu de l’espagnol, « fútbol de salón » et du portugais « futebol de salão ». Ces deux appellations traditionnelles sont à l’origine d’un sport issu du continent sud-américain. L’idée n’était pas simplement de jouer au football sur un terrain de quartier, mais bel et bien de créer un nouveau sport codifié, dans l’esprit d’éduquer les jeunes adultes, de les responsabiliser et de les rendre solidaires.

Ainsi, les fautes collectives sont comptabilisées : énervement, contestation, brutalité sont sévèrement sanctionnés. On accorde une place fondamentale à l’esprit du jeu, au respect des arbitres comme des adversaires.

Le futsal se joue entre deux équipes composées de 5 joueurs (dont un gardien). Un joueur peut rentrer et sortir du terrain autant de fois qu’il le souhaite durant le match. Les remplacements peuvent être effectués à n’importe quel moment. Le match se dispute sur deux mi-temps de 25 minutes. Spécificités par rapport au football en extérieur : les touches s’effectuent au pied, les tacles sont interdits, il n’y a pas de hors-jeu, les joueurs ont quatre secondes pour remettre le ballon en jeu. D’où des rencontres animées, rapides, (presque) sans temps morts.

Le football en salle produit des règles similaires mais moins strictes. Et surtout, on utilise un ballon en feutrine de taille supérieure au ballon réglementaire du futsal, plus lourd, empêchant les rebonds, provoquant la disparition quasi-totale du jeu aérien tout en facilitant la maîtrise technique.

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